Covoiturage, véhicules autonomes : ces innovations que le gouvernement veut encourager

Les Echos Les Echos - il y a 9 mois

Le gouvernement veut encourager le covoiturage de courte distance, notamment en développant des parkings et des voies dédiées. - Shutterstock

Les innovations et bonnes pratiques mises en valeur durant les Assises de la mobilité, qui se terminent mercredi, dessinent les contours de la loi annoncée pour l'an prochain.

Lancées mi-septembre par le gouvernement, les Assises de la mobilité tirent à leur fin. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, les clôturera mercredi à l'issue d'une dernière journée, durant laquelle les différents groupes de travail devraient livrer leurs préconisations pour rendre les déplacements plus écologiques, plus sûrs, ou encore plus connectés.

La ministre devrait préciser dans son discours les orientations de la loi annoncée pour l'an prochain, mais les bonnes pratiques et les innovations mises en valeur ces trois derniers mois permettent déjà d'en deviner quelques-unes.

Le futur texte devrait notamment encourager le développement du covoiturage courte distance, vu à la fois comme une solution pour diminuer les embouteillages aux heures de pointe, mais aussi pour offrir des possibilités de se déplacer dans les « déserts de mobilité », les zones non desservies par les transports en commun.

Faire décoller le covoiturage courte distance

Les pratiques restent encore embryonnaires, malgré les efforts de BlaBlaCar, d'iDvroom (groupe SNCF) et de la myriade de jeunes pousses positionnées sur le créneau. Certaines régions ont mis la main au porte-monnaie, comme l'Ile-de-France ou la Réunion, par le biais d'un partenariat avec une jeune pousse, Karos. « Mais le marché ne décollera vraiment que si les automobilistes ont des contraintes ou des incitations fortes à partager leurs voitures », avance un professionnel.

Les pouvoirs publics en semblent convaincus aussi et la future loi devrait faciliter la mise en place de voies réservées au covoiturage sur les autoroutes à l'orée des grandes villes, ou bien de places de stationnement au coeur de celles-ci. Elisabeth Borne a d'ailleurs annoncé l'expérimentation l'an prochain en Ile-de-France d'une technologie destinée à contrôler que les véhicules sur les voies réservées contiennent bien au moins deux personnes.

Voie réservée pour l'autocar Express

Mi-novembre, la ministre s'est également déplacée pour l'inauguration de 2,7 kilomètres de voies réservées aux bus sur l'autoroute A10, afin de faciliter l'accès à la gare RER de Massy-Palaiseau. En bénéficie notamment la ligne d'autocar Express, qui permet de se rendre à la gare en laissant sa voiture dans un parking situé au bord de l'autoroute, à Briis-sous-Forge. Cette ligne diminue le trafic automobile et les clients, de plus en plus nombreux, y gagnent plus de confort.

Ce type de dispositif, qui combine dans un même trajet voiture individuelle, bus, puis RER, devrait être encouragé. Plus largement, « le nouveau cadre législatif devra favoriser la combinaison des différents modes de transport et acter le fait qu'il n'y a plus de frontière entre mobilité individuelle et mobilité collective », avance un connaisseur du dossier.

Des navettes autonomes pour les ruraux

La future loi préparera également le terrain pour l'expérimentation puis le déploiement de véhicules autonomes, qui devrait bouleverser l'offre de transport. Mais loin d'en faire des concurrents aux taxis ou aux VTC dans les centres-villes, le gouvernement y voit plutôt un outil pour mieux desservir les territoires ruraux. Des expérimentations devraient être organisées à la suite de l'appel à manifestation d'intérêt que la ministre a annoncé pour 2018.

Enfin, les protestations répétées du patronat du transport routier ne devraient pas dissuader le gouvernement d'inclure dans son texte la possibilité, pour les régions qui le souhaiteront, de créer une redevance pour l'utilisation de certaines routes nationales, variante locale de la défunte écotaxe.

Les partisans du tunnel du Lyon-Turin, du Canal Seine-Nord ou du TGV Toulouse-Bordeaux vont devoir prendre leur mal en patience : le comité d'orientation des infrastructures, qui a été chargé par le gouvernement de désigner quels sont les grands projets à financer en priorité, ne rendra pas ses conclusions cette semaine. Un rapport provisoire sera bien présenté mercredi, lors de la clôture des Assises, mais « il ne contient aucune indication sur les dossiers qui commencent à peine à être étudiés, car il a fallu attendre l'actualisation de leur évaluation » par les services du ministère des Transports, rapporte une source proche du dossier.

Lionel Steinmann

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0301000281501-covoiturage-vehicules-autonomes-ces-innovations-que-le-gouvernement-veut-encourager-2136993.php

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