L'autocar 100% électrique veut tenir la distance

Les Echos Les Echos - il y a 3 mois

L'autocar 100% électrique veut tenir la distance -

La première ligne longue distance opérée par un autocar 100% électrique s'élancera demain d'Amiens, destination Paris. Une première en Europe, initiée par les sociétés FlixBus et Be Green.

Difficile de passer à côté du clin d'oeil. Le premier « car Macron » 100% électrique partira demain matin... d'Amiens, ville natale du président de la République, pour rallier Paris. Un parcours d'un peu plus de 150 kilomètres, effectué en 2h15 à 2h30, entre le campus amiénois et la gare routière de la Défense (92). « Un hasard », s'amuse-t-on chez les sociétés Be Green et Flixbus, à l'origine de l'initiative. Où l'on met davantage en avant autant les bonnes relations avec les élus amiénois que des contraintes techniques.

Le bus amené à opérer cette liaison d'un peu moins de 175 kilomètres (un aller-retour quotidien), fabriqué par le Chinois Yutong, dispose en effet d'une autonomie de 200 à 220 kilomètres. Il se recharge à son terminus (quatre heures pour faire « le plein »). Les performances techniques restent les mêmes que celles d'un véhicule thermique. « Le bruit en moins », précise Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France. Et les toilettes : « L'ensemble de nos 1 500 autocars en Europe en disposent mais là, il a fallu faire cette concession pour installer les batteries, poursuit-il. Les clients le sauront à l'avance et la distance est relativement courte. »

Plus cher à l'achat, rentable à moyen terme

Côté prix, pas de surcoût sur les billets, assure-t-on chez FlixBus. La question méritait d'être posée : « Un autocar comme celui qui va faire le trajet Paris-Amiens coûte environ 380 000 euros avec sa borne de recharge. L'équivalent en thermique, selon les marques, revient entre 240 000 et 300 000 euros », confie Patrick Mignucci, fondateur et président de Be Green. Pour qui, financièrement, le jeu en vaut la chandelle. « On anticipe un peu. Sur une exploitation de six à huit ans, on n'est pas loin de l'équilibre entre autocars électrique et thermique, explique-t-il. Un Paris-Amiens avec un autocar thermique revient à environ 80 euros de carburant. L'électrique, entre 12 et 15 euros. Et il n'échappe à personne que le prix des carburants augmente. L'entretien aussi est beaucoup plus simple et moins coûteux. »

En coulisse, c'est Be Green qui a acheté à un détaillant alsacien l'autocar chinois. Et qui le fournit, comme ses chauffeurs, à FlixBus, qui travaille ainsi avec 70 autocaristes « classiques » en France. Suivant un contrat de partenariat entre les deux sociétés, « Be Green fait rouler les cars, on se charge de les remplir », précise-t-on chez FlixBus.

Pour la plateforme comme pour Be Green (qui exploite trente lignes 100% électriques en France), c'est d'abord l'argument écologique qui a primé dans le choix de l'électrique. « Nous sommes dans une période favorable aux énergies propres », explique Yvan Lefranc-Morin, qui revendique « l'ADN écolo » de FlixBus. Chez Be Green, on met aussi en lumière « la feuille de route politique. L'électrique fait désormais partie des cahiers des charges des appels d'offre. Déjà, en 2013, lorsque nous avons remporté celui des navettes 100% électriques dans le XVe arrondissement de Paris, la solution thermique était éliminatoire. »

« Démontrer la viabilité de l'électrique » sur la longue distance

Reste une question : pourquoi un véhicule chinois ? Pour Patrick Mignucci, l'explication est limpide : « En Chine, le marché intérieur est immense. Des constructeurs comme Yutong fabriquent entre 10 000 et 12 000 véhicules électriques par an, essentiellement des bus. En Europe, la plus grosse unité de production en sort entre 6 000 et 8 000. »

Be Green comme FlixBus espèrent « démontrer que ce type d'énergie est viable » sur distance longue. D'autres lignes 100% électriques pourraient voir le jour du côté de la plateforme, en France comme dans d'autres pays en Europe.

Dans l'immédiat, c'est la venue d'Emmanuel Macron qui est attendue demain pour le lancement de la ligne, chez lui, à Amiens. Une invitation qui n'avait pas obtenu de réponse à l'heure d'écrire ces lignes.

Source : https://www.lesechos.fr/partenaire/enedis-la-transition-connecte/partenaire-1500-lautocar-100-electrique-veut-tenir-la-distance-2168312.php

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