Benoît Perrin : «Une réponse à la question de la mobilité urbaine»

La dépêche La dépêche - il y a 5 mois

Transports - Interview Benoît Perrin, Directeur des opérations d'EasyMile

Quelle est la spécificité de votre navette électrique ?

Notre originalité, c'est qu'elle est complètement autonome et qu'une fois programmée, elle suit un parcours sans intervention humaine avec une capacité à s'adapter au moindre obstacle imprévu. Elle peut emmener une douzaine de personnes avec six places assises et deux appuis à une vitesse maximale de 40 km/h aujourd'hui. Chez EasyMile, nous insistons beaucoup sur la sécurité. On étend petit à petit le domaine d'exploitation. Mais au final, notre objectif, avec nos actionnaires historiques, Alsthom et Continental, est de pouvoir la faire évoluer dans un environnement urbain.

Vous en êtes encore à l'expérimentation ?

Oui, en France nous commençons à tester la navette sur l'espace public comme à Pibrac et bientôt à Paris sur le pont Charles de Gaulle ou à Toulouse où l'on pourrait lancer un test à la rentrée sur les allées Jules Guesde. Actuellement, une vingtaine de prototypes essaiment dans le monde, de Singapour à la Californie et une cinquantaine de villes sont intéressées. Nous travaillons pour l'instant sur ce que nous appelons la mobilité du dernier kilomètre, en visant essentiellement des sites privés comme les campus universitaires ou industriels, les aéroports ou des sites publics protégés comme les maisons de retraite… mais encore une fois, à terme, il s'agit de faire de la navette un transport intégré dans la ville. C'est une réponse à la question de la mobilité urbaine, si difficile.

Quand peut-on espérer voir ce véhicule sans chauffeur sillonner les rues de Toulouse ?

Nous pensons lancer l'exploitation commerciale dans le courant de l'année prochaine. Nous sommes en discussion avec la municipalité de Pibrac et la Métropole est aussi très intéressée e par le développement de ce mode de transport, notamment pour faire le lien avec le métro ou le tramway et des sites industriels ou touristiques. Attention, notre navette ne répondra pas aux besoins de tout le monde. D'autres comme les gros constructeurs automobiles travaillent déjà sur des systèmes pour autonomiser les voitures sur autoroute. Nous, nous sommes dans la proximité.

Recueilli par Gilles-R. Souillés

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/19/2614751-une-reponse-a-la-question-de-la-mobilite-urbaine.html

Partager

Laisser un commentaire :