Bus électriques. La Métropole se lance

Le Telegramme Le Telegramme - il y a 23 jours

Le premier bus électrique testé par Brest Métropole l’a été, en décembre dernier, à Plouzané. (Photo d’archives Le Télégramme)

Brest Métropole va commencer par acquérir deux bus électriques. L’appel d’offres va être lancé ce jeudi pour une mise en service espérée à la fin de 2019.

Ce sera deux bus pour commencer ! La Métropole continue d’explorer l’univers du transport électrique et avance prudemment avant d’investir massivement. L’enjeu est de taille et mieux vaut choisir des modèles et des technologies adaptées aux besoins et aux particularités du réseau brestois. Alors que les collectivités seront sommées, dès 2020, de remplacer 50 % de leurs bus par des modèles électriques, l’heure des choix est arrivée. Quelle taille, quelle autonomie et, surtout, quel mode de rechargement ? « Nous allons procéder à l’achat de deux premiers bus qui répondront chacun à une technique de rechargement différente », décrypte Yohann Nédélec, vice-président en charge des transports à Brest Métropole.

Un premier qui rechargera ses batteries la nuit au dépôt, un second qui disposera de bornes de rechargement aux deux extrémités de la ligne. Cette deuxième formule permet d’utiliser des batteries moins imposantes, supprime les limitations d’autonomie mais représente un surcoût certain par le biais des technologies utilisées et du dispositif de recharge à mettre en place sur le parcours.

Essai globalement concluant

Pour affiner son choix, la Métropole a bénéficié d’un essai de quatre semaines d’un bus électrique développé par Bolloré (Bluebus). Un bus standard à recharge au dépôt. Deux semaines sur la ligne 13 puis deux autres sur la 4, les deux lignes les plus exigeantes du réseau, celles qui offrent le plus de côtes et de dénivelés en tous genres. Les responsables des transports ont vérifié l’autonomie et les capacités réelles du modèle essayé. À part un problème de paramétrage de batterie au début de l’expérience, le bus électrique a montré qu’il pouvait avantageusement suppléer les bus conventionnels, avec une autonomie cependant moins importante. Alors qu’un bus classique avale sans broncher ses 300 à 350 km par jour, la capacité du bus testé a plafonné entre 220 et 250 km. « On peut imaginer augmenter le stockage d’énergie, mais c’est du poids en plus », précise Victor Antonio, directeur des déplacements à la Métropole. « C’est un des grands enjeux des bus électriques aujourd’hui qui ne doivent pas excéder les 20 t passagers compris avec jusqu’à 2,5 t de batteries ». « Nous explorons également la piste de l’hydrogène avec des systèmes actuellement en pleine évolution », complète Yohann Nédélec.

Deux fois le prix d’un conventionnel

Reste à viser juste également au niveau du budget. Un bus électrique coûte, en moyenne, deux fois plus qu’un bus conventionnel. La collectivité vise des modèles autour de 600 000 euros pièce et sans doute un peu plus pour le modèle à recharge aux terminus. Moins d’une dizaine de constructeurs dont six ou sept européens pourraient répondre à ce premier appel d’offres.

On estime que le coût de possession s’équilibre au bout de 15 ans d’exploitation, entre un bus à moteur thermique et un modèle électrique (changement des batteries compris au bout de sept ans et demi de fonctionnement).

Reste également à affiner la question des plus gros engins, les bus articulés qui nécessitent de grandes capacités de stockage d’énergie pour boucler leur programme quotidien. L’expérience menée à Rennes, toujours par Bolloré, est regardée de très près à Brest, pour une flotte composée à 50 % de bus articulés.

Source : https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/bus-electriques-la-metropole-se-lance-23-10-2018-12115170.php

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