L'Île-de-France prépare les transports du futur

La tribune La tribune - il y a 20 jours

Le report de l'achèvement du Grand Paris Express est une déception (Crédits : DR)

Valérie Pécresse vise à l'échéance 2030 l'interdiction du diesel, la création d'infrastructures routières connectées et la production massive d'énergies renouvelables...

Brexit qui fait revenir les investisseurs européens et asiatiques, Jeux olympiques et paralympiques de 2024 qui braquent les projecteurs sur la région, Grand Paris Express, symbole de la mobilité intelligente et décarbonée, qui devrait arriver à destination d'ici à 2030... L'Île-de-France a tous les voyants au vert. Première région de France, voire d'Europe, en termes de population et de richesse, elle revient de loin.

Après dix-huit ans d'écolo-socialisme, Jean-Paul Huchon a remis les clés des hôtels particuliers du viie arrondissement de Paris à Valérie Pécresse en décembre 2015. Depuis, la Région est en plein chambardement : déménagement en Seine-Saint-Denis, plans d'économies, projets d'investissements, la région capitale multiplie les initiatives.

Le schéma directeur de l'Île-de-France (SDRIF) pour 2030 a été adopté en octobre 2013 par la majorité précédente. L'opposition de droite a voté contre, considérant que « le SDRIF repose sur un malentendu ». « Toute l'architecture du projet - logements, emplois - se fonde sur le déploiement rapide du Grand Paris Express, or tout porte à croire qu'il sera au mieux retardé, ou pire pas réalisé dans sa globalité », critique alors Valérie Pécresse.

10 objectifs précis

Le SDRIF « a pour objectif de maîtriser la croissance urbaine et démographique et l'utilisation de l'espace tout en garantissant le rayonnement international de la région ». Il « précise les moyens à mettre en oeuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques, coordonner l'offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d'assurer les conditions d'un développement durable ». Il recense dix objectifs précis : résoudre la crise du logement, refonder le dynamisme économique francilien, rééquilibrer l'Île-de-France, encourager l'intensification, préserver les espaces ouverts et les paysages, garantir un système de transport porteur d'attractivité, gérer durablement les ressources naturelles, optimiser le fonctionnement logistique métropolitain, limiter les risques et nuisances, et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sachant que la Région a l'obligation légale de présenter des résultats probants le 27 juin 2019 au plus tard, Valérie Pécresse a présenté, ces six derniers mois, de nombreuses mesures allant en ce sens.

Au chapitre logement, la compétence revenant à la Métropole du Grand Paris, la présidente (LR) du conseil régional se bat pour la suppression de cette intercommunalité. Elle espère en récupérer les 60 millions d'euros de budget afin de créer un fonds régional d'aide aux maires bâtisseurs. « Ces logements ont des charges : les crèches, les écoles, les équipements publics. Il faut qu'on aide les communes à les financer », a-t-elle l'habitude de répéter.

Au volet transport, Valérie Pécresse a toujours défendu la réalisation en intégralité du Grand Paris Express. Le gouvernement a depuis confirmé la livraison des lignes 16, 17 et 18, mais en reportant l'achèvement à l'horizon 2030 au plus tard. « C'est une déception, confiait-elle à La Tribune avant l'été. Nous avons quelque chose de magique à construire en Île-de-France. Il n'y a pas d'obstacle technique, juste un problème de comptabilité. Pour un projet porteur d'autant de promesses, ce n'est pas possible. » Alors, sans attendre cette échéance tardive, la présidente de Région, avec la Ville de Paris et la Métropole, a lancé une consultation internationale sur le devenir des autoroutes, du périphérique et des voies rapides du Grand Paris à horizon 2030. Outre les 100 millions d'euros qu'elle a débloqués pour le déploiement des véhicules autonomes, elle rêve d'infrastructures numérisées où roulent des voitures propres et connectées. De même, elle veut bannir le diesel dans Paris et la zone dense d'ici à 2025, avant d'étendre cette interdiction à l'ensemble de l'Île-de-France d'ici à 2030.

Toujours dans cette logique de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de tendre vers une région zéro carbone, Valérie Pécresse a récemment présenté une stratégie énergie-climat. Promouvoir la sobriété énergétique, développer les énergies renouvelables, déployer de la mobilité propre, développer l'efficacité énergétique, encourager l'innovation sur les technologies d'avenir et structurer les filières relatives aux métiers de la transition énergétique sont autant d'axes de cette feuille de route climatique. L'Île-de-France rêve ainsi d'atteindre en 2030 25 % d'énergies renouvelables produites sur place, contre 8 % aujourd'hui.

César Armand

Source : https://www.latribune.fr/regions/ile-de-france/l-ile-de-france-prepare-les-transports-du-futur-792136.html

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