Cars : Flixbus met en cause la SNCF qui favoriserait Ouibus

BFMTV BFMTV - il y a 4 mois

En 2018, FlixBus prévoit d'ajouter 50 arrêts supplémentaires ainsi que 50 nouvelles lignes. - Piroschka van de Wouw-ANP-AFP

Leader en France, la société allemande de cars interurbains dénonce la concurrence de Ouibus qui bénéficie des moyens et des gares de la SNCF. L'Autorité de la concurrence a déjà débouté Transdev, autre rival, à ce sujet.

Sur le marché des cars interubains ouvert à la concurrence en France depuis août 2015, FlixBus[1] domine largement. Cette société d'origine allemande a transporté 5,2 millions de passagers en 2017. Elle revendique une hausse de 60% des passagers transportés par rapport à 2016 grâce à ses 90 lignes desservant plus de 180 arrêts. Ses liaisons incluent presque autant de lignes Paris/Province (51%) que Province/Province (49%), reliant plus de la moitié des capitales régionales entre elles

En 2018, FlixBus veut encore grossir en ajoutant 50 arrêts et 80 lignes supplémentaires tout en enrichissant ses services: choix des sièges dans l'autocar à la réservation, géolocalisation des cars et offre gratuite de divertissement à bord pour les passagers qui se connectent en wi-fi.
    

Mais le directeur général de FlixBus France, Yvan Lefranc-Morin, estime que ses ambitions sont handicapées par les conditions de la concurrence sur le marché. En ligne de mire, Ouibus[2], filiale de la SNCF: "Ce qui se passe en France, c'est inimaginable, ce n'est jamais arrivé nulle part ailleurs", estime Yvan Lefranc-Morin. Ouibus serait favorisé par sa maison-mère. "Quand (...) vous vous arrêtez dans 50% des cas a minima dans des gares SNCF ou des infrastructures qui sont gérées d'une façon ou d'une autre par votre concurrent, c'est assez compliqué." explique le patron de Flixbus France

Outre-Rhin, la Deutsche Bahn a quitté le transport par car

En Allemagne, la Deutsche Bahn, qui s'était lancée sur le marché de l'autocar, a fait "deux fois 15 millions de pertes", a-t-il relevé. "Ils ont décidé d'arrêter, de se recentrer sur le train !" Interrogé sur une éventuelle plainte devant l'Autorité de la concurrence, Yvan Lefranc-Morin explique que "toutes les options sont à l'étude". L'opérateur privé Transdev, qui exploite des lignes sous la marque Isilines, avait engagé une telle procédure[3] contre la SNCF, mais l'Autorité de la concurrence a rejeté en 2017[4] sa plainte faute d'éléments suffisamment probants.

Flixbus n'est pas sûr d'équilibrer ses comptes en 2018

Dans sa décision, l'Autorité n'a pas considéré que "les conditions actuelles de l'utilisation par Ouibus des moyens de la SNCF, comme notamment l'identité visuelle commune entre des activités concurrentielles et en secteur réservé (préfixe « Oui » similaire à celui utilisé pour le transport ferroviaire), ou encore des moyens de communication et humains de la SNCF, étaient susceptibles de constituer une utilisation abusive des moyens du monopole"

"On prend acte (...), mais ça ne nous empêche pas de réfléchir", estime la patron de Flixbus en France. Si l'activité a atteint le seuil de rentabilité en 2017 dans l'Hexagone, il n'est "pas confiant à 100%" de pouvoir le faire en France en 2018. S'il refuse de communiquer sur ses pertes, le dirigeant français assure que FlixBus perd en France "infiniment moins d'argent" que Ouibus. La filiale de la SNCF avait révélé à l'été 2017 qu'elle avait perdu 45 millions d'euros en 2016 pour autant de chiffre d'affaires, soit 130 millions de pertes cumulées depuis son lancement en 2013.
    
Le marché du transport longue distance par car s'est structuré après la guerre des prix des premiers mois en 2015 et 2016. Des cinq compagnies qui s'étaient lancées au départ, il n'en reste plus que trois: FlixBus, Ouibus (SNCF) et Isilines (Transdev) et aucune n'est encore bénéficiaire.

Frédéric Bergé

Source : http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/cars-flixbus-met-en-cause-la-sncf-qui-favoriserait-ouibus-1372734.html

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