A Versailles, Vedecom invente la mobilité du futur

Le Parisien Le Parisien - il y a 7 mois

Versailles, février 2019. Le Mobilab s’étire sur 7 100 m2. C’est dans ces locaux que Vedecom et ses 200 chercheurs sont installés. LP/LM.

A l’occasion de ses 5 ans, l’institut a présenté ses dernières recherches en matière de transport innovant.

Imaginez un monde sans embouteillages, sans accidents et sans pollution. Mais avec toujours autant de solutions de transport disponible qu’aujourd’hui. C’est en somme le rêve que Vedecom, basé à Versailles, s’attelle à réaliser depuis sa création il y a 5 ans. A l’occasion de cet anniversaire, l’Institut pour la Transition Énergétique (ITE) a présenté ses dernières recherches, et donc ses futures nouveautés, en matière de mobilité.

Et tout y passe : de la navette ou la voiture autonome à la piste connectée qui permet de recharger les batteries, en passant par les transports à la demande. Mais les chercheurs ne se contentent pas d’inventer les mécanismes écologiques destinés à emprunter les routes de demain. L’institut pense aussi à la façon de s’adapter à un environnement transformé qui reste encore difficilement imaginable. Un environnement sans bruit de moteur au sein duquel il faudra s’habituer à voir passer des véhicules sans chauffeur.

C’est sur ces problématiques désormais plus proches de la science que de la science-fiction que travaillent, au sein du « Mobilab », ou laboratoire de la mobilité, la start-up Entropy, qui vient de voir le jour, ou encore le collectif chargé de déceler les comportements des piétons afin de les transmettre aux constructeurs de voitures autonomes.

Les uns s’occupent de la machine : ils sont ingénieurs, développeurs, designers. Les autres sont chercheurs et s’intéressent à la… psychologie. Et ils n’ont qu’un projet en commun : établir une liste, si possible exhaustive, des comportements des piétons face à la circulation. Car chez Vedecom, on prend aussi en compte la sécurité de ceux qui auront à traverser la chaussée lorsque les voitures autonomes seront devenues des modèles courants.

90 volontaires âgés de 20 à 60 ans ont donc été priés de marcher virtuellement dans une rue à l’aide d’un casque, installés sur un tapis et sécurisés par un harnais autour de la taille. « On a pris des gens représentatifs de la population française, explique Natacha Métayer, chercheuse en psychologie cognitive. On étudie leurs réactions, les facteurs qui les poussent à traverser une rue, ou pas. Et surtout, la façon dont ils acceptent la présence d’une voiture sans chauffeur ».

L’objectif n’étant pas, selon Nicolas Souliman, responsable des moyens d’essai, que « le véhicule autonome s’impose aux gens » mais bien que les « gens s’adaptent à lui. » « On est vraiment sur des logiques d’acceptabilité », poursuit-il. Une fois traitées, les données pourraient donc être intégrées au « cerveau » des véhicules sans chauffeur. Lesquelles, en allant plus loin, sauraient alors adapter leur comportement sur la route à celui d’un piéton, comme le ferait un être humain.

Ils ont entré des « dizaines de milliers de données ». Et les cinq cofondateurs de la start-up Entropy, nichée au sein du Mobilab de l’institut Vedecom à Versailles, sont désormais prêts. Depuis quatre ans, ils travaillent sur ce projet destiné à « prédire les fluides de mobilité par le biais de l’intelligence artificielle ». Un « Minority Report » version transports en quelque sorte. « Il s’agit d’aider les collectivités ou les gestionnaires de transports à optimiser leurs services », explique Sami Kraiem, qui fut responsable du projet Altair, lequel a débouché sur Entropy.

« On entre les données d’un territoire, celles du recensement, des GPS des voitures, des billets de train ou de bus et l’on obtient un modèle mathématique qui remplace l’enquête de terrain », poursuit-il. Au bout du compte, les modes de déplacement des habitants sont décortiqués, observés à la loupe, à la minute et au kilomètre près. « Cela peut permettre de déterminer le lieu idéal pour une aire de covoiturage, souligne Sami Kraiem. L’idée étant de savoir comment envoyer moins de voitures sur la route pour qu’il y ait moins de bouchons. » Leur système est maintenant prêt à être commercialisé. Entropy, qui proposera aussi des études et conseils sur ce thème, est « seul en France à produire ce genre de modèle » sur lequel se penche actuellement le géant Google aux Etats-Unis.

Laurent Mansart

Source : www.leparisien.fr

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