Il faut vraiment donner sa chance au véhicule électrique

Les Echos Les Echos - il y a 7 mois

La voiture électrique représente en France 2% des immatriculations de véhicules neufs. Shutterstock

Un collectif de dirigeants plaide pour un grand programme de promotion de la mobilité électrique.

Le véhicule électrique a décollé, il faut à présent le déployer à grande échelle. Il représente à présent, en France comme en Allemagne, plus de 2 % des immatriculations de véhicules neufs. 14.500 véhicules particuliers ont été immatriculés au premier trimestre 2019, chiffre en hausse de 37 % par rapport à l'an passé.  25.000 points de recharge[1] sont aujourd'hui accessibles au public et les constructeurs annoncent des dizaines de nouveaux modèles dans les trois années à venir. Il faut que cette évolution se poursuive.

L'objectif retenu par le gouvernement français - 4,8 millions de véhicules électriques en circulation en 2028 - est très ambitieux mais il est indispensable de l'atteindre si l'on veut permettre l'arrêt de la commercialisation  des véhicules à moteur thermique en 2040[2] et réussir la transition énergétique. Mais le risque existe qu'après avoir occupé les marchés les plus faciles à conquérir, le développement de la mobilité électrique s'infléchisse et qu'à échéance de 2028, le résultat soit inférieur aux prévisions.

Nous, acteurs industriels et signataires de cette tribune, sommes convaincus que le rythme de développement du véhicule électrique, pourtant déjà rapide, doit être accéléré et que les obstacles qui s'opposent encore au choix des solutions électriques doivent être levés. Il faut pour cela qu'un grand programme de promotion de la mobilité électrique soit engagé faisant de la France l'un des leaders européens et même mondiaux.

Trois lignes d'action

A l'issue d'une étude approfondie portant sur la période 2019-2030, fondée sur l'analyse concrète d'une multitude de cas d'usage correspondant aux différents segments de marché, nous avons identifié trois lignes d'action :

- soutenir l'image du véhicule électrique en informant le public et les entreprises sur ses points forts et sur son rôle essentiel dans la transition énergétique et la lutte contre la pollution ;

- déployer une offre plus large de véhicules et de services rendant le véhicule électrique définitivement plus attractif que le thermique ;

- développer des infrastructures de recharge cohérentes et suffisantes pour donner aux électromobilistes l'assurance d'un rayon d'action suffisant et, ce faisant, organiser l'intégration de la recharge avec les bâtiments et avec le réseau électrique.

Objectif : 5 millions

Il n'existe pas de recette unique, c'est un ensemble d'acteurs qu'il faut mobiliser et une panoplie de mesures qu'il faut déployer. Parmi les mesures les plus nécessaires, il faut citer la levée des obstacles à l'installation de points de recharge en copropriété et à l'adoption de la mobilité électrique en entreprise, la sécurisation du marché de l'occasion par la création d'un diagnostic batteries, la promotion de nouveaux modes d'interaction entre véhicules, bâtiments et réseaux, et l'élaboration, sous l'égide des autorités organisatrices de la mobilité, de schémas cohérents de déploiement des infrastructures de recharge accessibles au public.

Si toutes les mesures identifiées sont mises en oeuvre, alors un objectif de plus de 5 millions de véhicules électriques en circulation en 2030 est possible.

Chacun doit prendre ses responsabilités. Les pouvoirs publics ont les leurs : ils doivent veiller à ce que la mobilité électrique soit réellement propre en oeuvrant à la mise sur pied d'une industrie européenne des batteries et en encadrant leur cycle de vie. Il leur revient également de proposer les dispositions législatives pérennisant, pour les trois années qui viennent, les aides financières à l'acquisition du véhicule électrique. Nous sommes prêts, de notre côté, à remplir notre rôle et à oeuvrer au succès de la mobilité électrique.

Brice Lalonde est président de Equilibre des énergies. Olivier-Marie Racine est président de Bouygues Energies & Services. Henri Lafontaine est directeur exécutif groupe en charge du pôle clients, services et action régionale d'EDF. Philippe Monloubou est président du directoire d'Enedis. Christel Heydemann est présidente de Schneider Electric France. Thierry Lespiaucq est président du directoire de Volkswagen Group France.

Source : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/il-faut-vraiment-donner-sa-chance-au-vehicule-electrique-1011876

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