L’Ile-de-France travaille sur l’information voyageurs du futur

Le Parisien Le Parisien - il y a 4 mois

L'ensemble du tunnel du RER C (18 km, le plus long du réseau férré national) est désormais entièrement connecté en 3G et 4G. Ici sur les quais de la station Musée d'Orsay. LP/G.P.

Des infos fiables, en temps réel, et qui prennent en compte tous les modes de déplacements, publics ou privés. C’est l’ambition d’Ile de France Mobilités, qui pilote deux projets distincts.

Quand on dépend des transports en commun pour se déplacer, la première exigence, c’est d’avoir des trains à l’heure.

Mais en cas de problème, une «information voyageurs » fiable, réactive et pertinente est tout autant attendue par les voyageurs.

Il faut bien reconnaître que sur ce plan-là aussi, on est encore loin d’une situation optimale. Ce n’est pas pour rien que la SNCF a fait de l’année 2018 celle de «la priorité à l’information voyageurs ». Aujourd’hui, des acteurs étrangers comme Citymapper ou Moovit sont présents dans de plus en plus de téléphones et souvent privilégiés au détriment des applis officielles de la SNCF ou de la RATP.

Or, comme l’a rappelé Stéphane Beaudet, vice-président chargé des transports à la région, lors d’une table ronde sur le sujet au salon «Transports Publics 2018 », «l’information voyageurs est aujourd’hui une condition sine qua non d’un bon service public de transport ».

C’est pourquoi l’autorité organisatrice, Ile de France Mobililtés, mène de front deux projets distincts ayant pour but commun «d’optimiser et de faciliter les déplacements quotidiens des Franciliens ». En fournissant des infos en temps réel, intégrant tous les modes de transport, publics, privés, collectifs ou individuels, mais également capable de faire des prédictions sur l’état du trafic dans l’heure qui vient.

Le projet Mobilité intégrée en Ile-de-Frnce (M2I).
Copiloté par la société Transdev, ce projet a pour but, même s’il est focalisé sur la route et en particulier les bus, de créer une application proposant des itinéraires rassemblant absolument toutes les offres de mobilité, des bus aux RER, en passant par les VTC, les vélos en libre-service ou les services de covoiturage. Comme les informations délivrées seront en temps réel, il faut s’attendre à des surprises. Ainsi, si sur un trajet donné, le moyen le plus rapide est, en théorie, le RER, ce ne sera pas forcément le cas au moment où vous faites votre recherche, en cas de perturbation par exemple.

Cette interface pourrait à terme vous fournir des infos sur le confort : bus bondé ou pas, places assises restantes... «Si par exemple vous attendez le bus et que celui qui arrive est plein à craquer, l’appli pourra vous dire si le suivant, trois minutes plus tard, est vide », détaille Richard Dujardin, directeur général France de Transdev.

Le projet M2I ambitionne également d’aider les opérateurs à réguler le trafic : grâce à un outil prédictif rassemblant des données des bus et des voitures connectées, elle permettra de mieux adapter l’offre des bus, la gestion des carrefours et de fournir des informations beaucoup plus précises sur les temps de parcours de bus.

La dernière branche de ce projet consiste à passer à la moulinette des millions de données «compilant l’ensemble des déplacements et temps de parcours sur tous les modes de transport » afin de connaître en détail les usages réels des mobilités, et d’adapter le cas échéant les politiques mises en oeuvre sur tel ou tel territoire.

Le projet Information Voyageurs Augmentée
Cette initiative est menée, entre autres, avec la SNCF et s’intéresse essentiellement aux RER, aux Transilien, aux gares et surtout à ses usagers.

Il faut d’abord bien les connaître, ainsi que leurs habitudes, en situation normale ou perturbée. Ou se positionnent-ils sur les quais ? Avec combien de temps d’avance (ou pas) arrivent-ils ? Prennent-ils les bus de substitution lorsque le trafic est interrompu ? A cela sont combinées des informations plus globales, sur les flux des voyageurs pour repérer les points de congestion, là où se concentrent les besoins...

L’idée est, d’une part, d’adapter au mieux l’offre de transport en regard de la demande réelle. Mais aussi de proposer à l’utilisateur plusieurs possibilités d’itinéraires en se basant sur une intelligence artificielle qui adaptera ses propositions en fonction des habitudes et du comportement de son utilisateur, que cette IA « apprend » petit à petit à connaître.

Grégory Plesse

Source : www.leparisien.fr


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