Hydrogène : le Bordelais HDF fait plus fort que Tesla avec un projet à 90 millions

SudOuest.fr SudOuest.fr - il y a 2 mois

La livraison de la future Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG) est prévue pour l'automne 2020HDF ENERGY

Hydrogène de France (HDF Energy) s’apprête à lancer la première centrale solaire couplée à une unité de stockage à l’hydrogène en Guyane. Un investissement de 90 millions d’euros. Sa capacité sera plus importante que la batterie géante de Tesla en Australie.

"Hydrogène de France fait plus fort que Tesla", s’enorgueillit Damien Havard, président de HDF Energy[1], dont le siège social est à Lormont, près de Bordeaux.

Il prépare une première mondiale : la construction de la plus grande centrale à base d’énergie 100% renouvelable, qui doit fournir une électricité stable jour et nuit pour plus de 10 000 foyers en Guyane à un prix compétitif. Et ce, sans subvention.

Un investissement de 90 millions d’euros, porté par HDF Energy, des investisseurs partenaires privés et des banques.

Une nouvelle ère pour l’hydrogène

Avec la future Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG), dont la livraison est prévue pour l’automne 2020, HDF Energy ouvre une nouvelle ère énergétique. Cette centrale solaire d’une capacité de 55 MW en pointe, sera capable d’effacer les problèmes d’intermittence dans la production d’énergie grâce à une unité de stockage de 140 MWh. Soit plus que la batterie géante construite par Tesla en Australie (129 MWh).

À noter, que cette unité de stockage à base d’hydrogène sera "couplée à un étage de batteries lithium-ion pour augmenter la disponibilité de l’énergie. "Propre", la centrale ne consommera que de l’eau et du soleil, ne rejetant que de l’oxygène et de la vapeur d’eau.

Une centaine d’emplois créés

Le projet démontre que la Guyane peut tendre vers l’autonomie énergétique, qui est réellement atteignable avec l’implantation de centrales de ce type. Il prouve également que la transition énergétique peut être vectrice d’emplois pérennes dans le cadre d’une activité économique saine. " Nous serons ravis d’accueillir cette première mondiale qui confèrera également une visibilité internationale à la Guyane", se réjouit Rodolphe Alexandre, le président de la collectivité territoriale de Guyane.

Le démarrage du chantier est prévu à l’été 2019. La centrale créera une centaine d’emplois pendant sa construction et une trentaine d’emplois permanents sur les 20 ans d’exploitation prévus.

Aujourd’hui, la capacité du parc électrique guyanais est de 286 MW pour une production moyenne de 910 GWh. Avec 10 MW en  heures de pointe (50 GWh par an) d’énergie verte, ce projet assure à lui seul la moitié de l’objectif assigné à l’ouest guyanais de développer 20 MW en énergie propre

Bientôt une usine de piles à combustible près de Bordeaux ?

Créée en décembre 2012, la société bordelaise HDF Energy, qui compte 15 salariés, est en phase de franchir la difficile marché de l’industrialisation sur le marché prometteur de l’hydrogène. Elle construit son usine de piles à combustible près de Bordeaux[2]. Elle devrait être opérationnelle en 2019.

Avec ces projets, HDF Energy pourrait devenir le premier producteur mondial d’électricité stable à partir d’énergies intermittentes. Pionnière, la société prépare depuis 2018 en Martinique une première mondiale avec son partenaire dans les Caraïbes-Guyane, la société SARA (Société Anonyme de Raffinerie des Antilles) : la mise en service d’une pile à combustible de forte puissance (1 MW), valorisant l’hydrogène coproduit de la raffinerie de SARA en le transformant en électricité. mise en route d’ici la fin de l’année.

200 millions d’euros de chiffre d’affaires dans 5 ans ?

Le fait d’avoir résolu, avec sa technologie, le problème de l’intermittence pour produire de l’électricité avec les énergies renouvelables ouvre d’immenses marchés à HDF Energy. "Nous travaillons sur 20 projets dans une dizaine de pays, dans les Caraïbes, en Asie, en Amérique du sud", dévoile Damien Havard.

Pour l’heure, son chiffre d’affaires n’est que de 2 millions d’euros, "mais nous avons aussi 2 millions d’euros de fonds propres et sommes déjà à l’équilibre", précise-t-il. Surtout la société bordelaise a de belles perspectives. "Un projet moyen, c’est 50 millions d’euros. Nous visons donc 200 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 5 ans", annonce Damien Havard.

Ce qui va l’amener à recruter, des ingénieurs, essentiellement. D’ici un an et demi ses effectifs devraient passer à 50 salariés.

Nicolas César

Source : https://www.sudouest.fr/2018/06/18/hydrogene-le-bordelais-hdf-fait-plus-fort-que-tesla-avec-un-projet-a-90-millions-5156052-705.php

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