Et si l’hydrogène redonnait un peu d’air aux transports en Bourgogne-Franche-Comté ?

France Bleu France Bleu - il y a 10 mois

La première station d'hydrogène à Paris, où 70 taxis utilisent cette énergie. © Maxppp - Léon Tanguy

Comment se déplacer de manière plus propre, plus solidaire, intermodale et connectée ? On en a beaucoup parlé hier à Dijon au cours des assises régionales de la mobilité. Parmi les projets engagés, le développement des véhicules à hydrogène.

Les contributions des assises régionales de la mobilité, qui se sont tenues à Dijon ce mardi, vont alimenter la réflexion nationale qui préfigure l'an prochain la future loi d'orientation des mobilités. Le matin, sur le campus dijonnais, un colloque a fait le point sur l'efficacité énergétique dans les transports. L 'occasion d'évoquer le développement des véhicules à hydrogène. Une filière soutenue par le Conseil régional.

Trois fois plus énergétique que l'essence

Une voiture à hydrogène, c’est un véhicule à moteur électrique, qui fonctionne non pas à l’aide d’une série de batteries, mais avec un réservoir d’hydrogène relié à une pile à combustible. L'hydrogène est un gaz produit par électrolyse à partir de l'eau. Utilisé dans une pile à combustible, il provoque l’effet inverse de l’électrolyse, et génère de l'électricité pour faire rouler voitures, bus ou camions. Pour Michel Romand, chargé de mission de la filière Bourgogne Franche-Comté, c'est l'énergie de demain : « un kilo d’hydrogène est trois fois plus énergétique qu’un kilo d’essence ».

S’il est facile à fabriquer, ce gaz très léger doit être comprimé à 700 bars. Plus volumineux qu’un réservoir d’hydrocarbures, celui d’une voiture à hydrogène est conçu pour résister à une pression de 1600 bars. Des participants au colloque se sont inquiétés : « n’y a-t-il pas risque d’explosion ? » Non, leur a-t-on répondu, deux soupapes de sécurité permettent d’éviter une déflagration, des essais comparés d’incendie sur des véhicules essence et hydrogène ont montré la fiabilité du système.

Une énergie verte

Un système déjà utilisé. Des bus, des camions, des voitures sont équipés, le problème étant la faiblesse, pour le moment du réseau de distribution, et le peu de modèles disponibles. A Paris, 10 taxis roulaient en 2016 à l’hydrogène. On en compte 70 cette année. Il ne faut que quatre minutes pour faire le plein d’une telle voiture. Le coût est identique à celui de l’essence, avec une autonomie comparable. Un plein de cinq à six kilos d’hydrogène permet de parcourir une distance de 600 à 700 km.

Le véhicule ne rejette que de l’eau. Pour peu que l’électricité utilisée pour la production de l’hydrogène soit d’origine verte, on entre dans un cercle parfaitement vertueux. C’est le sens du projet EOLBUS à Auxerre. Des bus rouleront avec de l’hydrogène produit par l’électricité des éoliennes. La région Bourgogne-Franche-Comté souhaite même faire rouler des trains TER avec cette énergie. Une rame produite en France fonctionne en Allemagne, et permet de se passer des motrices diesel sur une ligne non électrifiée.

Le coût des véhicules devrait être plus abordable dans quelques années

La technologie est donc disponible, il faut désormais étoffer la filière, l’offre de véhicules, un réseau de production et de distribution. Et même s’il faut compter quelque 50.000 euros pour acquérir aujourd’hui une voiture fonctionnant à l’hydrogène, pour Michel Romand, ce n’est qu’une question de temps, à court terme : « très vite, le coût du véhicule électrique à hydrogène va devenir inférieur à celui d’un véhicule thermique avec la complexité de la dépollution, des normes européennes etc... Le croisement des courbes est prévu pour 2020-2021. »

Jacky Page

Source : https://www.francebleu.fr/infos/transports/et-si-l-hydrogene-redonnait-un-peu-d-air-aux-transports-en-bourgogne-franche-comte-1511895878

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