Primagaz vise 30 % de parts de marché sur le GNV

Gaz-Mobilité Gaz-Mobilité - il y a 8 mois

Directeur Business Development de Primagaz, François Brunero explique en particulier le parti pris de l’entreprise d’installer les infrastructures d’avitaillement en GNV, non pas dans des stations dédiées, mais dans celles du réseau Avia, pour la plupart déjà ouvertes au grand public.

Première station autoroutière en France

En juillet 2017, Primagaz[3] devient le premier distributeur à fournir en GNV une station-service implantée sur une autoroute. Elle est située à Limoges (87). « Cette station bénéficie d’un emplacement privilégié, situé sur une autoroute gratuite en milieu urbain, qu’il sera possible d’atteindre pour la plupart des transporteurs en faisant un détour d’à peine 3 kilomètres », commente François Brunero.

Une deuxième station, à Montélimar (26), a ensuite été équipée d’une infrastructure identique. « Celle-ci se trouve sur une rocade d’évitement de la ville. Et là encore, pour ceux qui suivent l’autoroute Marseille-Lyon, le détour à réaliser est peu important, environ 2,5 kilomètres », rebondit-il.

2 nouveaux sites pour l’été 2018

Actuellement, Primagaz[4] s’apprête à distribuer dès l’été prochain du GNV dans 2 autres stations : Lyon Sud (69) et Montauban (82). « Avia[5] est partenaire de Primagaz[6] depuis plus de 30 ans. En nous adossant à lui et à son réseau pétrolier, - le deuxième en France -, nous nous affranchissons de la recherche du foncier. Nos points d’avitaillement sont installés pour la plupart dans des stations déjà existantes. Ce qui n’empêche pas les créations, comme celle de Montauban, plus exactement localisée à Montbartier, proche du croisement des autoroutes A20 et A62, dans une zone logistique en cours de constitution. La station qui en est train de sortir d’un champ proposera différents services aux transporteurs, dont la possibilité de lavage des camions », détaille François Brunero.

20 sur 60 stations en 2020

« Selon notre estimation du marché, il faudra, à horizon 2020, 60 stations GNV[7] à destination des poids-lourds. Notre ambition est que 20 d’entre elles soient des stations Primagaz[8], ce qui représenterait environ 30% de l’ensemble », chiffre François Brunero. Ce pourcentage de 30% n’est pas lancé par hasard par notre interlocuteur. Il fait sens dans l’histoire de l’entreprise.

« Comme acteur au sein de la transition énergétique, Primagaz[9] délaisse progressivement l’énergie fossile pour aller vers l’énergie décarbonnée. Dans ce cadre, Primagaz[10] s’intéresse au gaz naturel depuis 2011, sous la forme de GNL porté à une vingtaine d’industriels qui l’exploitent en remplacement du fioul lourd. Notre part de marché sur cette activité est d’environ 30% », commence à expliquer notre interlocuteur. « Primagaz[11] est sur le marché du GPL depuis 1979, et alimente aujourd’hui 500 stations de distributions publiques, soit également 30% en nombre de stations mais aussi en volumétrie de GPL délivré. Le GNV est au croisement de ces 2 sources, c’est-à-dire du GNL porté et du GPL. C’est ce qui motive notre ambition de peser également 30% sur le marché du GNV », plaide-t-il.

Expertise et savoir-faire

« De son implication dans le GNL porté, Primagaz[12] tire une expertise et un savoir-faire exploitables pour le GNV. Les outils logistiques et de surveillance, par exemple, sont transposables au gaz naturel pour la mobilité. Le fait d’avoir été également pionnière dans le GPL donne à l’entreprise une forme de légitimité pour se placer sur le marché du GNV », démontre François Brunero.

« Primagaz[13] s’intéresse à la fois aux acteurs locaux comme les collectivités et les transporteurs implantés sur un territoire, mais aussi au trafic de passage. Voilà pourquoi les stations que nous équipons de distributeurs de GNV, - GNL approprié aux poids lourds mais aussi GNC accessible aux utilitaires légers et aux voitures particulières -, sont à la fois dans des zones à fort trafic local, notamment à proximité de plateformes logistiques, mais aussi proches de grands axes à fort trafic de passage », explique notre interlocuteur.

Proximité

« Il est demandé aux transporteurs de faire des efforts concernant l’impact de leur activité sur l’environnement. Primagaz[14] cherche à leur faciliter l’accès au GNV à plusieurs niveaux. Tout d’abord en équipant de distributeurs des stations au plus proche de tous les utilisateurs potentiels, dont le grand public. En choisissant des stations-service classiques, le développement du GNV est visible. Facilité d’accès aussi en matière de monétique. Nos distributeurs fonctionnent avec les cartes bancaires, mais aussi les cartes utilisées par les transporteurs pour le gazole, comme la carte Avia[15], ou la carte DKV. Ainsi, un transporteur portugais ou polonais peut faire le plein de son camion dans notre réseau. Nous essayons avec le GNV de nous rapprocher le plus possible des modes traditionnels de distribution des carburants. Ce faisant, nous contribuons à diminuer les risques que peuvent supporter les transporteurs en faisant évoluer leurs flottes vers les camions au GNV », détaille François Brunero.

Stations privatives et AAP de l’Ademe

« Si un très gros transporteur souhaite une station privative, pourquoi pas ? Nous restons bien sûr à l’écoute du marché, mais nous préférons entendre ces entreprises formuler leurs besoins dans un maillage étendu qui pourra leur permettre de faire le plein de GNV lors des trajets à longue distance », admet notre interlocuteur.

« La démarche de l’Ademe à travers des appels à projets pour le développement du GNV en France est louable et a été pertinente et nécessaire. Primagaz[16] a tourné la page sur le sujet et n’a pas cherché à répondre aux AAP, souhaitant avancer commercialement dans un modèle autofinancé et autosuffisant », justifie François Brunero.

BioGPL

Fin mars 2018, Primagaz[17] a diffusé un dossier de presse sur le bioGPL. Ce nouveau gaz vient d’être enregistré dans la base carbone de l’Ademe. Dans le document, il est indiqué que les émissions de CO2 sont réduites de « 78% par rapport aux énergies fossiles de référence ». Son impact de 60 grammes de CO2 eq par kWh se répartit en : « 36 grammes pour l’approvisionnement en biomasse, 22 pour la fabrication, 0,5 pour le transport maritime, 1,5 pour la distribution, et 0 à la combustion ».

Si le bioGNV[18] et le bioGPL exploitent les déchets, le premier fait partie de la famille du méthane, alors que le second est de celle du propane. Le bioGPL est obtenu par hydrotraitement (HVO) de matières premières issues de la biomasse : « 68% du recyclage de déchets industriels (huiles de cuisson, graisses animales) et 32% d’huiles végétales (palme, colza) issues de filières certifiées respectueuses du développement durable ».

Une proposition

Le dossier de presse précise que le bioGPL est un carburant « plus propre et classé Crit’Air1 » qui « bénéficie d’une combustion ne produisant pas de particules fines et limitant les émissions de NOx ». Sans aucune incidence à l’exploitation sur les systèmes d’alimentation des véhicules, les réseaux de distribution ou les infrastructures déjà en place, ce nouveau gaz est donc entièrement compatible avec les véhicules GPL existants. Le document assure que « le biopropane poursuit cette trajectoire de réduction des émissions de CO2. Il devient ainsi l’une des solutions permettant à la France d’atteindre ses objectifs en matière de mobilité durable ».

Dans un premier temps, Primagaz[19] compte incorporer dès cette année 8% de biopropane dans son réseau de GPL. « Avec le bioGPL, Primagaz[20] formule une proposition à l’intention des constructeurs et des pouvoirs publics. On espère qu’elle va susciter leur intérêt », commente François Brunero. « Pour une suite éventuelle, c’est le marché qui le dira », conclut-il.

Philippe SCHWOERER

Source : http://www.gaz-mobilite.fr/actus/primagaz-ambitionne-peser-30-pourcent-gnv-1929.html

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