Toulouse, place forte des systèmes embarqués de véhicules intelligents

Les Echos Les Echos - il y a 10 mois

EasyMile, fabricant de navettes électriques autonomes est implanté à Toulouse.

L'électronique automobile a le vent en poupe dans la capitale de l'aéronautique. Renault s'est implanté dans les logiciels et EasyMile développe ses navettes autonomes.

Si Toulouse est la capitale européenne de l'industrie aérospatiale (80.000 salariés dans l'ex-Midi-Pyrénées), elle est moins connue pour l'automobile. Et pourtant, la conception et la fabrication d'électronique et de logiciels embarqués pour les véhicules connectés, autonomes et électriques sont en plein essor. La raison ? La présence de grands équipementiers, de start-up[1] et de nombreux centres de recherche. « L'automobile vit une révolution et Toulouse est bien armée pour construire la mobilité de demain », se félicite Jean-Louis Pech, président de l'équipementier Actia et du cluster Automotech qui réunit 77 entreprises et 12.000 emplois dans l'automobile (hors commerce et réparation) dans l'ex-Midi-Pyrénées.

Logiciels embarqués
La reprise par Renault du centre de R&D d'Intel en juillet, avec ses 261 salariés, a servi de révélateur. A l'heure des voitures connectées, le constructeur a voulu s'approprier les compétences en logiciels embarqués des ingénieurs d'Intel qui travaillaient sur les smartphones. « La part des logiciels dans la valeur d'une voiture passera de 15 à 35 % aujourd'hui à 50 % en 2020 », a souligné Alexandre Corjon, vice-président des systèmes d'ingénierie de Renault-Nissan.

L'équipementier allemand Continental Automotive, qui emploie 2.700 salariés à Toulouse, Foix (Ariège) et Boussens (Haute-Garonne), ne le contredira pas, lui qui a recruté 150 ingénieurs en un an pour développer les voitures connectées (lire ci-dessous). La métropole compte aussi, avec Actia, un des leaders mondiaux des boîtiers télématiques de camions et d'autocars.

Navettes électriques
EasyMile, fabricant de navettes électriques autonomes de 12 places pour le transport du dernier kilomètre, s'est implanté à Toulouse pour bénéficier des nombreux centres de recherche et des écoles d'ingénieurs. L'entreprise, issue de Robosoft en 2014, conçoit les logiciels et fait fabriquer les navettes par Ligier. Cinquante sont en service ou en expérimentation sur une vingtaine de sites dans le monde. La start-up emploie déjà 95 salariés, dont 80 à Toulouse, et prévoit 150 personnes dans un an. « Nous nous sommes implantés à Toulouse parce que l'écosystème permet de recruter des ingénieurs de haut niveau, et aussi des Parisiens attirés par le mode de vie », explique son PDG[2], Gilbert Gagnaire.

EasyMile a installé son laboratoire d'essais sur l'ancien aéroport militaire de Francazal, où un « village de drones » va être créé. Il travaille avec le laboratoire de robotique Laas-CNRS, dont il a embauché des doctorants. Cette année, la start-up a levé des fonds auprès d'Alstom (14 millions d'euros) et de Continental. Elle peut ainsi expérimenter les capteurs de Continental (caméras, radars...), qui teste en retour la voiture autonome. De son côté, Alstom est intéressé par la robotisation des tramways pour les opérations au dépôt. EasyMile développe aussi, avec le fabricant d'engins aéroportuaires TLD, un tracteur de bagages autonome.

Capteurs sans fil
Toulouse compte d'autres PME dans l'électronique automobile. LDL Technology, « spin-off » de Continental, fabrique des capteurs sans fil de contrôle de la pression des pneus des poids lourds et des motos. L'allemand Hella développe des calculateurs de direction assistée. M3 Systems est reconnu dans la géolocalisation. AccelaD a conçu un logiciel de test qui améliore la robustesse des cartes électroniques embarquées. Le spécialiste des logiciels de simulation de conduite Oktal (Sogeclair) a constitué, en juillet, une coentreprise avec Renault.

Mais les passerelles avec l'aéronautique sont encore rares, même s'il y a des coopérations dans la recherche en amont. « J'ai essayé d'amorcer des rapprochements dans les capteurs, sans succès, car Airbus n'a pas changé l'électronique de ses avions depuis vingt ans », témoigne Jean-Luc Maté, ancien président du cluster Automotech. Preuve de la vitalité du secteur, le Salon de l'automobile de Toulouse, du 22 au 26 novembre, organise pour la première fois un forum international sur la mobilité. Renault Nissan, Volkswagen, Toyota, Bosch, Continental, Valeo, Faurecia, etc., évoqueront les solutions digitales des transports intelligents, et 35 start-up de la région et d'ailleurs présenteront leurs innovations aux industriels le 22 novembre.

Laurent Marcaillou

Source : https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/030891115016-toulouse-place-forte-des-systemes-embarques-de-vehicules-intelligents-2131927.php

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