Électricité vs hydrogène : et si la guerre de la voiture du futur n’avait pas lieu ?

We Demain We Demain - il y a 5 mois

Pour décarboner nos déplacements, faut-il miser sur les voitures électriques à batterie ou à hydrogène ? We Demain a rencontré Pierre-Étienne Franc, vice président du groupe Air Liquide, pour qui ces deux technologies sont complémentaires.

Demain, roulera-t-on à l’électricité ou à l’hydrogène ? À cette question souvent posée dans les débats sur la mobilité du futur, Pierre-Étienne Franc, vice-président chargé des marchés et technologies avancées du groupe Air Liquide, répond "les deux !".

Selon lui, il n'y a pas d'opposition entre le développement de la voiture électrique à batterie et le développement de la voiture électrique à hydrogène. Au contraire, ces deux technologies sont complémentaires, assure-t-il, vantant l'autonomie et le temps de charge de la voiture à hydrogène, sensiblement identiques à ceux d'une voiture classique.

Contrairement à certaines idées reçues, la voiture à hydrogène dispose d'une motorisation électrique identique à celle de n'importe quelle voiture électrique. La différence réside dans le mode de stockage de l’électricité. Dans la voiture électrique à batterie, l’électricité est fournie par une batterie qui est rechargée en la branchant sur le réseau.

Dans le cas de la voiture à hydrogène, l'hydrogène est stocké dans un réservoir sous pression (plusieurs centaines de bars) et l'électricité est produite par une pile à combustible qui transforme l'hydrogène en électricité. Il faut donc voir l'hydrogène, explique Pierre-Étienne Franc, non comme le combustible qui fait marcher la voiture, mais comme une forme de stockage de l'électricité. Toyota, Honda, Hyundai, ou Daimler construisent en série des voitures qui roulent à l’hydrogène. 
 
Pour Pierre-Étienne Franc, l’hydrogène est même un chaînon essentiel de la transition énergétique. L’expert explique que si toutes les voitures électriques étaient à batterie, cela poserait un problème d'infrastructure de réseau électrique et de production. Ainsi selon lui, charger à l’aide de chargeurs rapides (« fast chargers ») un seul million de voitures électriques – soit 0,4 % du parc automobile européen – exigerait la production d'un réacteur nucléaire (notre calcul est plus optimiste, voir la note 1). 
 
Permettant un temps de charge de seulement quelques minutes, l’hydrogène serait notamment un complément nécessaire dans l'optique d'un développement de l'automobile partagée.

L'avenir, selon le vice-président du groupe Air Liquide, pourrait prendre des formes similaires à ce que prépare Daimler, un SUV hybride électrique hydrogène qui peut être rechargé sur le secteur pour de petits trajets, mais qui offre une autonomie de 450 kilomètres avec une pile à combustible et un réservoir d’hydrogène.

Yves Heuillard

Source : https://www.wedemain.fr/Electricite-vs-hydrogene-et-si-la-guerre-de-la-voiture-du-futur-n-avait-pas-lieu_a2710.html

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