Paris-Amiens, la première ligne d’autocars 100 % électrique

La-Croix.com La-Croix.com - il y a 5 mois

La compagnie d’autocars low cost Flixbus lance son premier autocar 100% électrique. / Philippe Riedinger/Le Républicain Lorrain/ MAXPPP

Flixbus doit présenter, mardi 10 avril, l’autocar électrique qui fera des allers-retours entre Amiens et Paris. Il s’agit de la première liaison longue distance en car électrique, selon le directeur général de Flixbus France.

Des électrons sur les routes de Picardie ! La compagnie allemande Flixbus présente ce mardi 10 avril le premier autocar électrique à opérer une liaison longue distance en France… À partir de jeudi 12 avril, le car reliera Amiens (Somme) et Paris La Défense, soit environ 150 km, à raison d’un aller-retour quotidien et de deux les week-ends, jours fériés et pendant les vacances scolaires.

Selon la compagnie, il s’agit même d’une première mondiale. « Des services urbains en autobus électriques existent, y compris en France, dit-on chez Flixbus. Mais l’utilisation d’autocars électriques sur ce type de trajet n’a pas encore été expérimentée. » Le temps de trajet moyen devrait être de 2 h 15 et les horaires ont été établis pour permettre un temps de recharge de 4 heures.

Une autonomie de 200 km

Pourquoi ce choix d’Amiens ? « Avant tout, c’est l’occasion de mettre en place cette ligne qui n’existait pas dans notre offre mais que nous voulions créer, explique Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus France. La distance est idéale car ces cars électriques n’ont qu’une autonomie maximale d’environ 200 kilomètres. »

Le clin d’œil au président de la République est aussi assumé : relier la ville natale d’Emmanuel Macron avec… un car « Macron » électrique – les lignes régulières d’autocars entre villes françaises ayant été rendues possibles par la loi promulguée en août 2015, alors que le chef de l’État était ministre de l’économie.

Trop de batteries : pas de toilettes

Au premier coup d’œil, les néophytes ne devraient pas voir de différence entre les cars classiques et ces véhicules électriques, si ce n’est leur livrée spécifique. Pour le reste, même longueur (une douzaine de mètres) et même capacité (une cinquantaine de passagers).

Le confort sera, promesse de Flixbus, au niveau de la flotte classique avec notamment prises électriques et wi-fi. Avec cependant une différence notable : pour pouvoir loger la douzaine de batteries nécessaire et garder de la place pour les soutes à bagages, il a été impossible de loger des toilettes.

Un plein d’énergie de 15 €

Flixbus ne possède aucun véhicule en propre. Tous les trajets sont proposés avec des partenaires autocaristes, avec lesquels la compagnie allemande passe des contrats de répartition des revenus. En l’occurrence, c’est B.E. Green qui a acheté ces deux autocars et qui les exploitera. L’autocariste possède aussi les relais où les autocars seront chargés.

« Un car électrique coûte environ 30 % plus cher qu’un modèle thermique », précise-t-on chez Flixbus. Soit environ 400 000 €, contre un peu plus de 300 000 €. « En revanche, le plein d’énergie pour le trajet entre Paris et Amiens coûte une quinzaine d’euros contre 75 € pour un véhicule thermique et il y a moins d’usure mécanique », dit Yvan Lefranc-Morin.

La grève dope l’autocar

Les deux autocars de la ligne Paris-Amiens ont été construits par le Chinois Yutong. Selon Flixbus, aucun constructeur européen ne maîtrise encore la technologie nécessaire pour la longue distance.

L’ouverture de la ligne entre Amiens et Paris pourrait bénéficier de la grève à la SNCF, notamment avec le début des vacances scolaires dans la région parisienne. Le week-end dernier, la compagnie a enregistré 80 % de réservations supplémentaires par rapport à une fin de semaine ordinaire.

La guerre des cars

Depuis l’arrivée des premiers cars Macron, leur fréquentation n’a cessé de croître. En 2017, les trois compagnies françaises qui dominent le marché (Isilines et Eurolines, les filiales de Transdev ; Ouibus, celle de la SNCF ; et Flixbus) ont transporté plus de 7 millions de passagers, soit 15 % de plus qu’en 2016. Mais aucune compagnie n’est encore à l’équilibre financier.

Michel Waintrop

Source : https://www.la-croix.com/Economie/France/Paris-Amiens-premiere-ligne-dautocars-100-electrique-2018-04-10-1200930445

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