Et si on pouvait bientôt payer son ticket de bus par SMS ?

Le Parisien Le Parisien - il y a 6 mois

La start-up française Atsuké propose de payer son ticket de transport par SMS. D.R.

Île de France Mobilités pourrait bientôt lancer une nouvelle expérience de dématérialisation du ticket à l’unité.

Pas de monnaie pour payer son ticket dans le bus ou file d’attente interminable devant le distributeur ? Ce pourrait bien ne plus être un problème. D’ici la fin de l’année, Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, espère tester l’achat de tickets à l’unité par SMS.

Un pas de plus vers la dématérialisation du billet, alors que le conseil d’administration d’IDFM a voté, mi-février, la création d’une carte anonyme ou la fin du passage du ticket dans la borne.

La solution pourrait être celle de la start-up française Atsukè, qui l’a imaginée, à la demande de Zurich, la capitale Suisse. « Nous devions trouver comment éviter aux chauffeurs de bus d’avoir de la monnaie. De plus, des distributeurs de tickets étaient souvent vandalisés », explique Damien Bousson, son fondateur.

Un système déjà testé à Grenoble, Reims et Rouen
Ils pensent alors à utiliser le téléphone portable pour acheter un ticket à l’unité. Et trouve un système simplissime. Reims et Grenoble ont lancé l’expérimentation à la fin de l’année dernière. Rouen, elle, l’a pérennisée depuis un an.

En envoyant « V1 » au 93 000 l’usager rouennais reçoit en réponse par texto, un titre de transport validé et valable une heure. Pas besoin de smartphone dernier cri, ni d’application téléchargée en amont. Le plus rudimentaire des appareils peut utiliser le service. L’argent est prélevé par l’opérateur téléphonique du voyageur sur la facture mensuelle et reversé à l’exploitant du réseau, moyennant une commission.

« Nous étions à la recherche d’une solution pour lutter contre la fraude involontaire, explique Virginie Caubet, directrice du numérique chez Transdev, l’exploitant du réseau de transports de Rouen. Par exemple lorsqu’on ne peut pas acheter un ticket parce que les distributeurs ne fonctionnent pas ou qu’il y a trop de queue. » « Nous voulions aussi proposer une solution simple aux 4 millions de touristes qui visitent Rouen chaque année », ajoute Bruno Tisserand, directeur de la mobilité à la métropole Rouen Normandie.

Le dispositif a d’ailleurs très vite rencontré un franc succès dans la capitale normande. « En dix mois, nous avons vendu 300 000 tickets par SMS. Soit 20 % des tickets 1 voyage, assure Virginie Caubet. Nous avons nous-même été surpris. »

Pour Transdev et la métropole Rouen Normandie, quelques ajustements mineurs peuvent encore améliorer le service : « Aujourd’hui, on ne peut pas faire payer à l’opérateur téléphonique un montant supérieur à 12 €, poursuit la directrice de Transdev. On ne pourra donc pas proposer notre abonnement annuel par SMS. »

En Ile-de-France, cela pourrait remplacer le ticket de dépannage
Elle explique aussi qu’il faut « faire beaucoup de communication, placarder l’info partout tout le temps pour que les voyageurs occasionnels puissent connaître le service de ticket par SMS », poursuit Virginie Caubet. Côté métropole, on espère aussi faire baisser le montant de la commission, qui s’élève à environ 50 000 € par mois payer pour l’heure par la communauté d’agglomération.

En Ile-de-France, l’usage devrait davantage être circonscrit. Au moins dans un premier temps. « Ces technologies pourraient s’avérer utiles pour remplacer le ticket de dépannage vendu par le chauffeur sur des réseaux qui ne disposent pas de vente à bord et pour lesquels installer des automates de vente à quai coûterait trop cher », estime IDFM. Mais dans le métro, à cause du passage du tourniquet qui devra être ouvert par le téléphone, l’utilisation sera plus compliquée.

Jila Varoquier

Source : www.leparisien.fr
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