Une start-up de Metz se lance dans l’exploration de gisements d’hélium et d’hydrogène

L'Est Républicain L'Est Républicain - il y a 1 mois

Nicolas Pelissier a quitté le groupe Total et l’exploration pétrolifère pour lancer son entreprise avec quatre associés. Photo C.C.

Une start-up de Metz se lance dans l’exploration de gisements d’hélium et d’hydrogène. L’exploitation de cette ressource dans le Grand-Est et en France est promise à un bel avenir en terme industriel et de transition énergétique.

La start-up 45-8 Energy basée à Metz est née en septembre 2017, d’une anecdote. « En 2012, j’ai appris que le Disneyland de Tokyo stoppait la vente de ballons par pénurie d’hélium », explique Nicolas Pelissier, président fondateur. Cadre chez Total, cet ingénieur en géologie et géoscience du pétrole remarque que ce gaz n’est pas synthétisé par l’industrie. Il n’y a que 30 sites de production dans le monde dont 22 aux États-Unis et un seul en Europe. « Ce gaz est coproduit dans les gisements de gaz naturel, mais cela ne représente que 1 % des volumes », explique Nicolas Pelissier. Or, avec ses associés, deux autres ingénieurs en géosciences, une avocate et une analyste financière, il a découvert qu’il existe des gisements natifs d’hélium et d’hydrogène en France et en Europe, potentiellement plus productifs.

Une technologie d’exploration était à inventer
Il suffit donc d’explorer le sous-sol. Le seul problème, c’est que cette expertise de prospection n’existe pas. C’est ce qui explique en partie l’implantation de 45-8 Energy dans le Grand Est. « On a ici le plus gros pôle européen en géoscience à Nancy, l’institut Lafayette à Metz et Georgia Tech Lorraine avec une culture du sous-sol entre les mines de charbon, de sel ou le granit des Vosges », décline le fondateur. Il a donc très vite intégré l’incubateur Synergie Lorraine. Grâce à l’ensemble de ces moyens, en moins d’un an, ils ont développé des technologies d’exploration. En particulier, il fallait inventer une sorte de capteur pour mesurer ces émissions de gaz sur le long terme.

Et ça marche. La start-up espère lancer son premier projet pilote à la mi-2020. « On ne vend pas du rêve. Les permis seront déposés courant de l’été. » Cela pourrait être en Grand Est, peut-être le sud Lorraine. Nicolas Pelissier reste vague car les concessions d’exploitation ne sont pas encore déposées. Ils sont à peu près cinq dans le monde à travailler sur le sujet, mais la concurrence risque d’être féroce. Ce serait sur un site où le gaz fuit naturellement. « Il pourrait rapporter entre 250 et 500.000 € par an, avec zéro impact environnemental ! » A l’horizon 2022, l’exploitation de gisements en profondeur pourrait débuter. Là, on parle de chiffres d’affaires de 10 à 15 millions d’euros par an. « La technologie est à peu près la même que pour le pétrole, mais avec moins d’impact que la géothermie. Il n’y a pas de fracture hydraulique, et cela ressemblerait à un hangar agricole », prédit Nicolas Pelissier. Car l’un des credo de l’entreprise est aussi l’engagement dans la transition énergétique.

Si le modèle économique est basé sur la vente de l’hélium, l’hydrogène sera également exploité. Soit en production d’électricité ou directement dans le gaz de ville, jusqu’à hauteur de 6 %.

Cédric CITRAIN

Source : https://www.estrepublicain.fr/actualite/2018/12/17/une-start-up-de-metz-se-lance-dans-l-exploration-de-gisements-d-helium-et-d-hydrogene
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