Comment Flixbus compte s'imposer comme le leader européen du transport en car low-cost

Challenges Challenges - il y a 5 mois

Illustration : "Flixbus n'envisage pas d'atteindre la rentabilité grâce à une augmentation massive des prix. On envisage, plutôt, de l'atteindre par un remplissage plus important", détaille son fondateur et PDG, André Schwämmlein. HOMAS SAMSON / AFP

Lancé en France il y a deux ans, l’allemand FlixBus s’est imposé sur le marché des cars Macron à coup de prix cassés. Pas encore rentable, il prévoit de l’être en 2018. Entretien avec son fondateur et PDG, André Schwämmlein.

Le lancement de FlixBus en France a deux ans, comment analyser-vous le marché?

Avec 3,3 millions de passagers transportés en 2016, nous sommes clairement leader, sur un total d'environ 6 millions et nous souhaitons continuer à développer notre offre. La voie choisie en 2015 pour libéraliser le marché nous a beaucoup aidés: plus efficace qu'en Allemagne, avec une grande simplicité pour ouvrir une ligne au-dessus du seuil de 100 kilomètres et la création d'une autorité de régulation.

La guerre des prix entre les opérateurs qui sont passés de cinq à trois a entraîné une forte consolidation, pensez-vous que cela puisse continuer ainsi?

La consolidation a été plus rapide en France -où l'on nous crédite de 50% de part de marché- qu'en Allemagne, où la Deutsche Bahn a mis trois ans avant de jeter l'éponge sur le marché des cars. Si les autres opérateurs veulent continuer à perdre de l'argent, c'est leur choix! Il n'y a pas un pays où nous nous sommes implantés où l'opérateur ferroviaire historique n'a pas cherché à nous concurrencer. Mais, si les grands groupes ont de larges réserves financières, ils doivent rendre des comptes, que ce soit aux actionnaires ou aux contribuables. Pour notre part, nous n'avons aucun problème pour continuer à investir.

Au départ, les acteurs de ce nouveau marché ont proposé des prix très attractifs avant de les augmenter. Cette hausse va-t-elle se poursuivre?

Les tarifs ont augmenté de façon mécanique, parce qu'on est arrivé sur le marché avec des prix d'appel très bas. Pour autant, cette hausse des prix est très contenue. Flixbus n'envisage pas d'atteindre la rentabilité grâce à une augmentation massive des prix. On envisage, plutôt, de l'atteindre par un remplissage plus important. Le taux de remplissage est de 65% en moyenne sur le réseau français.

Mais vous n'êtes toujours pas profitables?

Nous sommes rentables en Allemagne depuis l'an dernier et nous atteindrons l'équilibre en 2018 en France. Une partie de notre réseau est déjà rentable. Même si nos tarifs se stabilisent, ils resteront toujours inférieurs de 30% à ceux de Blablacar par exemple.

Quelle est la différence avec vos concurrents?

Sur les marchés ou nous nous implantons, nous apportons une marque jeune et "cool". Il ne s'agit pas seulement de transport, mais aussi d'un travail sur la marque, l'analyse des données pour comprendre les clients et beaucoup de technologie. En Allemagne, nous avons 150 développeurs dans nos équipes.

Quelles sont vos ambitions à l'international?

En ce moment, nous nous concentrons sur notre développement en Europe. Ces deux dernières années, nous avons toutefois pu constater que notre concept et notre "business model" marchaient également très bien hors d'Allemagne, et pas seulement dans les marchés qui viennent juste de s'ouvrir -comme la France- mais aussi dans les pays nordiques comme la Suède ou le Danemark, où le marché des autocars est libéralisé de longue date.

Et plus spécifiquement en France?

Sur 2017, FlixBus renforce son offre de 50% avec le lancement de 12 nouvelles lignes et dessertes sur son réseau européen: en France, au départ de Paris vers Nancy, Lourdes ou les Sables-d'Olonne, entre Bordeaux et Lorient et entre Grenoble et Rouen, et à l'étranger entre Nantes et Barcelone ou Montpellier et Milan.

Pauline Damour

Source : www.challenges.fr
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