Occitanie : après deux ans, quel bilan pour les bus Macron ?

MidiLibre.fr MidiLibre.fr - il y a 1 mois

La fréquentation estivale est dopée par l’ouverture de lignes temporaires, développées notamment par Ouibus et FlixBus dans la région. JEAN MICHEL MART

Deux ans après la libéralisation des transports en autocar, la région semble porteuse durant la saison estivale.

C'est devenu un moyen de transport comme un autre. Le car, autrefois associé aux transports scolaires et souvent peu confortables, a retrouvé ses lettres de noblesses depuis qu'il permet de faire de longs trajets à des prix imbattables. Comment ? Depuis la libéralisation des transports réguliers de voyageurs par autocar, permise par la fameuse "loi Macron", du 6 août 2015.

Juliette, 29 ans, attend son départ pour Barcelone depuis Montpellier. Elle a fait le choix du bus Macron pour des raisons économiques. "C'est la première fois pour moi, mais les trains étaient vraiment hors de prix, surtout que je n'y reste que deux jours… Je suis plus habituée à voyager en covoiturage, mais même là, c'était plus cher", souligne-t-elle.

"La demande se concentre sur les stations balnéaires"

En Occitanie, les compagnies de bus se partagent un marché alléchant, notamment grâce à des destinations estivales brassant un grand nombre de touristes. "C'est une région très importante pour nous grâce à sa situation géographique, c'est une porte d'entrée naturelle vers l'Espagne et le Portugal", détaille Angélique Mantel, la directrice marketing d'Isilines/Eurolines.

"On cherche à coller à cette demande, qui se concentre principalement vers les destinations balnéaires pendant l'été", explique également Yvan Lefranc-Morin, directeur de FlixBus France, qui possédait fin 2016 l'offre commerciale la plus étendue.

Si les compagnies détaillent rarement le nombre d'usagers qui empruntent leurs cars, elles parlent volontiers du taux de remplissage des bus. Alors que 6 millions de passagers en moyenne ont été recensés en 2016, selon les chiffres de l'Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières), FlixBus annonce d'ores et déjà un taux de remplissage moyen de 80 % pour la saison estivale.

De son côté, Isilines/Eurolines avance "des remplissages de plus de 100 % régulièrement, grâce à notre gestion fine des montées/descentes", selon Angélique Mantel. Des chiffres qui semblent en forte hausse puisque l'Arafer, annonçait un taux d'occupation moyen de 44 % seulement à la fin du premier trimestre 2017.

Lignes éphémères

En cause peut-être, une fréquentation estivale dopée par l'ouverture de lignes temporaires, développées notamment par Ouibus et FlixBus dans la région. Ainsi, si FlixBus relie Agde et le Cap d'Agde jusqu'au 3 septembre, c'est la compagnie Ouibus qui a mis le paquet sur les plages de la région. Quatre lignes éphémères permettent de rejoindre La Grande Motte, Palavas-les-Flots, Sète, Le Grau-du-Roi ou Argelès-sur-Mer, jusqu'au 7 septembre.

"On a des taux de croissance de 70 % en plus rien que sur la période estivale, c'est vraiment notre plus grosse période, en terme de fréquentation", note Sylvain Gaboriaud, directeur commercial et marketing de Ouibus.

Sur sa compagnie, depuis le début de l'année 2017, 150 000 passagers sont passés par l'Occitanie. D'ailleurs, le succès des lignes éphémères proposées par la compagnie est incontestable puisque les destinations les plus fréquentées de la région cet été ont été Argelès-sur-Mer, le Cap d'Agde et Carcassonne.

Bémol toutefois puisque ces destinations n'ayant pas fait l'objet d'une dérogation de l'Arafer, elles ne peuvent concerner que des lignes de plus de 100 km, venant donc plutôt de Lyon ou Paris par exemple.

Mais les lignes éphémères de la saison estivale sont aussi pour les compagnies une manière de tester un marché encore incertain. Ainsi, Agde est revenue au menu des destinations proposées par FlixBus cette année, quand Carcassonne va devenir une ligne permanente de Ouibus. "Lorsque la demande est forte, même en été, cela nous permet également de voir si ces lignes peuvent être pérennisées", conclut Sylvain Gaboriaud.

Question à Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus

En deux ans, comment a évolué le marché ?
On parle d’un marché qui n’existait pas en France il y a deux ans. Notre chiffre d’affaires évolue actuellement de façon très forte, mais le marché n’est pas encore mature aujourd’hui. Nous avons donc énormément de potentiel dans les années qui viennent.

Les prix très bas que vous pratiquez sont-ils viables ?

C’est une stratégie. Il faut donner envie aux gens de tester le service, redorer l’image du car en France. Ensuite, c’est un marché très concurrentiel. Aujourd’hui, même si ça a un peu augmenté, on est encore sur des prix très bas, notamment par rapport au covoiturage, notre principal concurrent.

À ce stade, avez-vous atteint la rentabilité ?

Notre politique, c’est plutôt de dire "on va atteindre la rentabilité", parce qu’on ne l’a pas encore atteinte. On a eu besoin de beaucoup investir, mais on a annoncé l’atteindre en 2018, et on est en bonne voie pour y arriver. En Europe, on a commencé en 2013 à l’échelle du groupe. Et on va être rentable cette année.

MORGANE MASSON

Source : http://www.midilibre.fr/2017/08/24/occitanie-les-bus-macron-a-l-heure-d-ete,1551522.php

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