Les bus zéro émission s'imposent dans les villes

Les Echos Les Echos - il y a 5 mois

Mise en service par la RTM, Régie de Transport de Marseille, de la première ligne de bus 10% électrique en France. Ian Hanning/REA

Selon l'ONG Transport & Environnement, les modèles électriques représentent désormais 9 % des ventes d'autobus en Europe. Au nombre de 1.600 en circulation en 2018, ce chiffre devrait doubler cette année. Mais l'Europe est encore loin derrière la Chine.

Après dix ans de réflexion, la communauté d'agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz a totalement repensé son réseau de Tram'bus « en plaçant le piéton et le vélo (électrique notamment) au coeur des espaces traités », explique Damien Duhamel, directeur général du Syndicat des mobilités du Pays basque. Les deux lignes principales, qui entreront en service cet automne, seront entièrement équipées de matériel roulant électrique. Elles desserviront la moitié de la population du coeur de la zone urbaine sur un parcours de 18 kilomètres avec des véhicules de 18 mètres signés de l'espagnol Irizar.

« Nous avons volontairement associé la partie matériel roulant du système nécessaire à sa recharge. Nous avons également ajouté une prestation de maintenance et d'entretien sur quinze ans qui inclut des packs batteries à mi-vie du véhicule. » Ce modèle i2e d'Irizar, spécialement conçu pour le Pays basque, des villes comme Amiens, Donostia (Saint-Sébastien) et Barcelone sont en voie de l'adopter.

800 bus électriques pour l'Ile-de-France

L'électrique gagne du terrain dans les transports en commun des villes : Hanovre passera aux autobus zéro émission d'ici à 2022 ; Amsterdam d'ici à 2025, et exploite déjà avec Transdev le plus grand parc européen d'autobus électriques ; Los Angeles d'ici à 2030… En France, la métropole Aix-Marseille-Provence, qui a été la première à se doter d'une ligne de bus électriques dès 2016, s'apprête à mettre en service cet automne une nouvelle flotte de 20 véhicules ! « Ce choix s'inscrit dans une politique d'ensemble de la gestion de l'espace public sur cette zone urbaine très dense, explique Roland Blum, premier vice-président de la métropole délégué aux transports. Jusqu'à la logistique du dernier kilomètre pour laquelle des parkings ont été réaménagés. »

Les autobus zéro émission s'imposent aussi à la RATP, qui souhaite se convertir aux énergies propres d'ici à 2025. Aujourd'hui, sa flotte de 4.700 bus compte 950 véhicules hybrides, 83 électriques et 140 bioGNV. Le 9 avril 2019, une commande ferme de 200 bus électriques, et 600 en option, a été attribuée à  trois constructeurs français (Alstom, Bolloré et Heuliez Bus)[1] , suite au plus grand appel d'offres européen lancé par Ile-de-France Mobilités pour un coût de 400 millions d'euros.

L'Europe en retard face à la Chine

En 2025 donc, près de la moitié de la flotte en Ile-de-France sera électrique. Mais une telle conversion nécessite aussi de lourds investissements dans les 25 centres bus. Enedis doit mettre à disposition de chaque centre bus une puissance électrique d'environ 10 MW par site. « Trois sont actuellement en travaux, 10 autres sont en étude. A terme, 17 centres passeront à l'électrique », précise Nicolas Cartier, directeur du projet Bus 2025 pour la RATP, pour qui la formation des conducteurs et mainteneurs de ces bus est aussi à mener en parallèle.

En 2018, l'Europe comptait 1.600 bus électriques en circulation. Ce chiffre devrait doubler cette année et continuer à progresser, car, selon de nouvelles règles adoptées le 11 février 2019 par les Etats membres de l'UE, au moins un quart des autobus neufs achetés par les autorités publiques européennes devront être propres (électrique, hydrogène, GNV) d'ici à 2025, ratio qui s'élèvera à un tiers à partir de 2030. A cette date, le coût initial des bus électriques sera peu ou prou équivalent à ceux fonctionnant au diesel, selon une étude de l'Ademe et de l'IFP Energies nouvelles.

Mais l'Europe est en retard. En 2025, 99 % des bus électriques en circulation dans le monde le seront toujours en Chine. Aujourd'hui déjà, le parc de la ville de Shenzhen cumule, à lui seul, plus de 16.000 véhicules de ce type. Et les principaux constructeurs mondiaux de bus électriques sont chinois : Ankai, BYD, Foton, Shandong Yixing, Yutong, Zhongtong… loin devant les français et les européens Volvo, Iveco, Solaris ou Daimler, par exemple.

Catherine Moal

Source : https://www.lesechos.fr/thema/articles/les-bus-zero-emission-simposent-dans-les-villes-1013874

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