Grèves : submergé par la demande, Blablacar va proposer des trajets en autocar

Le Monde.fr Le Monde.fr - il y a 7 mois

L’expérimentation commence vendredi 6 avril sur Paris-Lille, puis sera étendue à Paris-Rennes et Paris-Rouen. L’idée pourrait « s’inscrire dans la durée ».

Chez Blablacar, en ce moment, on a du mal à dissimuler[1] une certaine tendresse pour les cheminots, surtout ceux qui font grève. Il faut dire[2] que les premiers chiffres rendus publics par l’entreprise de mobilité montrent que la grève SNCF[3] qui a débuté à l’issue du week-end[4] de Pâques va se révéler[5] une très bonne affaire pour le numéro un mondial du covoiturage longue distance.

Ainsi, mardi 3 avril, le site a enregistré un pic d’offre de sièges multiplié par trois par rapport à un mardi normal. Au total, 184 000 places ont été proposées au cours de la journée, soit l’équivalent de 368 rames de TGV à deux étages – un record.

Quant à la demande, elle a été multipliée par six. L’entreprise ne précise pas combien de voyages ont été réellement effectués par l’intermédiaire de la plate-forme le 3 avril, mais, à en croire[7] Nicolas Brusson, cofondateur et directeur général de la société, « une majorité des trajets proposés par les conducteurs ont trouvé preneur ». Cela représente 90 000 voyages au bas mot.

Sur certaines lignes, c’était même la saturation. « Ces deux derniers jours, une place sur Paris[8]-Lille[9] partait dans l’heure, souligne M. Brusson. Nos taux de remplissage pour cette liaison avoisinaient les 100 % les 3 et 4 avril. » Si bien que Blablacar a décidé, à l’occasion de la grève, de diversifier[10] son offre en proposant des trajets en… autocar sur ces destinations très prisées.

L’expérimentation commence à partir[11] du vendredi 6 avril sur Paris-Lille, dans les deux sens. Elle sera rapidement étendue à Paris-Rennes[12] (lundi 9 avril) et Paris-Rouen[13] (vendredi 13 avril). Les « Blabla-autocars » se contenteront de circuler[14] pendant les pics de demande, c’est-à-dire pendant les jours de grève du calendrier syndical, ainsi que les vendredis et les dimanches.

5 millions de sièges en avril
Les places en car, qui, à Paris, partiront de la porte Dauphine et de la station Asnières-Gennevilliers, seront proposées sur le site Internet et l’application, au même titre[15] que les autres propositions de voyages en auto. Quant aux cars, ils sont fournis et opérés par des petites et moyennes entreprises[16] partenaires du projet[17]. Il n’est pas question, pour l’heure, de repeindre[18] les véhicules aux couleurs de Blablacar.

Cependant, cette discrétion ne durera peut-être pas. Si cette innovation est présentée comme une expérimentation destinée à s’adapter à la situation particulière du conflit social[19], Nicolas Brusson n’exclut pas que « l’idée s’inscrive dans la durée ». « Nous ferons le bilan une fois les grèves passées », poursuit-il.

En attendant, le site travaille d’arrache-pied pour s’efforcer de répondre[21] aux promesses du début de la grève. « Nous serons en mesure de proposer[22] 5 millions de sièges en avril et chacun des mois suivants si la grève dure », se réjouit M. Brusson. La direction assure que ni dans les voitures[23] ni dans les futurs autocars, les prix n’augmenteront pour cause de surdemande.

La grève est aussi l’occasion de développer[24] l’offre de covoiturage domicile-travail[25] (jusqu’à 80 kilomètres), que l’entreprise a lancée au mois de mai 2017, sous le nom de Blablalines. Celle-ci revendique 10 000 nouveaux inscrits à son offre sur moyenne distance pendant les deux premiers jours de la grève et dix fois plus de trajets effectués en covoiturage de proximité mardi 3 avril qu’un jour normal.

« La grève pourrait faire[26] évoluer les comportements et, à terme, décongestionner[27] nos pôles urbains », observe Frédéric Mazzella, président et cofondateur de Blablacar. « Des dizaines de personnes vont avoir[28] l’occasion de découvrir[29] Blablalines, ajoute M. Brusson. Et un grand nombre d’entre elles y restera. Cela me rappelle la grande grève SNCF de 2007. Nous en étions vraiment à nos débuts et, après le premier reportage télé sur notre start-up, les serveurs ont planté. Mais nous avons fidélisé des milliers de voyageurs. »

Éric Béziat

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/04/05/greves-submerge-par-la-demande-blablacar-va-proposer-des-trajets-en-autocar_5281004_3234.html#xtor=AL-32280270

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