Mais qui paie les transports gratuits à Dunkerque ?

L'Express L'Express - il y a 3 mois

Illustration : Les bus gratuits sont financés par un versement transport assure la mairie de Dunkerque. Communauté Urbaine de Dunkerque

Dunkerque est la dernière ville à passer à la gratuité des transports. Une initiative qui n'aura pas d'impact sur la fiscalité, affirment les responsables.

Les habitants de Dunkerque bénéficient déjà depuis un an et demi des bus gratuits le week-end. Dès septembre 2018, ça sera la gratuité totale, tous les jours de la semaine. 

Une initiative dont les 200 000 habitants pourraient se réjouir, car la fiscalité de l'agglomération dunkerquoise devrait rester inchangée, affirme Patrice Vergriete, maire de Dunkerque et président de la communauté urbaine. Aujourd'hui, les ventes de tickets de bus ne représentent que 10% des revenus de DK'bus, l'organisme qui gère les transports, soit 4,5 millions d'euros. Une somme plutôt modeste et facile à rattraper, selon le maire. 

Le service est déjà financé par un versement transport, une taxe de 1,55 % sur les entreprises pour financer le réseau de transports et qui génère entre 6 et 7 millions d'euros. Pas besoin donc d'une hausse d'impôts. "On garde le versement transport. Cela va servir au fonctionnement du réseau et permet son aménagement", explique à L'Express Patrice Vergriete. "Il n'y pas d'impact sur la fiscalité, ni au niveau des entreprises, ni pour les ménages." 

La fréquentation des bus le week-end a déjà beaucoup augmenté depuis 2015- une hausse de 29% le samedi, et 70% le dimanche- et la communauté urbaine attend le doublement du nombre de passagers en 2018. Encore une raison d'associer la gratuité à la qualité du réseau, ainsi qu'aux solutions écologiques.  

"La gratuité doit aller avec la croissance de la qualité, c'est-à-dire la fiabilité des horaires, des voies dédiées, une meilleure distribution des lignes, parce qu'on avait des quartiers qui n'étaient pas bien desservis", note Patrice Vergriete. Cela poussera également les habitants à évaluer le coût de l'utilisation d'une voiture. "C'est le développement durable par incitation vers les transports collectifs", poursuit le maire. 

Quand une ville gagne des sous
Dunkerque n'est pas la seule ville à passer à la gratuité des transports publics. Dans l'agglomération de Compiègne, les bus sont gratuits depuis 1975. Là aussi, ce sont les entreprises qui paient: le versement transport provient de celles de plus de onze salariés et rapporte 5,3 millions d'euros, selon Le Monde. Cela couvre quasiment la totalité des coûts de la gratuité des bus, soit 5,7 millions d'euros. 

Ailleurs dans le monde, c'est à Tallinn, en Estonie, où se déroule la plus grande expérimentation des transports gratuits. Les 440 000 habitants de la ville peuvent monter dans les bus, les trams, les trolleys et les trains sans payer. Les gens doivent s'inscrire comme habitants, et la ville récupère un montant de 1000 euros des impôts sur le revenu, rapporte le Guardian. 

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/mais-qui-paie-les-transports-gratuits-a-dunkerque_1929365.html

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