Comment l'Ile-de-France peut réinventer sa mobilité

Les Echos Les Echos - il y a 9 mois

A quoi ressembleront les transports en commun lors des Jeux Olympiques de 2024 ? - Shutterstock.

Les transports en commun en Ile-de-France vont connaître de grands bouleversements d'ici les Jeux Olympiques de Paris en 2024, mais avec quelle méthode ?

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 sont une formidable opportunité pour réinventer en profondeur la mobilité urbaine et périurbaine en Ile-de-France et enclencher une véritable dynamique pour l'ensemble du pays. C'est aussi l'occasion pour cette région de renouer avec sa longue tradition de territoire précurseur en matière de mobilité, comme à l'époque des premiers métros et RER, ou plus récemment de l'arrivée de nouveaux services comme Vélib' et Autolib'.

Cette réinvention de la mobilité urbaine et périurbaine, rendue plus que nécessaire au regard des enjeux économiques, environnementaux et sociétaux, et facilitée par les révolutions technologiques en cours, nécessite la mobilisation, dès aujourd'hui, de l'ensemble des acteurs privés et publics.

Accélérer les ruptures

Les forces sont réelles : une enquête réalisée en mai 2017 par le BCG auprès de 3.000 Franciliens montre que 67 % d'entre eux se disent satisfaits des modes de déplacement utilisés.

Mais ils sont également 56 % à rencontrer des difficultés chaque semaine au cours de leurs déplacements (embouteillages, perte de temps liée au transport collectif...).

A titre d'exemple, seulement 48 % des habitants de Seine-et-Marne considèrent avoir le choix des modes de déplacement qu'ils utilisent, contre 77 % des Parisiens.

Remettre l'utilisateur, et non plus le mode de transport, au centre de l'offre de mobilité.

Il est temps d'apporter de nouvelles réponses aux enjeux critiques de croissance durable des territoires (saturation des infrastructures, pollution, accessibilité...), tout en remettant l'utilisateur, et non plus le mode de transport, au centre de l'offre de mobilité.

Cette réinvention doit se construire autour de trois ruptures technologiques, que sont la mobilité connectée, le zéro émission et l'autonomie, et trois ruptures d'usage, à savoir la mobilité à la demande, la mobilité partagée et la comodalité.

Ces ruptures sont déjà initiées. Le défi d'ici à 2024, et plus largement à horizon 2030, reposera avant tout sur la capacité des acteurs publics et privés à les accélérer de façon synchronisée et à en tirer les bénéfices.

Interconnexion des plateformes

L'innovation en matière de mobilité n'a jamais été aussi florissante et l'énergie ne demande qu'à être libérée. Cela passe par l'ouverture des données d'offre de mobilité en temps réel et par la définition d'un format commun et ouvert pour les données des véhicules, par la mise en place d'un cadre réglementaire adapté aux véhicules autonomes et par la modernisation des infrastructures de connectivité, électrique et du réseau routier.

Une fois cette énergie libérée, il est essentiel d'intégrer les ruptures technologiques et d'usage dans une offre de mobilité attractive pour l'utilisateur et pertinente pour les territoires, ce qui revient à optimiser et à focaliser chaque mode sur sa zone de pertinence, tout en connectant physiquement et numériquement les différents modes entre eux.

Pour cela, il faut poursuivre l'amélioration des transports collectifs (notamment sur route avec le développement des autocars express), tout en les combinant à une offre accrue de transport à la demande et partagée (taxi-VTC, covoiturage, auto-partage, libre-service, navettes autonomes).

Tous les modes devront être accessibles dans des plateformes de mobilité intégrées, et des mécanismes incitatifs (financiers et non financiers) sont également à envisager pour réguler l'usage individuel des véhicules.

Créer des conditions favorables

Enfin, pour permettre cette réinvention, il est plus que nécessaire d'unifier la gouvernance de la mobilité à l'échelle de l'Ile-de-France.

Les pouvoirs publics ont également un rôle clef à jouer pour créer les conditions favorables à la structuration d'un écosystème fort, à un moment où la concurrence internationale se fait de plus en plus pressante.

Cette réinvention se joue en ce moment, dans la foulée des Assises de la mobilité et avant la future loi d'orientation des mobilités, qui devra être à la hauteur des enjeux et des attentes des utilisateurs et des acteurs de la mobilité.

Joël Hazan, directeur associé au Boston Consulting Group et fondateur de Mobility Nation, qui réunit l'Asfa, AXA, Engie, Europcar Group, Faurecia, Uber, BlaBlaCar, BestMile, Coup, Easymile, Siradel, Stuart, Teemo, Via iD et SystemX, avec la contribution d'Ile-de-France Mobilités.

Source : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301072468096-comment-lile-de-france-peut-reinventer-sa-mobilite-2142616.php

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