BlaBlaCar va lancer ses « BlaBlabus » en Allemagne et au Benelux

Les Echos Les Echos - il y a 7 mois

Les « OuiBus » rachetés par BlaBlaCar à la SNCF deviennent « BlaBlaBus ». Le groupe entend ouvrir 60 lignes en Allemagne et au Benelux d'ici le printemps 2020. - Blablacar

Le leader français du co-voiturage veut desservir avec ses nouveaux « BlaBlaBus » soixante villes d'Allemagne et du Benelux. Il s'attaque à un marché où Flixbus règne en maître.

Une rude bataille pour le contrôle des routes allemandes s'annonce. Le Français BlaBlaCar, qui se lance dans les bus après avoir bâti son succès sur le co-voiturage, s'attaque aux liaisons de car longue distance outre-Rhin, un marché ultra-dominé par l'Allemand Flixbus.

Le groupe français de 350 salariés a annoncé vendredi son intention de desservir avec ses bus baptisés « BlaBlaBus » soixante villes d'Allemagne et du Benelux d'ici le printemps 2020.   

Tarifs inférieurs au marché

Le leader français du covoiturage, qui a  racheté à la SNCF ses cars longue-distance «Ouibus » l'année dernière,[1] compte 200 destinations en France et opère dans dix pays via des partenariats. En se lançant dorénavant en direct en Allemagne et au Benelux, zone de près de 100 millions de personnes, l'entreprise entend accélérer le déploiement de ses liaisons de bus à l'international. Les Ouibus sont rebaptisés BlaBlabus.

BlaBlaCar prévoit d'y lancer ses premières lignes au deuxième trimestre. Pour voler des parts de marché à Flixbus, qui compte 600 destinations en Allemagne et environ 70 au Benelux, le groupe fondé en 2006 promet des tarifs de lancement  « plus bas que le marché actuel » et mise sur la complémentarité de ses services de co-voiturage et de bus. 

« BaBlaCar est une marque relativement connue en Allemagne. Elle y dispose d'un réseau de covoiturage assez dense avec plus de quatre millions de voyageurs par an », explique aux « Echos » Nicolas Brusson, le PDG[2] de BlaBlaCar. La combinaison des deux réseaux rend possible la rentabilité à long terme et des prix plus bas, estime le dirigeant, puisqu'elle permet de se passer des petites lignes de bus peu empruntées, remplacées par le covoiturage.

« Nous sommes habitués à la rude concurrence et il reste à voir dans quelle mesure Blablacar, jusqu'ici surtout actif en tant que plateforme de co-voiturage, est suffisamment souple pour réagir à ce marché en rapide mutation et proposer une offre innovante et à grande échelle pour le client », a réagi  André Schwämmlein,[3] le fondateur de Flixbus.

Quasi-monopole

Flixbus, dont le modèle est comme Blablabus basé sur la coopération avec des autocaristes indépendants, est un rival de taille: la start-up[4] munichoise s'est rapidement imposée avec ses bus verts comme le premier opérateur des lignes de bus longue-distance outre-Rhin depuis la libéralisation du marché allemand en 2013. Elle y détient aujourd'hui plus de 90% du marché. 

Après une fusion avec son rival MeinFernbus en 2015, Flixbus a  avalé son concurrent Postbus,[5]  avant que  Deutsche Bahn ne lui laisse le champ libre en jetant l'éponge en 2016.[6]

Pauline Houédé

Correspondante à Francfort

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0600816527926-blablacar-va-lancer-ses-blablabus-en-allemagne-et-au-benelux-2248940.php

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