Covoiturage : BlaBlaCar débarque sur le site OUI.sncf

Le Parisien Le Parisien - il y a 9 mois

Nicolas Brusson, cofondateur et PDG de BlaBlaCar. Mahema Productions

Nicolas Brusson, cofondateur et PDG de BlaBlaCar détaille sa stratégie après le rachat de la filiale d’autocars de la SNCF. Et fait une croix sur la rentabilité atteinte pour la première fois cette année

Challenges. Pourquoi avoir repris Ouibus à la SNCF ?
Nicolas Brusson. Nous avions commencé à tester le bus en Russie et au Brésil, puis pendant les grèves du printemps dernier en France. Nous avons alors été surpris de voir que les bus ne vidaient pas du tout les voitures, au contraire, le taux de remplissage augmentait. En réalité, nos clients sont agnostiques et recherchent la solution la plus intéressante pour se déplacer. Nous pensons ainsi que le bus peut être pertinent pour connecter les grandes villes quand le covoiturage offre plus de proximité avec près de 30.000 points de rendez-vous.

Comment comptez-vous rentabiliser Ouibus ?
Ouibus est finalement comme une start-up qui a dû investir beaucoup d'argent pour démarrer son activité. Il est normal d'attendre, comme pour BlaBlaCar, plusieurs années avant d'être rentable. Mais nous pensons que l'activité a un avenir. C'est un marché encore immature mais en forte croissance. Notre ambition est d'étendre Ouibus à l'international puisque nous pensons qu'il s'agit d'une des grandes forces de l'autocar longue distance.

BlaBlaCar sera pour la première fois rentable en 2018. Cela va-t-il durer ?
Compte tenu de l’investissement dans Ouibus, nous ne serons pas rentables l’an prochain. Mais c’est un choix! Notre objectif est de montrer que ce business est viable avant d’être profitable. Nous voulons le développer et pour cela nous avons la chance d’avoir des investisseurs qui ont une vision de long terme et ont accepté de repartir avec nous dans cette aventure.

Pourquoi continuer à entretenir le flou sur votre chiffre d’affaires ?
Ça n’intéresse pas nos clients et nous voulons travailler tranquillement sans être obligés de rendre des comptes tous les trimestres. En revanche, nous avons communiqué cette année sur la rentabilité et notre communauté de 65 millions de membres dans 22 pays, dont 15 en France, afin de rassurer l’écosystème alors que nous avions traversé une période de turbulences.

Que s’est-il passé en 2017 ?
Nous avons pris la décision difficile de fermer des bureaux et d’arrêter les investissements dans certains pays qui devenaient trop coûteux. Nous avons recentré nos équipes sur l’expérience client et le produit plutôt que l’international. Avec mes associés Frédéric Mazzella et Francis Nappez, nous avons aussi décidé de me nommer PDG.

Où en est votre service de court voiturage ?
Pour le moment, les passagers voyagent gratuitement et nous payons le conducteur. C’est du chiffre d’affaires négatif! Il n’y a pas encore de modèle économique. Nous pensons qu’il faut qu’il y ait des subventions publiques pour les conducteurs. L’Etat ne se rend pas compte mais la voiture est vitale pour une majorité de Français. C’est tout le sujet des « gilets jaunes » en ce moment.

Quel est votre rêve de croissance ?
Que la croissance ne s’arrête pas!

Laure-Emmanuelle HUSSON

Source : https://www.challenges.fr/club-entrepreneurs/blablacar-ambitionne-d-etendre-ouibus-a-l-international_631416

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