L'hydrogène prêt à décoller à l'aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées

La dépêche La dépêche - il y a 4 mois

La société albigeoise Safra a présenté Businova, son bus à hydrogène unique en France. / Photo DR Engie

À partir de 2019, des véhicules électriques à hydrogène seront déployés sur l’aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées et dans les vallées. Le projet Hyport prévoit un investissement de l’ordre de 15 M€ avec la création d’une production d’hydrogène sur l’aéroport d’ici un an et demi.

Un bus, une voiture et un vélo. A priori plus ordinaire l’un que l’autre. Mais la singularité de ces véhicules stationnés sur le parking de l’aéroport Tarbes-Loudres-Pyrénées (TLP) se situe dans leur motorisation. Tous carburent à l’hydrogène. Une source d’énergie en démonstration en Bigorre mais qui devrait bientôt devenir réalité dans l’environnement proche de la zone aéroportuaire, avec l’atterrissage de la société Hyport qui a pour mission de développer cette énergie verte en Occitanie.

« C’est intéressant d’appréhender cette technologie, de voir que ça fonctionne, note Bernard Plano, président de Pyrénia. Il y a toujours une appréhension autour de l’hydrogène, liée à d’éventuelles explosions. Maintenant, c’est maîtrisé. On souhaite mener l’expérimentation ici, et pourquoi pas développer une industrie derrière. Il faut démontrer que l’hydrogène est une réalité, pas demain mais aujourd’hui. »

En quelques années, le carburant a fait du chemin. « Il y a trois ans, l’hydrogène était une vue de pionniers, de chercheurs. Aujourd’hui, les solutions de mobilité existent », a commenté le directeur d’Engie Cofely, qui apportera son expertise pour concevoir des unités de productions en hydrogène vert 100 % local.

Des sociétés carburent déjà à l'hydrogène

Un plan de route a même été dessiné par la région Occitanie autour des aéroports de Toulouse et de Tarbes[1], moteurs dans le développement de l’hydrogène. Une énergie qui n’est pas étrangère à l’agglomération tarbaise puisqu’Alstom a déjà testé le train à hydrogène déployé en Allemagne et pourrait concentrer son activité hydrogène à Séméac. Des sociétés comme SCT à Bazet consomment, elles, déjà de l’hydrogène gris et pourraient bénéficier d’une énergie verte, vertueuse et décarbonée.

« Quand on voit comment nos voisins de Huesca ont développé l’hydrogène, on aimerait voir des déclinaisons concrètes sur notre territoire » a intimé Gérard Trémège, le président de l’agglo TLP. Dès l’année prochaine, une première flotte de véhicules sera déployée à TLP. Dans le même temps, d’ici un an et demi, une unité de production d’hydrogène va voir le jour. L’appel d’offres a été lancé. Des stations d’appui seront déployées sur le territoire, la première étant prévue à Bagnères.

« Bientôt, les infrastructures seront là. Maintenant, il faudra les clients, à commencer par les collectivités. » D’autres utilisations sont envisageables, notamment au niveau des zones difficilement accessibles. L’hydrogène est, en effet, « le chaînon manquant pour stocker l’énergie ». Il pourrait ainsi alimenter les refuges et autres, avec une énergie naturelle renouvelable, produite localement, grâce à l’électrolyse de l’eau. À l’horizon 2050, la région espère convertir 20 % de son énergie renouvelable en hydrogène vert, soit 4.000 GWh.

ANDY BARREJOT


Source : https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/17/2781984-hydrogene-pret-decoller-aeroport-tarbes-lourdes-pyrenees.html

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