Transports : il n'y a plus de pilote au volant

La dépêche La dépêche - il y a 3 mois

Le minibus électrique sans chauffeur d'EasyMile est actuellement en test sur le parvis de la basilique de Pibrac./ DDM, Nathalie Saint-Affre

Dans des métropoles saturées de bouchons et de pollution, le transport électrique sans chauffeur est l'avenir. Et Toulouse est à la pointe de la technologie.

C'est le rêve de tous les fêtards bien embêtés à l'idée de prendre le volant après une soirée trop arrosée. La voiture sans chauffeur qui vous ramènerait chez vous en toute sécurité n'est certes pas encore pour demain, mais elle n'est plus seulement un fantasme de scientifiques… 

Ce véhicule autonome existe bel et bien et il est même testé à Toulouse sur les pistes de l'ancienne base militaire de Francazal. Bon, il ne s'agit pas encore de transport individuel, mais d'une navette développée par la société EasyMile, dont les bureaux d'études sont installés depuis trois ans à Montaudran. C'est là, en collaboration avec des agences fixées à Singapour et à Denver, dans le Colorado, que des ingénieurs astucieux développent un concept d'avenir : un minibus tout électrique qui peut transporter une douzaine de personnes. La navette d'Easy Mile, baptisée EZ 10, est évidemment un concentré de hautes technologies issues de la robotique. «Le principe est simple, explique Benoît Perrin, le tout nouveau directeur des opérations, on apprend d'abord à la navette son environnement via des capteurs de localisation qui permettent de créer une carte avec un opérateur qui va dessiner ensuite des routes virtuelles qu'elle va suivre grâce au GPS». D'autres capteurs d'obstacles permettent aussi au minibus de s'adapter à son milieu et de gérer la présence d'autres véhicules, de cyclistes ou de piétons. Les prototypes sont encore en phase de test. Une vingtaine de navettes «tournent» ainsi à travers le monde en Californie ou en Asie, mais surtout à Pibrac dans la banlieue Toulousaine où le maire, Bruno Costes, a saisi l'opportunité d'accueillir une démonstration de ce minibus sur le parvis de la basilique. L'expérimentation, qui a commencé il y a un mois est ouverte au public et devrait durer jusqu'à la fin de l'été. Avec une idée derrière la tête pour l'élu, qui en ferait bien un moyen de transport pérenne entre le bas de la ville et le centre voire entre le lycée et la gare. Mais il n'y a pas que lui qui se projette dans l'avenir, la métropole de Toulouse suit avec intérêt le développement de cette technologie écologique (lire ci-contre). 

Les projets de commercialisation ne manquent pas pour EasyMile qui vise le marché «de la mobilité du dernier kilomètre». D'abord sur des sites privés comme des campus universitaires, des sites industriels ou protégés, entre deux stations de transports en commun par exemple. Pour l'heure, le véhicule sans chauffeur n'est pas autorisé par la loi à circuler sur les routes et doit se contenter d'une voie réservée qui peut être partagée d'ailleurs avec cyclistes et piétons. Mais à terme, c'est bien l'intégration de la navette dans l'espace urbain qui est visé par EasyMile. Le temps n'est peut-être plus si loin où des villes sans embouteillages se passeront avec bonheur de conducteurs (trop) stressés… En route vers le futur !

Tisséo et Airbus intéressés...
L'expérimentation du minibus électrique sans chauffeur, en cours actuellement sur la commune de Pibrac est menée sous les yeux intéressés des responsables de la régie de transports public Tisséo au premier rang desquels son président, Jean-Michel Lattes, en charge des déplacements à Toulouse et dans la Métropole, toujours soucieux «d'offrir plus de services et de qualité de vie» aux usagers.

«L'enjeu est clair, souligne-t-il, il s'agit de compléter le maillage des transports existants et améliorer notre réseau mobilité des personnes dans l'espace public, en désengorgeant au passage le centre des villes». Un test pourrait être lancé dès l'automne sur les allées Jules Guesde, mais d'autres idées sont déjà lancées. «On peut imaginer une liaison entre la future station de la ligne 3 du métro avec la cité de l'espace ou un lien vers le siège mondial d'Airbus», poursuit Jean-Michel Lattes. Et pourquoi pas, à terme, remplacer l'actuelle navette électrique, qui sillonne le centre-ville de Toulouse par son double sans chauffeur. Du côté de la société EasyMile on ne cache pas qu'un complexe comme Airbus est une cible intéressante, pour transporter les employés sur le site, des parkings jusqu'aux pôles d'activités. Avant de conquérir l'espace public.

Gilles-R. Souillés

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/19/2614666-transports-il-n-y-a-plus-de-pilote-au-volant.html

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