Les Ouibus: le lourd fardeau de la SNCF ?

L'Opinion L'Opinion - il y a 1 mois

Malgré un important déficit, la SNCF veut garder sa filiale Ouibus. © Sipa Press

Depuis cinq ans, la SCNF a fait le choix de se lancer dans le transport en bus. Objectif : être présent sur toutes « les mobilités », afin de ne laisser aucun habitué du train partir vers la concurrence, explique le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, selon les informations de Capital.

Ouibus ne manque pourtant pas d’imagination pour attirer la clientèle à prendre ses bus. En effet, la dernière offre en date s’appelle Ouicroquette. La filiale de la SNCF[1] propose de s’occuper des animaux de compagnie pendant que ses propriétaires sont en vacances. « On s’est autorisé à être facétieux ! », sourit le PDG de Ouibus, Roland de Barbentane à Capital[2], dans son numéro du mois de septembre. Mais pour le moment, rien ne laisse à penser que cette nouvelle idée permettra à Ouibus de remonter la pente. En effet, la compagnie est très en retard derrière les cars Macron. Avec sa filiale Ouibus, la SNCF détient 30% de part de marché au niveau des transports en car, alors FlixBus[3] en détient 50%.

Ne pas perdre sa clientèle. Mais alors pourquoi les autocars SNCF sont-ils à ce point en déficit ? Ses tarifs sont premièrement trop bas pour lui permettre d’être rentable, ses chauffeurs coûtent également plus cher que ceux de FlixBus, ses cars, trop grands, roulent souvent à moitié vides, ses services à bord ne se distinguent pas de la concurrence et surtout, ses lignes doublonnent avec celles des TGV et des TER. Mais la SNCF ne semble pas regretter de s’être lancé sur ce marché alors qu’en cinq ans d’existence, son déficit monte à 130 millions d’euros.

Du point de vue de son PDG, Guillaume Pepy, il s’agit d’être présent sur toutes « les mobilités », afin de ne laisser aucun habitué du train partir à la concurrence. Mais est-ce vraiment un choix ambitieux ? Pour la SNCF en tout cas, il semblerait que ce soit le bon choix.

Incompréhension chez les concurrents. Mais on pourrait penser la SNCF pallie la disparition des petites lignes, qui rend les trajets très compliqués hors des grands axes. Seulement, sa filiale ne compte que 318 liaisons, alors que FlixBus en a 721 et Isilines 457 et ne peut de ce fait pas se rendre dans les endroits délaissés par le train. Autre problème : le taux de remplissage des Ouibus qui était fin 2016 à 36%. Un taux d’autant plus décevant puisque Ouibus s’est équipé en véhicules « à triple essieu » permettant de transporter 54 passagers au lieu de 49. Double peine : « Comme ils sont plus longs, ils paient des péages autoroutiers 30% plus cher », pointe un concurrent.

Et les concurrents ne comprennent pas la stratégie de la SNCF[4] de persévérer dans ce service alors qu’il n’est pas rentable. « Comment concevoir que l’argent du train finance des pertes dans le car ? », s’insurge-t-on chez Isilines-Eurolines. La filiale de Transdev n’a pas hésité à attaquer sa rivale devant l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. Mais elle a été déboutée, en juin dernier. Concurrence déloyale ou non, la SNCF et sa filiale Ouibus comptent bien rouler encore longtemps sur les routes de France.

Source : http://www.lopinion.fr/edition/economie/ouibus-lourd-fardeau-sncf-133277

Partager

Laisser un commentaire :