L’industriel chinois crée 100 emplois à Beauvais

Le Courrier picard Le Courrier picard - il y a 2 mois

Le groupe BYD reprendra la friche industrielle de Michelin à Allonne pour y implanter une usine d’assemblage de bus tout électrique. À la clé : 100 emplois.

La création d’un nouveau site industriel avec, dans un premier temps, une centaine d’emplois… Déclin industriel oblige, les annonces de ce type sont devenues plutôt rares dans une France surtout habituée aux fermetures d’usines. Soigneusement dissimulée, l’implantation du groupe chinois BYD (comme build your dream, « construisez votre rêve ») a donc été officialisée hier à la mairie de Beauvais. 

Cérémonie en grande pompe, en présence notamment de Xavier Bertrand, président de la Région, Caroline Cayeux, présidente de la Communauté d’Agglomération du Beauvaisis et de Philippe Vasseur, commissaire spécial à la réindustrialisation des Hauts-de-France. Façon de rappeler que cette signature fut d’abord une affaire de travail en équipe.

L’enjeu : la création par un mastodonte chinois (225 000 salariés répartis dans 50 pays à travers le monde) d’une usine d’assemblage de bus tout électrique. Les Hauts-de-France étaient en concurrence avec les Pays de la Loire. Si l’on en croit Xavier Bertrand, l’affaire était même sur le point d’être ficelée lorsque la Région est entrée dans la danse. In fine, c’est donc elle qui a emporté le morceau.

Comment ? « Parce que Beauvais est située à proximité immédiate de Paris, que la ville bénéficie d’une bonne desserte autoroutière et parce que nous avons trouvé ici la main-d’œuvre qualifiée dont nous aurons besoin », a résumé hier Isbrand Ho, directeur Europe de BYD, qui a loué l’action des autorités régionales et locales, ainsi que celle de l’État.

Le Beauvaisis faisant partie des zones à revitaliser, l’industriel chinois pourra bénéficier de la PAT (Prime à l’aménagement du territoire versée par l’État) avec des aides sur l’immobilier et des aides à l’emploi ou à la formation. Mais c’est avant tout les collectivités territoriales qui seront mises à contribution ; 1000 € par emploi créé pour la communauté d’agglomération, 3000 € pour les Hauts-de-France, plus 2 000 € de prime si l’embauche concerne une personne de moins de 25 ans, plus de 50 ans, ou un demandeur d’emploi de plus de six mois.

Pari risqué, à un moment où la Région est confrontée à l’attitude du groupe US Huntsman, qui a empoché 12 M € de subventions régionales avant d’annoncer la fermeture de son usine de Calais ? « Nous ne sommes pas dans le même cas de figure, rappelle Xavier Bertrand. Nous sommes là en présence d’un industriel qui investira 10 M€ dans une usine promise à un bel avenir. BYD est seul sur le créneau du bus électrique, un marché appelé à se développer. Et nous allons les y aider… »

Joignant le geste à la parole, Xavier Bertrand a annoncé des aides aux collectivités qui investiront dans les bus « zéro émission ». L’équation est simple : plus de bus électriques = plus d’emplois dans l’usine beauvaisienne. On estime que d‘ici quelques années, l’ex-site Michelin d’Allonne sur lequel BYD a jeté son dévolu pour sa première implantation en France, pourrait employer jusqu’à 300 salariés.

Philippe Fluckiger

Source : www.courrier-picard.fr
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