Téléphériques en Ile-de-France : ça coince !

Le Parisien Le Parisien - il y a 5 mois

Long de 4,5 km, le projet de téléphérique Créteil - Villeneuve-Saint-Georges est le seul aujourd’hui à se préciser en Ile-de-France. Ici l’esquisse de la station Emile-Zola à Valenton. IDF Mobilité

Seule la liaison Créteil -Villeneuve dans le Val-de-Marne avance. Les 12 autres téléphériques urbains en projet en Ile-de-France semblent au point mort. La raison ? Les études seraient loin d’être concluantes.

« Quand te reverrai-je ? » C’est le refrain que pourraient entonner les défenseurs des téléphériques urbains en Ile-de-France, frigorifiés, coincés dans leur cabine pendant que leur projet est à l’arrêt… Il y a trois ans pourtant, le moral était au beau fixe : le Syndicat des transports d’Ile-de-France, devenu depuis Ile-de-France Mobilités, lançait des études tous azimuts sur ce mode de transport, habituel en montagne mais encore peu commun en ville.

Il apparaissait alors apparu comme une solution possible pour franchir certaines fractures urbaines (fleuves, collines, voies de chemin de fer, autoroutes) et relier ainsi des sites enclavés, à moindre coût. Treize sites ont ainsi été retenus par IDFM. Les études se sont déroulées pour chacun de ces lieux. Mais au final, il est possible… qu’aucun ne se fasse.

Hormis, sans doute, celui du Câble A - Téléval, dans le Val-de-marne, le plus avancé puisqu’il va entrer dans le stade de l’enquête publique, en mars prochain, le 25 mars exactement. Mais rien n’est encore joué. Même là, des oppositions se sont manifestées contre cette liaison par les airs Créteil - Villeneuve-Saint-Georges longue de 4,5 km. Des riverains de Créteil redoutent de voir passer des cabines à proximité de leurs habitations.

Ca coince avec certains élus
Pour les autres projets, officiellement, rien n’est abandonné. Mais les inquiétudes des riverains cumulées aux incertitudes économiques et techniques semblent avoir eu raison des 12 autres téléphériques pressentis. Les études ont quasiment toutes été bouclées, IDFM, qui les a commandées, en est à la phase de dialogue avec les élus. Et c’est là que le bât blesse.

« On a certaines villes qui ne sont plus très partantes, qui sont inquiètes pour leurs habitants qui vont être survolés par les cabines », confiait récemment Valérie Pécresse, présidente LR de la région et d’IDFM. « Même si aucun n’est abandonné, tous les projets, hormis celui du Val-de-Marne, rencontrent pour le moment des difficultés (opposition locale, problèmes techniques ou financiers) », reconnaît Laurent Probst, directeur général d’IDFM.

Quant aux usagers, si l’abandon de certains projets peut parfois se comprendre, ils aimeraient avoir plus d’explications. « Il faudrait rendre public ces études », estime Marc Pélissier, président de la Fédération des usagers des transports (Fnaut Ile-de-France). « L’idée de départ du transport par câble, c’est de permettre de franchir des obstacles, et sur une courte distance car les cabines ne vont pas très vite », rappelle-t-il.

RATP et Keolis en attente
Pour les défenseurs du téléphérique urbains, pourtant, il s’agit d’« un vrai transport en commun », comme l’explique Pascal Thévenot, maire LR de Vélizy. « Avec une cabine de 35 personnes circulant toutes les 50 secondes, soit 4 000 personnes transportées par heure, le téléphérique entre Boulogne et Vélizy serait utile, sachant que 20 % des salariés du secteur Meudon-Vélizy arrivent par le Pont de Sèvres », assure-t-il. Mais Pascal Thévenot se trouve désormais bien seul. Les autres élus des communes concernées par son projet (Boulogne, Sèvres et Meudon) sont moins enthousiastes .

Le gel des téléphériques franciliens devrait faire d’autres déçus. Les rivaux RATP et Keolis (filiale de la SNCF) se sont tous les deux lancés dans la conception et l’organisation du transport par câble, en s’associant avec des spécialistes des téléphériques et de la construction. Leur but : décrocher les juteux marchés de construction et d’exploitation des téléphériques franciliens. Pas sûr que la seule liaison Créteil-Villeneuve réponde à leurs attentes.

Jean-Gabriel Bontinck

Source : www.leparisien.fr

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