Bientôt des autocars électriques sur les lignes interurbaines ?

Courrier picard Courrier picard - il y a 5 mois

Alexandre Eck, chargé du développement chez BYD.

Pour la première fois, le conseil régional expérimente le mode électrique sur une ligne régulière en milieu rural. Il a fait appel au nouveau car du Chinois Byd, nouvellement installé à Beauvais.

Sur la route, c’est un autocar tout blanc, comme il en existe des centaines. Celui-ci est pourtant entièrement électrique, n’émet pas de gaz d’échappement. Et il sort de la nouvelle usine du chinois Byd (acronyme de Build Your Dreams) à Beauvais (Oise). « Il s’agit du premier autocar de sa gamme (C9) en démonstration en France. Deux autres sont en cours de construction », précise Alexandre Eck, chargé de développement chez Byd.

Une semaine d’essais à vide sur 860 kilomètres n’ont pas encore convaincu le conseil régional. Ce mercredi matin, le car entre dans une phase de tests grandeur nature, avec deux rotations journalières (cette fois avec des passagers) entre Beauvais et Compiègne, via Clermont. Soit 240 kilomètres de nationales et de départementales. Pour le conseil régional, qui a hérité de la compétence des transports scolaires et interurbains en 2017, et qui s’annonce comme un « acteur engagé dans la transition énergétique », il s’agit de la première expérience du genre sur une ligne régulière interurbaine.

L’enjeu est également considérable pour Byd. Le constructeur ne cache pas son ambition de dominer le marché français des transports en commun électriques, que ce soit pour les cars (interurbains) ou les bus (en ville). Un marché colossal, puisque les opérateurs devront intégrer 50 % de véhicules à faibles émissions (hybride, gaz, électrique…) à chaque renouvellement de leur parc d’ici 2020, puis 100 % en 2025.

L’électrique gagne du terrain
« Il sera important d’avoir le retour des passagers », explique Franck Dhersin, vice-président de la collectivité. Les exemples se multiplient. Depuis la fin de l’année dernière, l’agglomération de Beauvais a franchi le pas en achetant deux bus au même constructeur Byd, qui circulent entre l’hôtel de ville et l’aéroport. De son côté, la métropole d’Amiens a complètement repensé son réseau avec un bus électrique « à haut niveau de service », très bientôt en activité. La métropole a prévu de commander 43 véhicules au fabricant espagnol Irizar… pour plus de 30 millions. Au printemps dernier, c’est Flixbus qui inaugurait une ligne « 100 % électrique » entre Amiens et Paris, présentée comme une « première en Europe ».

Malgré tout, les expériences en milieu rural ne sont pas si courantes. Celle que tente la région est menée conjointement avec Cabaro (filiale de Transdev), qui exploite donc la ligne Beauvais-Compiègne, transportant 70 % de passagers se rendant à leur travail et 30 % de scolaires. « Les batteries ont une autonomie de 200 kilomètres. Une recharge sera nécessaire à la fin du premier aller-retour », explique Alexandre Eck.

Si les tests sont concluants, la région rédigera un appel d’offres pour « deux cars en 2019, puis trois en 2020 », avance Franck Dhersin. La facture ? Plus de 400 000 euros l’unité. « Soit plus du double que le prix d’un car à moteur thermique », souffle ce bon connaisseur des transports. Mais pour l’élu, « ne rien faire finirait pas coûter à la collectivité beaucoup plus cher en termes d’environnement et de santé. » La collectivité – qui pourrait convertir 5 % de sa flotte d’ici 5 ans – se dit encore prête à aider les collectivités à hauteur de 10 % de leurs achats.

Pascal MUREAU

Source : http://www.courrier-picard.fr/164502/article/2019-02-05/bientot-des-autocars-electriques-sur-les-lignes-interurbaines

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