Des bus alimentés au gaz de Marseille circulent sur les routes provençales

La Provence La Provence - il y a 8 mois

Dans la région, plusieurs bus roulent au gaz naturel et au biogaz, et leur nombre devrait s'accentuer dans les prochaines années PHOTO JULIEN POMPEY

Des autocars GNV, alimentés notamment par du gaz fabriqué à Fréjus et à Marseille, viennent récemment d’entrer en fonction et devraient se multiplier dans les prochaines années.

Les trois-quarts des Français utilisent leur voiture pour aller au travail, révèle une étude Ipsos publiée aujourd’hui. Pour remédier à cette situation, une solution pourrait rapidement se développer dans la région, avec l’utilisation de "bus propres". Une possibilité notamment avancée lors de la présentation de la nouvelle gamme d’autocar au gaz naturel pour véhicules (GNV) d’Iveco Bus, ce matin à Marseille.

"Concrètement, aujourd’hui en Provence-Alpes-Côte d’Azur, une ligne fonctionne au gaz naturel avec des cars qui, au quotidien, assurent la liaison Salon-Aix-en-Provence. C’est du concret et cela fonctionne très bien. Nous avons un projet très avancé sur la ligne Draguignan-Saint-Raphaël et, là aussi, j’ai bon espoir que ça puisse rapidement se mettre en place. Sur la métropole Aix-Marseille Provence, nous avons un certain nombre de projets qui devraient nous permettre d’avoir de nombreux cars faisant le lien entre les différentes villes de la métropole et fonctionnant au gaz naturel", explique Jean-Luc Cizel, directeur délégué territoire Paca du groupe GRDF.

Des arguments écologiques

Le responsable du groupe de distribution ajoute, dans la foulée : "Le gaz naturel permet de limiter les émissions polluantes. En gros, nous divisons par deux les émissions de monoxyde de carbone par rapport à un carburant fossile conventionnel, nous éliminons quasiment la totalité des particules fines et nous faisons moins de bruit. De plus, accessoirement, si la réglementation en la matière reste clémente, nous devrions avoir un coût d’utilisation intéressant par rapport à d’autres carburants, mais je préfère rester prudent en la matière…", précise le dirigeant.

Des arguments confirmés par Agnès Cazaux, responsable des affaires publiques d’Iveco Bus : "Le gaz permet une performance environnementale immédiate, avec une baisse de 35 % des émissions de gaz, de 95 % des émissions de particules, une neutralité carbone en termes de CO2 avec le biométhane et un confort acoustique avec la division par deux du bruit. À cela s’ajoute l’absence de risque technologique car ce concept est maîtrisé depuis des années", souligne-t-elle. Et d’ajouter : "nous avons, par ailleurs, fait une estimation de ce que pouvait être l’évolution du gaz dans les autocars dans les prochaines années. Nous sommes partis de zéro en 2016 et nous estimons que, d’ici à 2025, nous arriverons à près à 40 % du marché de l’autocar qui pourrait être alimenté par l’énergie gaz !"

Du gaz fabriqué à Fréjus et à Marseille

Un autre argument est également avancé par Jean-Luc Cizel, le directeur délégué territorial de GRDF : "Il y a un autre avantage considérable : une partie de ce gaz est fabriqué ici, dans la région. Pour être plus précis, nous faisons depuis quelques jours du gaz de Fréjus et du gaz de Marseille, du côté de Sormiou, où une partie importante des déchets issus de la station d’épuration sont transformées en boues qui sont utilisées pour fabriquer du gaz. Pris en charge par la suite, épuré et distribué sur le réseau, nous pouvons en faire ce que nous souhaitons et notamment, compte tenu du débit actuel de la station, qui est l’une des plus importantes de la France, nous pouvons alimenter 110 cars ou bus au quotidien. Nous avons quelques dizaines de projets de ce type dans les cartons et nous avons bon espoir qu’une part importante du gaz qui sera utilisé dans notre région soit du gaz d’origine recyclé ou gaz vert !", insiste le dirigeant.

Des efforts structurels à faire

Aux arguments économiques et écologiques s’ajoute une volonté politique. "La région veut être au premier rang de la transition énergétique des transports et faire bouger les lignes, en modifiant l’aménagement du territoire", affirme ainsi Catherine Roubeuf, la vice-présidente de la commission transport de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Roland Blum, le premier vice-président de la métropole délégué aux transports, à la mobilité et aux déplacements, souligne de son côté : "nous sommes tout à fait en phase mais encore faut-il, pour que ce transport fonctionne au GNV, qu’il y ait les infrastructures nécessaires. Sur ce point, nous avons fait des efforts particuliers avec un premier point sur Vitrolles et un deuxième projet porté par la régie départementale des transports sur la zone d’Aubagne-Gémenos. Mais le chemin est encore long même si nous voulons aller vite !"

Julien Pompey

Source : https://www.laprovence.com/article/economie/5430647/des-bus-alimentes-au-gaz-de-marseille-circulent-sur-les-routes-provencales.html

Partager

Laisser un commentaire :