Oise : essai transformé pour le car électrique

Le Parisien Le Parisien - il y a 5 mois

Beauvais Compiègne, jeudi. Sur cette ligne très fréquentée qui traverse l’Oise, le prototype de car électrique de BYD semble avoir séduit les usagers. LP/Elie Julien

Jusqu’à ce vendredi, un car électrique assemblé à Allonne était en test sur la ligne Beauvais-Compiègne. Selon les passagers et conducteurs, le pari est gagnant. Et les collectivités semblent prêtes à franchir le pas.

L’enjeu était de taille pour BYD. Pendant un mois, un car électrique du constructeur chinois, fabriqué dans sa nouvelle usine d’Allonne, a été testé sur la ligne départementale reliant Beauvais à Compiègne. Il effectuait en ce jeudi l’un de ses derniers trajets. Et déjà, le pari semble réussi.

Arrêtés à un feu rouge, les passagers de l’autocar peuvent entendre… les oiseaux. « C’est étrange. Le bruit du moteur m’endort d’habitude », sourit Priscillia.

Une journée de formation pour les conducteurs
En ces journées de pic de pollution aux particules fines, Patrick Duminil, conducteur chez le transporteur Cabaro, est quant à lui fier de rouler « vert ». « Je m’en souviendrai à ma retraite. Il y a vingt ans, jamais je n’aurais cru conduire un bus qui fonctionne avec des piles, comme je dis à mes enfants », s’amuse-t-il.

Pour conduire ce véhicule, l’homme aux 23 ans d’expérience a bénéficié d’une journée de formation. Notamment pour appréhender un freinage différent, pensé pour recharger les batteries.

200 km d’autonomie
Placées dans les soutes tout en laissant la place habituelle pour les valises, elles offrent une autonomie de 200 km. De quoi permettre à l’autocar de 59 places de réaliser facilement un aller-retour entre Compiègne et Beauvais de 130 km. Et même deux en une journée, un le matin et un le soir, puisque le temps de recharge n’est que de trois heures.

Les passagers se posent encore toutefois souvent la question. « Nous aurons de quoi aller jusqu’au bout ? » interroge ainsi Jean-Luc ce jeudi. Pas d’inquiétude. Au retour à Beauvais, la conduite économe de Patrick Duminil a permis d’utiliser encore moins de batterie que d’habitude. A tel point que le voyant indique qu’il reste 46 % de puissance.

Un car à 400 000 €
« A la fin de la journée, je suis moins fatigué parce qu’il y a moins de bruit et que ce car est plus souple à conduire », observe aussi le conducteur de 44 ans. Un confort que souligne également Brice, utilisateur régulier de la ligne. « Il fait moins de bruit et à l’intérieur on est bien mieux. Du moment que ce n’est pas plus cher… »

L’équilibre financier, justement, sera étudié par les transports intéressés par les véhicules de BYD. Car si leur prix d’achat par rapport à un car roulant aux énergies fossiles est plus élevé de 30 %, pour atteindre environ 400 000 €, le plein est très avantageux. Pour effectuer Beauvais-Compiègne, il leur faut d’habitude compter 60 € de carburant. Le coût de la recharge électrique avoisine les 10 €.

De quoi convaincre ses potentiels clients ? La région Hauts-de-France semble en tout cas enthousiaste. Elle compte inclure une clause dans ses futurs appels d’offres pour imposer un pourcentage de cars écologiques aux transporteurs qui remporteront ses marchés, notamment le transport de lycéens. Et elle prévoit de subventionner l’achat des cars écologiques à hauteur de 10 %.

Quant aux réseaux urbains, ils semblent aussi prêts à franchir le pas. La ville de Beauvais l’a déjà lancé. Elle dispose depuis fin 2018 de deux bus électriques et prévoit d’en acquérir deux par an.

« Nous étions dans les premiers à rouler au biocarburant », rappelle de son côté Nicolas Leday, vice-président de l’agglomération de la région de Compiègne (ARC) chargé des transports. Gaz, biocarburant, hybride… L’ARC réfléchit à la meilleure énergie à choisir pour ses bus. Elle doit d’ailleurs relancer un appel d’offres en 2020. Du côté du Creillois, un second bus hybride va faire son apparition.

Elie Julien

Source : www.leparisien.fr

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