Le bus électrique, c’est pas automatique

Le Républicain Lorrain Le Républicain Lorrain - il y a 2 mois

Le Citaro Mercedes a des qualités, certes. Mais Metz-Métropole en a-t-elle vraiment besoin ? Photo RL /Maury GOLINI

Les métropoles ont pour obligation de se doter de transports doux et propres. Pour le G7, le ministère a demandé à Metz-Métropole de fournir des navettes électriques. Un mini-salon aux Tamm a permis de constater l’offre actuelle. Mais sans que les élus soient convaincus.

Dans les vastes ateliers des Tamm, les transports en commun de Metz-Métropole, l’Irizar côtoie le Citaro et le Solaris. Ce sont les futurs bus électriques des grandes villes, en version longue. Les petits modèles se nomment Bluebus ou Cristal, pour les liens citadins. Cinq bus, cinq moteurs électriques : un mini salon monté de toutes pièces à l’occasion du G7.

« Tout est parti du ministère de l’Environnement, qui voulait transporter les délégations par des bus électriques », expose Jean-Luc Bohl, président de Metz-Métropole. La loi oblige les grandes agglos à se doter d’une flotte à au moins 50 % de véhicules propres d’ici 2020. « Nous avons prévu de passer au tout électrique », poursuit-il, avant de se raviser, sous le regard de Franck Duval, directeur des Tamm, et de Marie-Anne Isler-Béguin, vice-présidente à la Mobilité. « Ces entreprises montrent une certaine direction, mais il n’y a pas une solution unique. »

Pourquoi cette hésitation ?
Certes, Metz-Métropole achète deux Bluebus de Bolloré pour assurer la N83, la ligne citadine, dans les prochaines semaines. Mais ? « Pour le ministère, les bus électriques, c’est du propre, mais pour nous, ça n’est pas une solution, tranche Marie-Anne Isler-Béguin. Si tout le monde en achète, on fait quoi ? On rajoute des centrales nucléaires ? Certes, l’électrique, c’est propre, mais les déchets nucléaires ? Et Bure ? Et on fait quoi des batteries ? Et du lithium des terres rares ? »

L’hydrogène, ça vous parle ?
Franck Duval en est convaincu : « À terme, la solution, c’est l’hydrogène, mais pas maintenant ! Aujourd’hui, pour fabriquer de l’hydrogène, il faut « craquer » du méthane, 95 % de l’hydrogène est fabriqué à partir d’énergie fossile, gaz ou pétrole. Et le biogaz, ça n’est pas mieux, c’est encore de l’énergie carbonée. Mon avis de technicien, c’est qu’il faut acheter du gazole durant encore deux-trois ans ».

D’ici quelques années, l’électrolyse de l’hydrogène sera peut-être développée grâce à un procédé industriel moins coûteux. C’est ce que guette le patron des Tamm. Qui tranche, d’un catégorique : « Toutes ces innovations sont aux balbutiements, ne sont pas fiables. »

On oublie l’électrique, alors ?
Pas forcément, mais on l’adapte selon les usages, les lignes, la topographie. Les navettes électriques, par exemple, ça peut être utile pour les rues pentues de Saint-Julien-lès-Metz. Assurer certaines jonctions entre quartiers. Elles étaient aussi prévues dans le projet de L5 élargie à Châtel-Saint-Germain et Rozérieulles, mais le projet a été enterré.

Donc, le tout électrique, non, mais l’hybride, oui, pour quelques années encore.

Olivier JARRIGE

Source : www.republicain-lorrain.fr

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