BlaBlaCar part à l’assaut de l’Europe avec ses BlaBlaBus

Le Parisien Le Parisien - il y a 4 mois

« Nous utiliserons la force du covoiturage pour la marier au bus, pratique, confortable et peu cher lui aussi, mais sur de plus longues distances » explique Nicolas Brusson. IP3 PRESS/MAXPPP/Alexis Sciard

Nicolas Brusson, cofondateur de BlaBlaCar, nous détaille sa stratégie pour BlaBlaBus, née du rachat de Ouibus à la SNCF en novembre dernier.

Après être devenu en quelques années le leader du covoiturage en Europe, BlaBlaCar a racheté Ouibus à la SNCF et part à l’assaut de l’Allemagne et du Benelux avec ses BlaBlaBus dès le printemps 2019.

Se lancer dans le bus, ce n’est pas risquer de faire de l’ombre au covoiturage ?

NICOLAS BRUSSON. Au contraire. Nous ambitionnons de construire à terme un réseau routier complet. Et le mieux pour cela, c’est justement de combiner le bus, parfait pour les longues distances, avec le covoiturage, très performant pour faire le lien entre des villes mal connectées, entre banlieues et centres-villes, ou de village à village. Bref, tout ce pourquoi le rail n’est pas toujours le mieux adapté. Si les bus sont bien remplis, avec suffisamment de rotations, il est possible de baisser significativement les prix sur des Paris-Nice, Paris Lyon, Lyon Marseille, etc.

Comment va évoluer le covoiturage ?

Il va continuer à remplir les trous du réseau. Et permettre, par exemple, d’aller d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) à Sarzeau, dans le golfe du Morbihan, sans être obligé de faire des détours pour rejoindre une gare ferroviaire ou routière. Nous utiliserons la force du covoiturage, à la fois pas cher, écologique, souple et proche, pour la marier au bus, pratique, confortable et peu cher lui aussi, mais sur de plus longues distances. Ces deux moyens de transport sont donc en fait bien plus complémentaires que concurrents.

FlixBus possède 90 % de part de marché en Allemagne, comment comptez-vous vous imposer là-bas ?

Grâce à cet aspect multimodal. Nous avons déjà 6 millions d’abonnés à BlaBlaCar en Allemagne, ce que n’a pas FlixBus, qui ne fait que du bus. Nous comptons donc nous appuyer largement sur ce réseau existant pour déployer notre activité bus. Nous appliquons cette stratégie en France, mais également en Russie, où nous sommes présents depuis 2015 et qui est aujourd’hui notre première plateforme européenne, avec 20 millions d’abonnés, contre 17 millions pour la France.

D’autres pays sont déjà dans votre viseur ?

Notre objectif est de nous étendre à toute l’Europe, en jouant sur la complémentarité des réseaux et en opérant surtout des bus pour des trajets directs, sans imposer quinze arrêts, ce qui est plutôt le point fort du covoiturage. La première étape, c’est de proposer du multimodal pour une destination donnée, avec du covoiturage ou du bus. Comme ces applications qui proposent, dans les grandes villes, le choix entre le métro, le bus, la marche, le vélo ou la voiture. À terme, on mettra tout, bus et covoiturage dans le moteur de recherche BlaBlaCar. Ce qui permettra, en rentrant une adresse très précise, d’identifier les meilleures options de porte à porte. On a déjà commencé à déployer les Ouibus français dans notre appli. À terme, même le train pourrait y être ajouté. Nous y travaillons déjà en amont avec la SNCF.

Pourquoi ce sont des start-up comme vous, et pas les opérateurs historiques du ferroviaire, qui se sont emparées du bus ?

Le marché du bus a démarré il y a seulement quelques années en France ou en Allemagne. Sur ce type d’activité, la Deutsche Bahn ou la SNCF souffrent de leur taille, elles manquent d’agilité. Et par habitude, elles veulent tout contrôler de A à Z, de façon très verticale, et surtout très nationale, comme elles l’ont toujours fait avec les trains. Sauf qu’avec les bus, ça ne fonctionne pas comme ça.

Erwan Benezet

Source : www.leparisien.fr

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