Qualité de l'air, data et interopérabilité : trois enjeux de la mobilité

Les Echos Les Echos - il y a 3 mois

Air Quality Index - Agence européenne de l\'environnement

Les villes font face à des défis majeurs : la réduction de la pollution atmosphérique, la collecte et l'utilisation de données, et la complémentarité de services tant privés que publics.

1. L'air, une exigence de santé publique

En France, la pollution aux particules fines est responsable de 48.000 morts chaque année et d'une perte d'espérance de vie de plusieurs mois pour les Parisiens, rappelle l'Agence parisienne du climat. Au niveau mondial, ce sont 7 millions de personnes qui meurent chaque année prématurément des effets de la pollution de l'air, selon le bilan publié le 2 mai 2018 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Aussi, afin d'alerter les populations en cas de dépassement des seuils et de faciliter la comparaison entre les différents pays de l'Union, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a mis en ligne une carte interactive permettant de visualiser l'indice de qualité de l'air sur le continent, et ce, en compilant les mesures de plus de 2.000 stations européennes presque en temps réel !

2. Les data doivent irriguer nos décisions

La transformation numérique des territoires, avec la multitude de services - existants ou à créer - que cela suppose, passe par la captation et l'analyse de données. Fournies par la communauté concernée, les citoyens ou les entreprises, ces informations permettent d'alerter (et de proposer des solutions alternatives) en cas de problème dans les transports, sur les routes ou sur les réseaux (électricité, eau), et autorisent la création de services collaboratifs mis à jour en temps réel (cartes, pollution, trafic, loisirs...).

La collecte d'informations peut aussi faciliter la prise de décision des acteurs locaux en ce qui concerne l'éclairage public, la vidéosurveillance, le stationnement, les péages, la gestion des déchets... A condition que ceux-ci aient une bonne vision des enjeux et des usages. (Lire également l'exemple de la ville de Séoul)

3. L'interopérabilité entre services doit s'imposer

Toute ville dite « intelligente » qui veut mettre en place de nouveaux services connectés sous-entend qu'elle dispose d'infrastructures adaptées, au minimum au niveau d'un quartier. Mais là où les choses se corsent, c'est quand il s'agit de déployer ces services à plus grande échelle auprès d'une population variée. Faire fonctionner conjointement différentes solutions technologiques adoptées se révèle souvent impossible.

Aucun standard n'existe et les entreprises prestataires sont loin de vouloir proposer des systèmes interopérables, ouverts aux liens de communication entre eux et conservant un bon niveau de sécurité. Ceci aiderait pourtant les villes à réduire leurs coûts en mutualisant leurs développements informatiques. Reste que cet enchevêtrement de technologies pourrait rapidement trouver ses limites...

Catherine Moal

Source : https://www.lesechos.fr/thema/0301684585762-qualite-de-lair-data-et-interoperabilite-trois-enjeux-de-la-mobilite-2177564.php

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