Passagers de Ouibus à Saint-Lô : « Pas vraiment le choix »

Ouest France.fr Ouest France.fr - il y a 3 mois

Pour le moment, Ouibus n’assure que trois allers-retours Paris-Granville par semaine, mais envisage de passer à deux allers-retours par jour pendant la haute saison. | Ouest-France

Depuis avril 2018, la ligne de bus de la SNCF qui relie Granville à Paris fait des adeptes à Saint-Lô (Manche). Des passagers le plus souvent contraints de changer leurs plans à cause des grèves de trains.

Pour Michèle, 65 ans, c’est une première. Après une semaine de vacances à Coutances chez sa sœur, l’heure est venue de regagner la capitale. Un trajet de six heures en Ouibus.

La compagnie d’autocars, propriété de la SNCF, a ouvert il y a un mois une nouvelle ligne entre Paris et Granville, avec deux arrêts à Caen et Saint-Lô. « Je devais prendre le train mais même si c’est plus long, mon porte-monnaie s’y retrouve : 23 € l’aller-retour contre une centaine d’euros en train », confie cette retraitée.

Une quinzaine de passagers
Le mot « grève » n’est pas encore lâché que Michèle détaille dans le menu ses déboires avec la compagnie de chemin de fer. « À chaque fois, j’ai eu un problème : un train en panne, un cheval sur les rails, un suicide… » Train ou bus, la guigne ne semble pas la lâcher de sitôt. « À l’aller, on a dû changer de car, à Caen, parce que le premier Ouibus était en panne. J’espère que cette fois ça ira… »

À l’intérieur du bus bleu et rose parqué devant la gare saint-loise, Olivier, 53 ans, attend le départ. « J’ai déjà voyagé en Ouibus vers d’autres destinations. C’est super, beaucoup moins cher que le train. » Six heures de trajet entre Saint-Lô et Paris, pas trop long ? « Ce qui est embêtant, c’est la pause d’une heure à Caen », admet l’habitué. « Pause réglementaire », précise Alexandre, conducteur d’autocar chez Ouibus depuis un an et demi.

À quelques minutes du départ, sur la cinquantaine de places disponibles dans le bus, une quinzaine seulement est occupée. « C’est normal, c’est nouveau, assure le chauffeur. Dans tous les cas, on fera le plein de voyageurs à Caen. »

« Avec les grèves, je me suis rabattu sur Ouibus », l’argument tourne à plein régime. « J’habite dans les Yvelines, raconte Mélanie. Je n’ai pas vraiment le choix, après ce week-end chez ma grand-mère, il faut bien retourner travailler. J’ai étudié toutes les solutions : train, location de voiture, bus… À 19,80 € le trajet Saint-Lô-Paris pour deux personnes, c’est imbattable. »

Pour le moment, Ouibus n’assure que trois allers-retours Paris-Granville par semaine : vendredi, samedi et dimanche. La compagnie envisage de passer à deux allers-retours par jour pendant la haute saison, si la demande suit.

Dimanche, en raison du mouvement de grève à la SNCF, le trafic des trains a été très perturbé sur les lignes normandes, avec deux trains TER sur cinq, deux Intercités sur cinq et aucun TGV.

Sur son site Internet, Ouibus assure : « Pendant les grèves, nous prenons la relève. »

Mathieu CHARRIER

Source : www.ouest-france.fr

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