Marseille : avec l'été, s'ouvre la saison des autocars Macron

La Provence La Provence - il y a 2 mois

Illustration : Les compagnies, Flixbus, Ouibus et Isilines-Eurolines se partagent le marché en plein essor de ce qui a été nommé "les autocars Macron" - PHOTOMONTAGE LP

Ils sont les cars "Macron" et leurs couleurs verte, rouge ou bleue, qui égayent les gares routières, se remarqueront cet été sur nos routes.

Ils sont les cars "Macron" et leurs couleurs verte, rouge ou bleue, qui égayent les gares routières, se remarqueront cet été sur nos routes. Respectivement, elles identifient les trois poids lourds que sont Flixbus, Isilines et Ouibus, lesquels se partagent le marché (voir ci-dessous) depuis qu'en 2015 une disposition de "la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" a libéré les appétits en simplifiant les modalités du cabotage (c'est-à-dire la possibilité pour des acteurs européens librement organisés, d'ouvrir des lignes interurbaines sur des distances qui doivent dépasser les 100 kilomètres). "Le succès a été immédiat", s'accordent à dire les trois principaux acteurs. Qui pour le reste se montrent d'impitoyables concurrents au travers d'une guerre des dessertes et des prix qui a déjà fait une victime : Mégabus.

Qu'à cela ne tienne, ce nouveau mode de transport est en croissance en raison de sa souplesse saisonnière et de ses prix attractifs, en règle générale de 30 % inférieurs à ceux du train. En témoignent les indications livrées par l'Arafer, l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières. Pour 2016, elle a totalisé plus de 6,2 millions de passagers transportés par une filière qui emploie 2 054 personnes, dont 1 420 emplois créés depuis la loi Macron d'août 2015. Avant l'été, 204 villes étaient desservies, soit 24 de plus qu'au dernier trimestre de 2016 pour un taux moyen de remplissage des cars de l'ordre de 44 %. Cet été, elles seront sans doute bien plus nombreuses encore avec la mise en service de lignes estivales nouvelles.

Des clients "plutôt jeunes mais pas seulement"

Bref, la tendance est à la progression, alors même que la recette au passager (4,3 euros hors taxe pour une distance de 100 km) a baissé de 8,5 %, relève l'Arafer. "La réactivité des opérateurs sur les prix pratiqués est un élément significatif de leur faculté d'adaptation aux évolutions de la demande, ainsi qu'au paysage concurrentiel".

Quel est le profil des clients des bus ? "Des personnes plutôt jeunes mais pas seulement, qui délaissent la voiture pour un mode qui propose une qualité de transport dans des véhicules dotés de toilettes, climatisés, avec le WiFi et sûrs. C'est le trait marquant. J'irai même jusqu'à dire que le concurrent est Blablacar", répond Yvan Lefranc-Morin au nom de Flixbus France.

"Le car démocratiste l'accès au voyage"

"Le point commun entre tous les passagers est qu'ils ont du temps de libre et sont attentifs au budget. Ils privilégient les destinations courtes et apprécient la simplicité du mode de transport et cela se voit à l'occasion de la période estivale qui s'ouvre", complète Hugo Roncal, le directeur général d'Isilines. Puis d'ajouter : "Le car démocratise l'accès au voyage. Une enquête a montré que, sans eux, 900 000 Français n'auraient pas pu partir".

"Le marché du voyage en autocar existe réellement. C'est aujourd'hui une certitude que nous vivons tous", conforte Marc Martrette, le directeur des opérations de Ouibus. "Qui plus est, il évolue. Je veux dire qu'au début nos clients étaient surtout des jeunes attirés par le prix et qui économisaient une chambre d'hôtel en voyageant de nuit. Mais aujourd'hui nous voyons des seniors et des familles. Cela ressemble de plus en plus à du tourisme. C'est pour cela que pour nous l'été est devenu crucial. Cette période génère l'essentiel du revenu de l'année".

Autrement dit, la saison des cars Macron qui vient va battre son plein.

Jean-Luc Crozel

Source : http://www.laprovence.com/article/economie/4518125/avec-lete-souvre-la-saison-des-autocars-macron.html

Partager

Laisser un commentaire :