Le bus gratuit arrive à Dunkerque

Le Figaro Le Figaro - il y a 2 mois

L'agglomération de Dunkerque va se doter d'un réseau de transport entièrement gratuit à compter de septembre 2018. Ce sera le plus grand de France.

Dunkerque ne ressemble plus à l'ancien village de pêcheurs qu'il était jadis. À partir de septembre 2018, la communauté urbaine de 200.000 habitants se dotera d'un réseau de transport entièrement gratuit. Une mesure déjà en vigueur les week-ends. «Nous sommes la ville la plus minable en matière de transport collectif, sous la barre des 5% des déplacements en bus et le vélo à 1%. On avait besoin d'un déclic!», explique Patrice Vergriete, maire (divers gauche) et président de l'agglomération.

Le ticket coûte 1,40€ et l'abonnement est à 36 euros. La gratuité des trajets le week-end ravit déjà certains habitants. «Avant, je ne prenais pas le bus. Maintenant je le prends le week-end. Ainsi, je ne paye plus le parking», lance Nadia, une habitante de 42 ans. Une fois appliquée sur l'ensemble de la semaine, la gratuité permettra d'alléger les dépenses des Dunkerquois. «Mon budget transport s'élève à une cinquantaine d'euros par mois, avec la gratuité, ça va faire 600 euros d'économie par an», confie Magalie.

Comment financer la gratuité?

Les recettes des titres de transport servent généralement à financer le coût du transport collectif. «À Dunkerque, il est situé entre 45 et 50 millions d'euros. La billettique ne rapporte que 4,5 millions d'euros», explique M. Vergriete, ancien urbaniste. «Quelque part, ce choix politique était faisable», dit-il, alors que le reste du financement est assuré par l'impôt, le versement transport et une partie du budget général de la communauté urbaine. Quelque 65 millions ont été aussi nécessaires pour des travaux d'aménagements du réseau qui datait des années 1970 et doit absorber un doublement de la fréquentation d'ici 2020.

«Les transports collectifs ne sont pas rentables et ne le seront jamais: la gratuité est uniquement un choix politique d'allocations des ressources publiques», ajoute Maxime Huré, spécialiste des questions de mobilité et chercheur à l'université de Perpignan, soulignant que certains services publics sont gratuits comme l'éducation.

Si la mesure n'est pas une première en France, l'agglomération de Dunkerque proposera le plus grand réseau de transport gratuit du territoire. Dans le monde, il y en aurait une centaine dont une trentaine en France. «Les premières expériences ont eu lieu dans les années 1970, notamment en France à Compiègne ou encore en Italie à Bologne. Après être tombée en désuétude, l'idée de la gratuité est réapparue au début des années 2000», explique Maxime Huré.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité

Mais la gratuité des transports ne fait pas l'unanimité. À l'échelle locale, Philippe Eymery, conseiller municipal FN, pense qu'il s'agit «d'une pseudo gratuité» qui sera «payée par le contribuable et plus particulièrement par les entreprises, avec la hausse du taux du versement transport».

Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), affiche sa réserve: «On n'est pas favorable à la gratuité totale, mais à une gratuité tenant compte des revenus», dit-il, craignant en outre une dégradation de la qualité de l'offre. «Les collectivités qui mettent en place la gratuité disent toutes ‘on va moderniser' le réseau. C'est vrai, sauf qu'au bout de cinq ans, quand il faut renouveler le matériel, elles disent ‘on a déjà donné beaucoup, on ne peut pas donner plus'».

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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/08/30/01016-20170830ARTFIG00129-le-bus-gratuit-arrive-a-dunkerque.php

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