Le vélo hybride en libre-service débarque à Lyon

Le Point Le Point - il y a 27 jours

JCDecaux, évincé de Paris, a remporté le marché du mobilier urbain et des vélos de Lyon et veut en faire une vitrine pour séduire de grandes métropoles.

Plus légers, plus résistants, connectés et surtout électriques. Une nouvelle génération de Vélo'V va débarquer à Lyon. Après avoir fait office de pionnier en 2005 en accueillant le premier parc de vélos en libre-service de France, Lyon innove à nouveau en proposant, selon le même modèle, le vélo électrique. Et comme en 2005, c'est JCDecaux qui sera l'opérateur de ce service inclus dans le nouveau marché du mobilier urbain validé lundi soir par la métropole de Lyon.

Qu'y a-t-il dans ce marché ? Côté vélo, c'est une petite révolution qui est annoncée dans une agglomération qui enregistre 8,8 millions de locations Vélo'V par an. La version 2018 du service va passer de 4 000 à 5 000 vélos avec 80 stations supplémentaires et une extension en première couronne. Les vélos, allégés de 2,3 kg, seront tous changés en juin, au profit de vélos intelligents. Plus d'attente à la borne, il suffira de passer sa carte ou son smartphone sur le guidon pour le déverrouiller. Plus de bataille avec la clé et le câble pour attacher le vélo le temps d'une course. Il se verrouillera électroniquement. Et plus de recherche désespérée d'une borne libre le soir pour reposer son vélo. Il pourra être simplement déposé à proximité d'une station, sans être attaché à une borne.

JCDecaux finalement seul candidat

Mais la grande innovation de cette nouvelle génération de vélos en libre-service, présentée comme « une première mondiale », est leur fonctionnement en mode hybride. Les vélos, tous mécaniques, auront la possibilité de se transformer en version électrique simplement en y accrochant une petite batterie amovible. Il faudra toutefois attendre 2020 pour profiter de ce service très attendu dans une ville qui compte deux collines. Il permettra aux Lyonnais et aux visiteurs de grimper à la Croix-Rousse et à Fourvière sans effort. Et sans être propriétaire d'un vélo électrique coûteux à l'achat et sujet aux vols.

L'arrivée de l'hybride électrique à Lyon, réclamé par l'ancien maire Gérard Collomb, s'est retrouvée au centre des négociations engagées dans le cadre du renouvellement du contrat liant l'opérateur à la collectivité. Dix-sept mois de procédures et une négociation qui s'est déroulée dans des conditions particulières puisque JCDecaux s'est retrouvé seul candidat à l'appel d'offres.

« Trois candidats étaient pourtant sur la ligne de départ, Smoov, Clear Channel et JCDecaux, mais la candidature de Smoov a été rejetée, car incomplète et Clear Channel s'est finalement retiré », explique Gérard Claisse, vice-président de la métropole chargé des marchés publics, « laissant finalement JCDecaux seul déposer une offre ». Smoov, qui a finalement décroché le marché parisien, a tenté de faire casser la procédure par le tribunal administratif de Lyon, puis le Conseil d'État au motif que Lyon n'avait pas séparé les marchés du mobilier urbain et des vélos, mais en vain.

Difficile, donc, avec un candidat unique de faire jouer le levier de la concurrence. « JCDecaux ne savait pas, au moins dans la première phase, qu'il était seul en lice », assure Gérard Claisse, qui ajoute : « Nous avons obtenu une offre très compétitive. »

Plus chers

Qu'y a-t-il dans ce nouveau contrat qui lie le mobilier urbain au service des vélos renouvelé pour une période de quinze ans ? Un investissement de 57 millions sur quinze ans réalisé par JCDecaux, pour la mise en place des vélos hybrides, la rénovation des 2 170 Abribus existants et l'installation de 460 Abribus supplémentaires et connectés, avec l'arrivée d'une centaine de panneaux publicitaires numériques. Ce sont eux qui permettront notamment à JCDecaux de s'y retrouver en augmentant ses revenus. Le numéro un mondial de la communication extérieure prévoit un chiffre d'affaires de 378 millions d'euros.

La métropole a également négocié le versement dans ses caisses d'une redevance de 21 millions d'euros sur l'ensemble du contrat là où, fait remarquer David Kimelfeld, président de la métropole, « les autres villes payent pour bénéficier du service des vélos en libre-service ».

Si la collectivité y trouve son compte, l'utilisateur devra en revanche payer un peu plus cher. L'abonnement annuel passera de 25 à 31 euros. « Ce n'est qu'une augmentation de 50 centimes d'euro par mois », tempère David Kimelfeld. Et la location de la batterie amovible sera facturée 7 euros mensuels.

Lyon estime donc avoir fait une bonne affaire. « JCDecaux ne s'attendait pas à perdre Paris en avril dernier, le coup a été rude, confie l'un des négociateurs lyonnais, il a donc tout misé sur Lyon. » Pour en faire une nouvelle vitrine du vélo hybride et séduire les villes du monde entier. « Nous sommes heureux que Lyon ait choisi de faire sa deuxième révolution de mobilité douce avec JCDecaux et nous nous réjouissons de la perspective de déployer pour la première fois en France un réseau de vélos hybrides en libre-service d'une telle envergure », commente Jean-Charles Decaux, codirecteur général de la société.

CATHERINE LAGRANGE

Source : http://www.lepoint.fr/economie/le-velo-hybride-en-libre-service-debarque-a-lyon-19-09-2017-2158188_28.php

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