Les chauffeurs de bus de l'Orne approuvent l'éthylotest antidémarrage

Actu.fr Actu.fr - il y a 1 mois

Les cars scolaires sont équipés pour la quatrième année scolaire consécutive du dispositif (photo d’archives Publihebdos).

Les conducteurs arrêtés en état d'ébriété peuvent être contraints d'installer le dispositif utilisé depuis 2015 par les conducteurs de bus scolaires. La situation dans l'Orne.

Chaque matin, avant même de démarrer son car, Jean-Claude Marie prend un boîtier dans sa main et souffle dedans. Au bout de quelques secondes, la délivrance arrive. Le test d’alcoolémie est négatif, son car peut démarrer.

Le geste semble désormais anodin pour ce conducteur de cars scolaires de la région de Vimoutiers (Orne). Pourtant, l’introduction d’éthylotest antidémarrage (EAD) s’est heurtée à des résistances en 2015, lorsque sa généralisation à tous les cars scolaires et de transports de voyageurs a été annoncée.

Sécurisé et fiable

Directeur des transports au Conseil départemental de l’OrneMichel Jacomme se souvient de débuts difficiles.

La Fédération Nationale du Transport de Voyageurs, qui regroupe quasiment tous les transporteurs privés de France, s’était manifestée. La profession se sentait mise au pilori.

Sécurisé et fiable, le dispositif empêche un conducteur alcoolisé de prendre le volant. Il l’oblige d’ailleurs à souffler à nouveau 5 à 30 minutes après le démarrage.

Après bientôt quatre années d’utilisation, Jean-Claude est conquis par l’objet. Selon lui, il n’est pas le seul.

« Tous mes collègues sont favorables à l’éthylotest antidémarrage actuellement ».

L’EAD est même devenu « un argument pour faire valoir le niveau de sécurité encore plus important des autocars » à en croire Michel Jacomme.

Sauver son emploi

Moyen de transport le plus sûr après l’avion, le car a servi de test grandeur nature pour ce dispositif. Depuis le 12 mars dernier, un conducteur arrêté avec un taux d’alcoolémie compris entre 0,8 et 1,8 grammes par litre de sang peut désormais se voir imposer son utilisation pour une durée maximale de cinq ans. Le ministère de l’Intérieur justifie cette décision.

L’alcool au volant constitue 20,8 % des délits routiers. En 2017, 1 035 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route impliquant un conducteur au-dessus des seuils autorisés d’alcoolémie.

Le principal avantage pour le conducteur sanctionné est d’éviter une suspension de permis, parfois aux lourdes conséquences. Jean-Claude Marie insiste, « cela peut permettre de sauver son emploi ».

80% de récidive en moins au Québec

Reste qu’une telle installation a un coût non négligeable, 1 300 € pour un achat, 100 € par mois en location. Elle doit être réalisée dans un centre agréé, qui doit disposer de multiples agréments.

Seul garage agréé dans le secteur, la SARL Besnier de Saint-Ouen-sur-Iton (Orne) reste spécialisée dans l’installation pour les cars. Elle ne compte pas faire de telles démarches pour les véhicules légers et attend « que le marché soit suffisamment important ».

La généralisation de l’EAD à tous les véhicules n’est pas prévue pour le moment. Le dispositif devra d’ici-là faire ses preuves en France, après avoir satisfait les pays l’ayant déjà installé. Au Québec, la récidive a chuté de 80 % pour les automobilistes qui s’en sont équipés.

Source : https://actu.fr/societe/transports-chauffeurs-bus-approuvent-lethylotest-antidemarrage_23740112.html

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