A Nantes, des bus 100% électriques pour dynamiser la Métropole

Les Echos Les Echos - il y a 9 mois

A Nantes, des bus 100% électriques pour dynamiser la Métropole

Nantes Métropole va miser, dès septembre prochain, sur vingt-deux bus électriques pour absorber le nombre croissant de voyageurs sur l'une de ses lignes les plus empruntées quotidiennement. Et, pourquoi pas, en profiter pour faciliter les déplacements des périurbains et ruraux vers le centre de Nantes.

C'est sur la ligne 4, qui s'étire de l'arrêt Foch/Cathédrale, en plein centre de Nantes, jusqu'à celui de Porte de Vertou, au sud de la Métropole, que vingt-deux bus 100% électriques vont être mis en service en septembre prochain. Ces « e-busway » de vingt-quatre mètres viendront remplacer les actuels « busway », de dix-huit mètres, qui roulent au gaz naturel. Des modèles plus grands, plus confortables et mieux équipés (WiFi, prises USB pour chaque siège...).

Au-delà d'une simple amélioration de la qualité du service, un vrai enjeu de mobilité au coeur d'une Métropole d'un peu plus de 630 000 habitants. Où les passagers de la ligne 4, ouverte en 2006, commençaient à se sentir à l'étroit. «  Nous y transportons 41 000 voyageurs par jour contre 23 000 lors de sa mise en place, explique Bertrand Affilé, vice-président de Nantes Métropole, en charge des déplacements et transports publics. La ligne est au maximum de ce qu'est peut offrir en termes de fréquence, avec des passages toutes les deux minutes trente aux heures de pointe. »

Avec un nombre de voyageurs qui ne devrait qu'augmenter à l'avenir (jusqu'à 56 000 à l'horizon 2020, selon les prévisions), impossible de mettre plus de bus en circulation sur la ligne, au risque de la bloquer. Chacun des nouveaux e-busways, conçus par le constructeur suisse Hess, pourra transporter environ quarante personnes supplémentaires, soit 35% de capacité en plus. Ils se rechargeront pendant quelques minutes aux deux terminus, plus quelques secondes à l'occasion de trois arrêts, le temps que les voyageurs montent et descendent, histoire d'assurer l'autonomie des batteries. A la fin du service, direction le nouveau dépôt, construit spécialement à un kilomètre du terminus Porte de Vertou, où ils feront à nouveau le « plein » d'énergie pendant la nuit.

Un aménagement du territoire

Le choix du 100% électrique fait écho au processus de transition énergétique entamé par la Métropole et ses vingt-quatre communes. «  Le bus au gaz naturel était déjà quelque chose de bien, mais nous nous sommes dit que l'on pouvait faire encore mieux avec le 100% électrique, précise Bertrand Affilé. A ma connaissance, il s'agit d'une première -au moins- en Europe sur un bus de cette taille. »

Le projet, lui-même, est de taille, avec un budget de 52,9 millions d'euros, financés par la Métropole, avec le concours -entre autres- du Conseil départemental, de la région et de l'Etat. Environ 40 millions seront consacrés aux e-busways eux-mêmes, le reste aux travaux d'aménagement, dont le nouveau dépôt, dont l'emplacement ne doit, semble-t-il, rien au hasard. «  Nous étudions la possibilité de prolonger la ligne jusqu'au centre de Vertou, ce qui permettrait d'offrir une alternative à la voiture individuelle pour les gens qui viennent du vignoble, à condition d'installer un gros parking-relais », confie l'élu régional.

Ce souffle nouveau sur la ligne 4 s'inscrit en effet dans une stratégie plus globale, celle d'aller chercher l'usager au-delà du périphérique nantais, afin de limiter l'afflux de voitures dans le coeur de l'agglomération. Bertrand Affilé en est convaincu, pour cela, «  il faut un transport en commun performant qui amène directement vers le centre-ville sans correspondance. D'où le fait de choisir la ligne 4 pour ces aménagements, car un flux important vient du sud de Loire vers Nantes ».

Les premiers tests sans passager ont débuté au mois de décembre, les travaux du dépôt ont quant à eux démarré début janvier. Accélération prévue pendant l'été, lorsque le trafic est moins dense, pour une mise en service progressive des vingt-deux e-busways courant septembre. Les bus au gaz naturel, eux, devraient assurer la transition avant d'être « détournés » vers d'autres lignes du réseau.

La Métropole, qui dispose déjà de bus hybrides, réfléchit à acquérir quelques modèles électriques pour desservir certains quartiers de l'hyper-centre de Nantes, alors que le tramway va être prolongé sur la ligne 1 et devrait accueillir deux nouvelles lignes.

Les busway nantais ont transporté 9,5 millions de passagers en 2017.

Ce contenu a été réalisé par MACIF

Source : https://www.lesechos.fr/partenaire/macif/partenaire-2071-a-nantes-des-bus-100-electriques-pour-dynamiser-la-metropole-2248208.php

Partager

Laisser un commentaire :