Rouen, l’une des destinations les plus prisées en bus

Paris-Normandie.fr Paris-Normandie.fr - il y a 5 mois

Illustration : La ligne Rouen-Paris compte parmi les plus fréquentées des compagnies d’autocars en activité (photos Stéphanie Péron)

Été 2015, de nouveaux bus multicolores aux noms encore inconnus débarquaient sur la voirie rouennaise. Flixbus, Ouibus, Isilines et Mégabus, les nouveau-nés de la loi Macron (lire ci-contre) s’élançaient alors à la conquête d’un nouveau marché.

Quatre sur la ligne de départ, ils ne sont plus que trois aujourd’hui, la filiale française de Megabus[1], acteur phare du réseau à son lancement et connu pour ses billets à 1 €, ayant subi une violente sortie de route en se faisant éjecter du marché dès novembre 2016. Pour les autres, qui estiment pouvoir atteindre leur équilibre financier en 2018 (pour Isilines et Flixbus) et 2019 (pour Ouibus), on peut dire que tout roule. « Le bilan est très positif, surtout dans le contexte d’un marché qui partait de rien », s’exclament tour à tour Hugo Roncal, Yvan Lefranc-Morin et Roland De Barbentane, directeurs généraux respectifs d’Isilines, Flixbus et Ouibus.

Devenu un point de passage important, Rouen se taille la part du lion et constitue une destination très prisée des voyageurs[2], en même temps qu’une des lignes les plus rentables. Selon Yvan Lefranc-Morin, la première explication de ce succès grandissant vient du manque de fiabilité des trains « souvent chers, souvent en retard et finalement pas très rapides », circulant entre Le Havre et Paris. Reste que, pour Yves Leclerc, directeur de l’office du tourisme de Rouen, « il s’agit là d’un atout touristique indéniable qui participe grandement au rayonnement de la ville ». Et Roland de Barbentane d’ajouter : « Les touristes ont en général beaucoup plus l’habitude de voyager en car que nous, et par réflexe, se renseignent d’abord sur le bus. La recherche « Bus Paris-Rouen » est l’une des premières requêtes sur Google. Et puis, ce mode de transport permet de mieux découvrir les paysages ». Depuis le 1er janvier 2017, 100 000 personnes (une clientèle majoritairement professionnelle et étudiante) en provenance ou à destination de la capitale normande, ont ainsi été transportées par Ouibus, qui propose neuf fréquences par jour entre Paris et Rouen, « une offre de transport vraiment importante afin de répondre à tous les besoins. » Chez Flixbus, neuf liaisons directes sont mises en place au départ de Rouen et quatre lignes y passent. L’entreprise ne communique pas de chiffres précis mais relève le « très très bon fonctionnement des lignes vers la Normandie » et la prévision de « nouvelles choses dans la région pour l’an prochain ». Même son de cloche chez Isilines, où 300 destinations sont disponibles en connexion depuis Rouen, « l’un des best-sellers du marché ».

Ne cessant de grignoter des parts de marché, le voyage en bus trouve donc peu à peu sa clientèle et parvient même à créer une nouvelle mobilité. Selon une étude de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (ARAFER) publiée en janvier dernier, 17 % des utilisateurs des cars Macron ne se seraient en effet pas déplacés s’ils n’existaient pas.

Le prix : un atout qui fait l’unanimité

Sous la grisaille de ce samedi 22 juillet, une petite vingtaine de voyageurs se pressent sous l’arrêt rouennais destiné aux lignes d’autocars, avenue Champlain. À destination de Paris ou de Rennes (les deux groupes embarquant à un quart d’heure d’intervalle), tous vantent les mérites de ce moyen de transport en pleine expansion. Dans toutes les bouches, c’est le prix du service proposé qui est unanimement rappelé. « Financièrement, c’est bien plus intéressant », explique Élysée, jeune femme de 25 ans en partance pour la capitale, lorsqu’on lui demande pourquoi elle s’est tournée vers cette solution plutôt que vers le chemin de fer. Même écho du côté d’Émilie et François qui, chargés de leurs valises, partent visiter la Bretagne avec leurs trois enfants et s’apprêtent à passer 5 h sur la route. « Le prix est vraiment très attractif ! En plus, c’est la seule ligne directe existant entre Rouen et Rennes », relève le couple.

Interrogés plus tard dans la journée, Marion et Matthieu se connaissent depuis le collège et font leurs études respectives à Paris. La première, adepte de Ouibus, empruntait la ligne deux fois par mois aller-retour. Déposée Porte Maillot, non loin de son appartement neuilléen, elle salue le confort proposé par les lignes, qui disposent toutes de la Wifi, de prises électriques et de sièges inclinables. « Ce n’est par cher du tout et très pratique. Par contre, je trouve qu’il y a beaucoup moins de respect que dans le train. Les passagers n’hésitent pas à écouter leur musique sans écouteur et à téléphoner », note-t-elle cependant. Le second, qui se destine à l’enseignement, voyage de cette manière une fois par mois. Bien que l’autocar soit plus économique et le dépose plus près de chez lui, « ce qui prend autant de temps que par le train et le métro », celui qui se destine à l’enseignement souligne néanmoins l’inconvénient des aléas de la circulation dont les usagers sont tributaires, et nuance son propos de quelques désavantages. « Lorsqu’on veut partir un vendredi en fin de journée, ça devient tout de suite plus compliqué. En plus, il est vrai que le public formé par les clients a tendance à être plus bruyant. Pour un long voyage, je continue de préférer le confort que propose le train. Je remarque aussi que la différence des prix entre les bus Macron et la SNCF est de moins en moins probante, les tarifs augmentant sûrement pour que les lignes puissent trouver leur équilibre financier. »

Source : http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/transports/rouen-l-une-des-destinations-les-plus-prisees-en-bus-GK10384417

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