Deux ans après leur création, les "cars Macron" font le plein

La Voix du Nord La Voix du Nord - il y a 4 mois

Illustration : Ouibus (filiale SNCF) Flixbus (groupe allemand) et Isilines (filiale Transdev) se partagent un marché très concurrentiel. Jusqu’à 20 destinations françaises et 30 destinations européennes sont desservies en direct depuis Lille. Photo ALEXIS CHRISTIAEN (Pib) - La Voix du Nord.

Ouverte en août 2015 par Emmanuel Macron, la libéralisation du marché du transport par autocar connaît le succès. 6,2 millions de passagers ont emprunté ces bus longue distance l’an passé, notamment sur la ligne Lille-Paris, première de France. Mais sur les cinq acteurs de départ, trois sont toujours en activité.

Ils sont vert, bleu ou rouge et leurs allers-retours réguliers font désormais partie du quotidien des abords des grandes gares. Flixbus, Ouibus ou Isilines, les trois opérateurs en activité en France dans ce marché libéralisé du transport interurbain par autocars, ont su séduire la population étudiante, les femmes (65 % de la clientèle) mais aussi de plus en plus de seniors, en quête d’une solution de transport nettement moins onéreuse que le train, mais également que le covoiturage.

« La moitié de nos passagers ont abandonné la voiture individuelle », explique Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus, leader allemand du marché avec 3,3 millions de passagers en 2016. « Il est vrai qu’un voyage en bus est jusqu’à 30 % moins cher que le covoiturage, le confort et la sécurité en plus ». Avec des liaisons Lille-Paris à partir de 5 euros, qui dit mieux ?

15 à 20 millions de passagers en 2020  ?

Avec 180 villes connectées en France (dont Lille, Douai, Calais, Dunkerque, Boulogne, Arras, Lens, Le Touquet, Béthune, Valenciennes dans notre région), des interconnexions vers les plus grandes capitales européennes, les opérateurs ont désormais particulièrement bien maillé le territoire. 6,2 millions de passagers ont emprunté les « bus Macron » l’an passé, 7 millions depuis l’ouverture des lignes en août 2015. « La marge de progression est encore importante. Nous tablons sur 15 à 20 millions de passagers d’ici 2020 », estime Hugo Roncal, directeur général d’Isilines, le « petit poucet » du secteur (filiale de Transdev, 20 % de parts de marché).

Du côté de Ouibus, on joue les pionniers avec 5 millions de passagers transportés depuis l’ouverture du marché. La ligne Paris-Lille-Londres a même été la première ouverte, dès 2012, par la filiale de la SNCF, connue à l’époque sous le nom d’IdBus. « On pense qu’il y a de la place pour deux ou trois opérateurs », reconnaît Roland de Barbentine, DG de Ouibus.

En quête de rentabilité

Le secteur qui emploie 2082 salariés (dont 1420 créés depuis l’ouverture du marché) a généré 83 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 (sources Arafer). La rentabilité est encore loin d’être au rendez-vous. Flixbus et Isilines annoncent la rentabilité dès 2018, Ouibus en 2019. Après la guerre des prix, la différence se fera sur les services, l’accueil, la ponctualité, la sécurité. Flixbus, à l’image des low-cost aériens, pourrait faire payer certains services (choix de places, VOD, etc). Isilines, qui a déjà augmenté ses prix, mise sur la multiplication des liaisons et des offres modulées en lien avec son partenaire Eurolines. Ouibus veut faire la différence sur le service et 36 nouvelles destinations des cet été. La guerre de la route est déclarée.

Jean-Marc Petit

Source : www.lavoixdunord.fr
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