Transport par autocar : les clients sont là, les profits pas encore

Les Echos Les Echos - il y a 7 jours

Dépassée en 2016 par FlixBus, la filiale de la SNCF Ouibus est redevenue leader en 2017 sur le marché français du transport par autocar avec 48 % de parts de marché. - KENZO TROUILLARD/AFP PHOTO

Le secteur a signé une hausse de 16 % l'an dernier avec 7,2 millions de voyageurs transportés. Pour les trois opérateurs restés en lice, la priorité est désormais à la rentabilité.

Pour l'an III de sa libéralisation - instaurée par la loi Macron du 6 août 2015, le secteur du transport de longue distance par autocar s'affirme comme une alternative de mobilité crédible. La clientèle conquise, reste désormais aux opérateurs à gagner la bataille de la rentabilité.

La clientèle, en effet, l'autocar a su la convaincre. A la fin de 2016, l'autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) annonçait 6,2 millions de voyageurs. Pour 2017,  le comparateur international d'autocars CheckMyBus[1] a calculé, sur la base des réservations effectuées sur son site, un total de 7,2 millions de voyageurs, soit une hausse de 16 % sur un an. « Cette croissance est le signe d'une consolidation du marché et d'une optimisation des réseaux des transporteurs », commente CheckMyBus qui table sur une nouvelle progression à deux chiffres cette année à 8,1 millions de clients.

Sur le terrain ensuite, les cartes ont été un peu rebattues. En 2015 Ouibus était sur la première marche du podium. Dépassée en 2016 par la start-up[4] allemande FlixBus qui s'appuie sur des partenariats avec des autocaristes régionaux, la filiale de la SNCF est redevenue leader en 2017 avec 48 % de parts de marché (14 points de plus qu'en 2016). Suivent FlixBus (36 %) et Transdev, la maison mère d'Eurolines et isilines (15 %). Réduits à la portion congrue, les acteurs locaux ferment la marche avec 1 % du trafic.

Les opérateurs ont mis fin à la guerre des prix

Autre évolution notable : la fin de la guerre des prix qui avait été le moteur de la concentration sur un marché français passé en quelques mois de cinq à trois opérateurs. A l'été 2016, en effet, Ouibus avait repris Starshipper et FlixBus les activités commerciales de Megabus Europe, la filiale du groupe britannique Stagecoach.

Si jusqu'en 2016 ces autocaristes lancés dans une course à la conquête de parts de marché visaient les prix les plus bas, 2017 a marqué une rupture avec l'adoption de tarifs plus réalistes (voir ci-dessous). « Ainsi, dès le troisième trimestre 2016, les billets coûtaient en moyenne 26,98 euros, soit près de 3 euros de plus que le reste de l'année », note l'étude. 

Après un léger tassement des tarifs, les deuxième et troisième trimestres ont affiché des prix moyens à 29,37 euros et 28,77 euros. Ce qui reflète un ajustement à la demande, toujours plus importante en haute saison. Et au dernier trimestre, les prix ont à nouveau baissé pour atteindre 26,67 euros.

Priorité à la rentabilité

Comment se présente 2018 ? « Nos perspectives tablent sur une poursuite de [la] croissance, à un rythme cependant plus modéré », anticipent les auteurs de l'étude. Avec un leitmotiv pour les trois principaux acteurs : priorité à la rentabilité.

Pour atteindre l'équilibre financier prévu en 2019, Ouibus,[7] va donc desservir de nouvelles villes - notamment 25 stations de skis cet hiver, et proposer davantage de voyages de nuit, avec des horaires calculés pour faire l'aller-retour en un week-end ou sur une semaine.

Même préoccupation pour André Schwämmlein, le fondateur et PDG[8] de FlixBus. « Tout indique que nous dégagerons des bénéfices en 2018. Une partie de notre réseau est déjà rentable », confiait-il aux Echos au printemps dernier[9] . Selon ChecKMyBus, il devrait cette année poursuivre son activité au même rythme dans l'Hexagone et « orienter plutôt son expansion en Scandinavie, dans la péninsule ibérique et aux Etats-Unis ».

Un double mot d'ordre enfin pour isilines  qui vise la rentabilité pour la mi-2018[10]  : « rationalisation et optimisation, pour augmenter la fréquence et la pertinence des départs aux moments de l'année où la demande est plus forte ».

Jean-Michel Gradt

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0301127037132-transport-par-autocar-les-clients-sont-la-les-profits-pas-encore-2143728.php

Partager

Laisser un commentaire :