Flixbus : Clermont-Ferrand, « cible parfaite pour notre développement »

La Montagne La Montagne - il y a 5 mois

Le 3 septembre 2015, Flixbus lançait sa première ligne en France. Une ligne Paris-Clermont. Près de deux ans plus tard, l'entreprise détient 55 % de ce marché. Entretien avec Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus France, qui présente ses projets et tacle au passage la concurrence.

Il y a un attachement de Flixbus à la ville de Clermont-Ferrand ?

Oui, c’était notre première ligne le 3 septembre 2015. Nous avons beaucoup de partenaires locaux. Et la salle de réunion dans laquelle je me trouve est la salle « Clermont ». C’est dire…

Quels sont les objectifs de Flixbus pour l’avenir ?

L’an passé, nous avons transporté 3,3 millions de personnes. Nous en voulons 5,5 millions en 2017 et vu les premiers mois, on sera bon. Notre offre va augmenter de 50 % également. Pour la suite, on va suivre ce que nous avons fait sur le marché allemand.

Et spécifiquement en Auvergne ?

Le 30 mars, nous avons ouvert deux lignes. Une vers Nice, via Aix-en-Provence et Cannes. Et une vers Grenoble, via l'aéroport Saint-Exupéry. Cet hiver, il y a eu l'ouverture de la ligne en direction de Périgueux, par Tulle. Et le 6 avril, nous partons à Barcelone, parce que la demande est très forte, en passant par Perpignan. 

Surtout, le 29 juin, nous allons créer un nouvel arrêt à Clermont : Clermont-Ferrand Campus, qui dessert l’université Blaise Pascal, sur le réseau urbain des transports il s'appelle « Observatoire ». Il se situe avenue des Landais.

Le 29 juin correspondra aussi avec une liaison vers le Cap d’Agde. Pour le reste, on a les mêmes objectifs là qu’ailleurs. Sans ligne de TGV et avec la proximité des autoroutes, c’est sûr que Clermont est la cible parfaite pour notre développement.

39 destinations depuis Clermont. Dix lignes Flixbus transitent par la capitale auvergnate. Huit de jour et deux de nuit. Jusqu’à 50 passages par jour à la gare des Salins.   500.000 passagers ont transité par Clermont depuis le lancement de Flixbus.                                                          

Justement, on cite souvent l’Allemagne. Où en est le pays ?

Le marché s’est ouvert en 2013 avec 6 millions de passagers, aujourd’hui c’est 25 millions. Un maillage plus dense aussi avec des villes de 2e et 3e catégories en importance. Il y a aussi une plus grande fréquence. Sur notre ligne Berlin-Hambourg, c’est 50 départs par jour.
Dès cet été, nous allons desservir les 180 premières villes de France. Mais la démographie n’est pas le seul facteur. Il faut aussi analyser le dynamisme, la desserte par train, l’accès à l’autoroute…

D’où viennent les clients de Flixbus ?

Il y a trois catégories. 20 % d’entre eux ne voyageaient pas avant. Donc, on crée de la mobilité. 50 % viennent de la voiture, dont une très grande majorité du covoiturage. Les raisons sont simples : nos prix sont en moyenne 30 % moins élevés, un meilleur confort (WiFi, sièges inclinables, toilettes…) et la sécurité d’un chauffeur professionnel.

L’aller-retour Clermont/Paris en bus pour la modique somme de 2 € (septembre 2015)

Et puis les 30 % restant de nos clients viennent du train. Là, on est 2,5 à 3 fois moins cher. Et puis, il y a beaucoup de lieux qui sont compliqués à desservir en train. Notre ligne Bordeaux-Lyon est bien plus rapide que le train.

Mais attention, on ne pille pas les autres secteurs. En Allemagne, le marché ferroviaire a augmenté aussi. En fait, on crée une habitude de mobilité qui se répercute partout. Nos concurrents sont obligés de se remettre en questions et de remettre en questions leurs tarifs. C’est ce que fait la SNCF en ce moment avec le changement de nom du TGV, même si c’est un peu étrange quand même.

Le voyage en bus n’est pas inscrit dans la mentalité française, comment allez-vous la faire évoluer ? Vous communiquez peu. 

Ca va prendre des années. Si on se compare à l’Allemagne, au pays du Nord et encore plus à l’Amérique du Sud, on est vraiment en retard.

Mais nous ne sommes pas adeptes des investissements dans de grandes campagnes de communication. Contrairement à nos concurrents. Mais eux, ils bénéficient d’argent public, alors ils s’en fichent. Nous, on préfère compter sur l’expérience client. On mise sur le bouche-à-oreille, avec des billets pas chers pour inciter les gens à venir tester

Histoire d'un marché

Lors de l’ouverture du marché, cinq compagnies ont saisi leur chance. Ouibus (filiale de la SNCF), Isilines (anciennement Eurolines), Mégabus (britannique), Starshipper (français) et Flixbus (allemand). Un an après, en 2016, les lourds investissements nécessaires au lancement ont fait le ménage. Starshipper est racheté par Ouibus en juin, et Mégabus par Flixbus, le 1er juillet.

Actuellement, le marché serait largement dominé par Flixbus (55 %), suivi par Ouibus (35 %) et Isilines (10 %). Selon la très officielle Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières), les trois entreprises représenteraient 2.082 emplois, dont 1.420 créés depuis la libéralisation du transport en autocar (dont une cinquantaine en Auvergne). En 2016, ce sont 6,2 millions de Français qui ont fait appel à leurs services (contre 110.000 utilisateurs de bus longue distance en 2013). Ils pèsent un chiffre d’affaires de 83 millions d’euros.

Si Flixbus est leader, c’esr parce qu’il ne possède par le moindre véhicule. Toute la logistique revient à des entreprises locales. Flixbus travaille avec les véhicules et les chauffeurs d’ABlines, à Issoire, et Nénot à Beaumont. Depuis deux ans, les deux partenaires ont créé 15 emplois. Un fonctionnement que suit également Isilines. Mais les transporteurs locaux se trouvent à Brive et en Rhône-Alpes, aucun en Auvergne.

Simon Antony

Source : http://www.lamontagne.fr/aubiere/economie/transport/2017/06/01/flixbus-clermont-ferrand-cible-parfaite-pour-notre-developpement_12397194.html

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