Aixpress : le futur bus 100% électrique prend des couleurs

La Provence La Provence - il y a 8 mois

Dans les semaines qui viennent, vous pourriez bien voir ces scènes se reproduire un peu dans toute la ville, sur le tracé du bus à haut niveau de service. PHOTO CYRIL SOLLIER

Alors que les travaux lourds de requalification s'achèvent un peu partout, le temps des finitions arrive. En attendant de découvrir le design du futur bus, des équipes sont en train de "peindre" les 7 km de voies qui lui sont dédiées.

En ce début d'avril 2019, la vie n'est plus tout à fait la même sur l'avenue Pablo-Picasso, au Jas de Bouffan. Seules quelques rares voitures arpentent à faible allure l'unique voie de circulation qui demeure. Sans les bruits de moteur, on entend les rires des enfants au loin et on laisse volontiers durer la discussion à la sortie de la Poste, sur le large trottoir désormais prolongé d'une piste cyclable sécurisée que les habitants du quartier finiront peut-être par investir.

Le bus électrique qui justifie tous ces aménagements ne sera mis en service que dans plusieurs mois mais ici on goûte déjà les bienfaits de ce projet dont la vocation structurante dépasse de loin le champ des transports. En reprenant à la voiture une partie de son emprise pour restituer de l'espace aux piétons et aux modes de transports "doux" qui permettent l'échange et la vie de quartier, le bus à haut niveau de service (BHNS) entraîne moins de pollution, moins de nuisances et offre un nouvel environnement avec davantage d'arbres, mieux éclairé et sécurisé car intégralement couvert par la vidéosurveillance.

L'une des garanties de l'efficacité de l'Aixpress, ce sont ces voies à lui seul réservées, avec une priorité aux carrefours, qui lui permettront de maintenir des temps de parcours constants et ce même si tout le reste de la ville est englué dans des kilomètres de bouchons. Afin que les automobilistes n'aient aucune excuse pour s'engager sur ces axes sanctuarisés, il a été décidé de les distinguer des autres en leur donnant une couleur particulière qui ne laissera aucun doute sur leur vocation. Mais si on ne peint pas sept kilomètres de route à la gouache et au pinceau, l'opération doit être intégralement réalisée à la main, sans le recours à la machine. D'un terminus à l'autre, il y a 30 000 m² à recouvrir de la sorte, l'équivalent de six terrains de football.

Comme une recette de cuisine 

C'est ainsi que les riverains de l'avenue Pablo-Picasso et un peu plus haut, ceux de Saint-Mitre, ont pu assister ces jours-ci à des scènes étranges, convoquant deux univers qu'on ne met que rarement en rapport l'un avec l'autre : le BTP et la cuisine. On y voit des hommes en tenue de chantier mélangeant une mixture avec une sorte d'immense batteur à oeufs, puis étalant la pâte blanche sur la chaussée, comme un fond de tarte à la forte odeur de solvant. Leurs collègues jettent le concassé décoratif et passent sur le tout avec un rouleau pour parfaire le nappage. Il n'y a plus qu'à laisser prendre puis balayer le surplus et vous obtenez une superbe résine gravillonnée, fixée à vie sur la chaussée.

Si le maître d'ouvrage a opté pour cette technique, c'est qu'elle permet de travailler avec beaucoup plus de souplesse que l'enrobé coloré dans la masse, coûteux, et quasiment impossible à reproduire en petites quantités lorsque viendra, c'est inévitable, le moment de réaliser des raccords dans la chaussée.

"C'est une technique courante, mais il est rare que l'on ait à traiter des surfaces aussi grande", observe David Bargier, chef d'exploitation d'Aximum, la filiale de Bouygues chargée de l'opération sur ce tronçon. Les ordres de grandeur sont en effet, gigantesques. Pour "gravillonner" l'ensemble du tracé -- à l'exception des carrefours et des quelques tronçons où le bus cheminera avec le commun des automobilistes -- on a commandé près de 300 tonnes de graviers (soigneusement lavé et séché) et 150 tonnes de colle. Mais il a fallu du temps aux responsables du projet pour choisir la pigmentation idéale. Après bien des hésitations autour du nuancier et des planches d'essai afin d'obtenir quelque-chose d'harmonieux et qui, avec le temps, n'apparaîtra pas "sale", ils ont finalement opté pour une nuance de 80 % de quartz jaune et 20 % de calcaire noir. Mais pour nous faire une idée du résultat final, il nous manque un élément essentiel. Ce long ruban, qui sera en quelque sorte l'écrin de l'Aixpress, doit s'assortir avec la couleur et l'habillage graphique des futurs bus. Ce qui demeure à ce jour, un véritable secret d'État.

Romain Cantenot

Source : https://www.laprovence.com/article/societe/5448332/aixpress-le-futur-bus-100-electrique-prend-des-couleurs.html

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