Permis poids lourd. Il révolutionne la sécurité des enseignants

Ouest France.fr Ouest France.fr - il y a 2 mois

Roger Roudaut, au volant d'une semi-remorque, joue le rôle de l'apprenti chauffeur. Près de lui, Xavier Dolphin, directeur pédagogique de l'ECF du pays de Landi, une main sur le volant, une autre sur la commande manuelle de freinage. | Ouest France

Roger Roudaut révolutionne l'apprentissage de la conduite des poids lourds. Une commande de freinage innovante et le siège du formateur installé au centre de la cabine.

Roger Roudaut, patron de nombreuses Écoles de conduite française (ECF) de Bretagne, est un homme heureux ! À 75 ans, la Délégation à la sécurité routière, organisme dépendant du ministère de l'Intérieur, a validé son brevet : une commande manuelle de freinage, destinée à être installée dans les véhicules-écoles de type tracteurs, porteurs, autocars et autobus.

Une nouveauté qui va de pair avec la réorganisation de la cabine, que ce soit celle d'un poids lourd ou d'un autocar. Le siège du formateur accompagnant le chauffeur néophyte est placé au centre de la cabine, à proximité du conducteur. Ce qui permet au moniteur de tenir aussi le volant. Deux grandes premières en France qui, seront dans quelques jours, doublées de brevets européens.

« Les tests effectués à Montlhéry »
« Le cheminement pour obtenir la certification a été long, très long même », souligne Roger Roudaut. Le septuagénaire a mis au point sa commande manuelle en secret, pendant sa pause du midi. « Chez Mercedes, le tracteur a été recouvert d'une bâche pendant plusieurs semaines pour éviter tout espionnage. Les tests ont été réalisés sur le circuit de l'Utac à Montlhéry, ainsi que sur route. Je croyais que les testeurs allaient démolir mon camion, tellement ils l'ont maltraité ! »

L'administration centrale en charge de l'enseignement de la conduite routière a félicité l'inventeur « pour cette démarche qui prévient les risques liés aux métiers des enseignants et examinateurs des écoles de conduite du monde entier »...

À l'ECF de La Croix-des-Maltôtiers, en Bodilis, en bordure de la voie express, deux véhicules sont déjà équipés de ces dispositifs. Les autres le seront au fur et à mesure du rajeunissement du parc. Et un car-école va bientôt arriver avec les mêmes installations. Une nouveauté appréciée aussi dans les transports de personnes, le formateur étant jusqu'à présent assis sur le siège de l'accompagnateur de voyage, à plus d'un mètre de l'apprenant, rendant ainsi son intervention très délicate.

En partant du constat qu'au moment où l'élève conducteur ne maîtrise plus la trajectoire de son engin, il y a obligation pour l'enseignant de reprendre très vite le contrôle du véhicule, Roger Roudaut a longuement « cogité ». « Pour moi, c'était une cause vitale, car lorsque le camion ou le bus a pris la berme, il est trop tard... Il n'y a plus rien à faire ! »

Ainsi transformée, la cabine du tracteur peut accueillir trois autres apprentis chauffeurs, en plus du conducteur apprenant et du moniteur. Tout le monde monte par la porte de droite car le siège de ce côté a été mis au milieu, pratiquement devant la nouvelle commande de freinage manuelle.

Un système réalisé par Philippe Baillon, patron de la société BM2S, située dans la zone du Vern, à Landivisiau.

Avec deux caméras
Les tracteurs-écoles sont aménagés par un transformateur installé en Vendée, qui monte également une caméra sur chaque rétroviseur situé à l'extérieur de la cabine. L'écran, lui, est devant le formateur, à quelques centimètres de la poignée de commande du frein à main, qui joue sur le même système que le pied de l'apprenti chauffeur. « Le bras gauche du chauffeur empêche, en effet, le formateur de voir le miroir grand-angle intégré en bas de l'immense rétroviseur des véhicules. Toutes ces innovations se chiffrent à plus de 12 000 € ! C'est une révolution pour la profession », sourit Roger Roudaut.

Qui promet de sortir un nouveau lapin de son chapeau, dans les prochains mois ! Avant de prendre le volant de son nouveau camping-car poids lourd, et de profiter d'une retraite bien méritée.

Source : www.ouest-france.fr
Partager

Laisser un commentaire :