Keolis (Transpole), candidat pressenti à sa propre succession

La Voix du Nord La Voix du Nord - il y a 13 mois

Transpole devient le candidat pressenti à sa propre succession. PHOTO ARCHIVES CHRISTOPHE LEFEBVRE

Attribuer la concession de service public des transports à… Keolis. Déclaration tenue ce vendredi matin par des élus lors d’un bureau fermé dans les locaux de la Métropole européenne de Lille. Si le concessionnaire sortant fait désormais figure de grand favori, la course à deux milliards d’euros n’est, pour autant, pas totalement pliée.

Attribuer la concession de service public des transports à la société Keolis. Voilà la consigne qui sera donnée aux élus lors du conseil communautaire du 15 décembre. L’offre du sortant aurait été qualifiée de « meilleure à l’issue des négociations », selon une source proche du dossier. Ce vendredi matin, Damien Castelain, président de la MEL, et Alain Bernard, premier vice-président, ont planché lors d’un bureau fermé au public sur la validation de l’ordre du jour du prochain conseil communautaire. Et la question aurait été tranchée.

Encore des étapes à franchir
Si Keolis (Transpole) fait désormais figure de grand favori, il ne s’agit pour le moment que du favori pressenti. Quelques étapes doivent confirmer l’option évoquée. À savoir : la présentation d’une synthèse de l’offre retenue lors de la commission mobilité transports ; et surtout la présentation de cette même synthèse lors de la conférence des maires du 8 décembre (une instance mise en place par Damien Castelain en 2014 et qui, depuis, est devenue obligatoire dans toutes les métropoles).

Viendront un second bureau fermé le matin du conseil et le vote des élus, qui déterminera formellement le choix. La prudence reste de mise. Un proche, n’ayant pas la mémoire courte, renvoie à l’attribution du Grand Stade. « Lors du premier bureau, Norpac était pressenti par les services et le vice-président en charge de la délégation, mais quand les élus ont découvert le projet, ils ont préféré celui d’Eiffage. »

Trois mois déjà
D’ores et déjà, il est une certitude. La présidence de la MEL, contrainte de retarder l’entrée en vigueur de ce nouveau contrat à la suite de la bataille juridique à laquelle se sont livrés les deux candidats (Keolis et Transdev), demandera aux élus de reconduire pour une durée maximum de trois mois le précédent concessionnaire qui n’est autre que… Keolis.

« Aujourd’hui, au terme de cette bataille, plus rien ne nous empêche d’attribuer sereinement cette concession », aurait confié Alain Bernard. Pour rappel, le contrat qui sera passé est le plus important de la MEL. Il porte sur un chiffre d’affaires de près de deux milliards d’euros pour une durée de sept ans. Deux objectifs principaux, portés par Damien Castelain, sous-tendent la nouvelle concession : « Développer l’usage des transports selon les préconisations du plan de déplacement urbain tout en réduisant la fraude » et « améliorer l’efficience économique du service ». Un véritable défi pour Keolis qui a englouti 85 millions d’euros depuis 2011 dans cette concession de service public. Quant aux usagers, ils devront patienter quelques jours avant de mesurer l’impact concret de cette décision sur leur quotidien.

Patrick Seghi


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