Transports : les raisons pour lesquelles les Français boudent (un peu) le train

Le Figaro Le Figaro - il y a 10 mois

Le train a représenté l'an dernier 9,2% des déplacements de voyageurs. ALAIN JOCARD/AFP

En 2016, le train a enregistré une baisse de fréquentation des voyageurs, alors que l'autocar, la voiture ou encore l'avion, ont vu la leur augmenter. Comment expliquer ce relatif désamour des voyageurs pour le rail ? Le point en 10 chiffres.

Alors que gouvernement prépare une grande réforme pour début 2018 sur la mobilité et l'avenir du ferroviaire[1], l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) a publié jeudi 16 novembre, son premier bilan sur le transport ferroviaire[2]. Principal constat: la fréquentation des trains a légèrement baissé l'an dernier, alors que la voiture, l'avion et surtout l'autocar, ont vu leur fréquentation augmenter. Et la tendance n'est pas nouvelle. «Depuis 2011, la fréquentation des trains de voyageurs recule alors que celle des autres modes de transport (voiture particulière, avion, autocar) progresse», note le gendarme du rail. Plusieurs chiffres, issus de ce rapport, expliquent peut-être pourquoi les Français se détournent ainsi du rail. Et donnent aussi d'autres éléments, plus ou moins connus, sur le train.

• + 17%

D'après le gendarme du rail, la fréquentation (mesurée en passager-kilomètre[3]) des autocars a progressé de 17% entre 2015 et 2016. C'est le mode de transport qui se développe le plus actuellement notamment avec l'essor des «cars Macron».[4] C'est bien plus que la voiture (+ 2,7%), l'avion (+3,8%) ou encore le train (-1%), seul mode de transport a avoir enregistré une baisse de fréquentation l'an dernier. Toutefois, la voiture reste le mode de transport privilégié des Français. Elle a représenté l'an dernier 79% des déplacements de voyageurs (y compris le covoiturage), loin devant le train (9,2%), l'autocar (8,6%), et l'avion (1,6%).

Parmi les trains, ce sont surtout les trains internationaux et les Intercités qui ont le plus souffert de cette baisse de la fréquentation, ainsi que les TER dans une moindre mesure. L'étude montre que le TGV reste stable et que le Transilien (trains de banlieue en Ile-de-France) voit sa fréquentation augmenter.

• 5%

C'est le pourcentage des trains de voyageurs (hors Transilien) annulés chaque jour en 2016. Ce qui correspond chaque jour à une moyenne de 346 trains déprogrammés ou annulés à la dernière minute, sur un total de 6969 trains de voyageurs (hors Transilien) initialement programmés quotidiennement. Sur l'année 2016, ces annulations ont représenté un total de 115.000 trains supprimés. L'une des principales raisons: «les 23 jours de grève du printemps 2016 liés à la renégociation du cadre social des personnels SNCF», note le gendarme du rail. En effet, sur l'année, environ deux tiers des annulations tombent durant les jours de grèves du printemps 2016[6].

Les annulations touchent davantage les TER et trains Intercités que les TGV. Sur l'ensemble de l'année, le taux de déprogrammation des TER et Intercités s'élevait à environ 3,5% (43 % en période de grève), contre 2,2% pour les TGV (24% durant les grèves).

• Plus d'un sur deux

C'est le taux de retards qui auraient pu être évités par la SNCF et les entreprises ferroviaires évitables, d'après l'Arafer. «55 % du total des minutes perdues par les trains de voyageurs en 2015 sont liées à des causes dites maîtrisables», souligne le gendarme du rail qui cite pêle-mêle des défaillances d'infrastructures, une mauvaise gestion des chantiers travaux, ou encore une défaillance du matériel roulant, des escales, ou encore la conduite et la préparation des trains.

Parmi les trains qui ont effectivement circulé (une moyenne quotidienne de 6623 trains sur les rails), 11,2% d'entre eux - soit 744 trains par jour - avaient plus de 6 minutes de retard à leur arrivée au terminus. Précisons que les trains qui arrivent avec un retard inférieur à 6 minutes ne sont pas comptabilisés dans les retards. Dans le détail, sur l'année 2016, en moyenne, 22% des trains Intercités ont enregistré des retards supérieurs 6 minutes ; ce taux moyen de retard a été de 18% pour les TGV et de 10% pour les TER. Des taux de retards qui ont tendance à fortement augmenter en périodes et heures de pointe, précise l'autorité de régulation.

» LIRE AUSSI - SNCF: les trains ont accusé plus de retards en 2016[8]

• Près de 90%

C'est la part de voyageurs qui prennent le train au quotidien, malgré ces retards et annulations. Sur 1,16 milliard de voyageurs ayant pris le train en 2016 (environ 3,2 millions de voyageurs par jour), 88% ont utilisé des trains régionaux ou trains de banlieue (TER et Transilien), pour un déplacement de proximité, faisant du train, un mode de transport du quotidien. Les 10% de voyageurs restant ont pris TGV, Intercités et trains internationaux , des trains longue distance qui pèsent pourtant la moitié de la capacité de transport proposée aux voyageurs.

• Un sur deux

En 2016, un peu moins d'un train régional sur deux a circulé en Ile-de-France. Après, c'est la Région Rhône-Alpes qui a fait circuler le plus de trains régionaux (plus de 304.000 sur l'année), devant le Nord-Pas-de-Calais (environ 200.000), l'Alsace (environ 199.000), et la Région PACA (environ 164.000).

• 25%

C'est le taux de communes de moins de 10.000 habitants desservies par une ligne TGV. Au total, le TGV s'arrête dans 180 communes. Mais 70% des lignes TGV sont déficitaires...

• 4

C'est le nombre de régions qui se partagent la moitié des lignes à grande vitesse. À savoir: Ile-de-France, Rhône-Alpes, Lorraine et Nord-Pas-de-Calais. «La structure du réseau ferroviaire présente d'importantes disparités entre les régions» note l'Arafer.

• 30,9 ans

C'est l'âge moyen du réseau ferroviaire français en 2015. L'Île-de-France est la région dont le réseau est le plus «jeune» (25 ans en moyenne), suivi des régions Rhônes-Alpes et Franche-Comté (26 ans). À l'inverse, les régions Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon et Limousin ont un réseau dont l'âge avoisine les 40 ans.

• 10 kilomètres

En moyenne, 89% de la population réside dans une commune située à moins de 10 kilomètres d'une gare desservant un service TER, ce taux s'élevant à 99,6% en Île-de-France et baisse à 78% en Basse-Normandie. Les plus gros usagers du train sont les habitants d'Ile-de-France, «suivie de l'Alsace, précise l'Arafer. La Picardie possède également une intensité de demande relativement importante liée à sa proximité avec de l'Ile-de-France».

• 67%

C'est le taux moyen d'occupation des TGV domestiques en 201. À l'inverse, les services régionaux (TER et Transilien) affichent un taux d'occupation moyen inférieur à 30%, tandis que les Intercités et trains internationaux sont occupés à moins de 50%.

Clémentine Maligorne

Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/11/25/20002-20171125ARTFIG00026-transports-les-raisons-pour-lesquelles-les-francais-boudent-un-peu-le-train.php

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